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«Les résultats peuvent varier et nécessitent une diète et de l'exercice.» (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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Gary Frost

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur.

Le Nouvelliste

«Les résultats peuvent varier et nécessitent une diète et de l'exercice.»

À l'approche de la belle saison, certains consommateurs, peut-être aux prises avec les affres de l'angoisse du maillot de bain ou des tenues estivales, se laisseront tenter par ces illusions de résultats rapides et sans effort.

Le truc a beau être éculé, la preuve de son efficacité peut difficilement être mise en doute. La persistance des annonceurs à se payer des messages publicitaires pleine page dans des publications de masse ou un positionnement avantageux dans le référencement du web est certes un indice des bénéfices que ces stratégies publicitaires continuent de procurer à leurs auteurs.

Dans cette perspective, le fait que Google ne mette que 0,60 seconde à produire 144 000 propositions de sites à la requête «maigrir sans effort» n'étonnera personne.

Le marché, pour ces promoteurs de produits et méthodes qui, pour employer une expression aux contours flous qui leur est chère, «favorisent» la perte de poids, semble durablement florissant.

Se fondant le plus souvent sur l'inspirante expérience personnelle d'un utilisateur porte-étendard d'un produit ou s'appuyant sur des analyses présentées faussement comme scientifiques, ces messages publicitaires tonitruants parviennent à percer le système de défense des consommateurs en exploitant ses failles bien connues.

Excursion dans les «termes et conditions»

En se livrant à l'exercice de la lecture des textes, parfois péniblement rédigés, relatifs aux conditions d'achat et aux politiques de l'entreprise, on y apprend beaucoup de choses.

Des passages instructifs, par exemple qu'une commande équivaut à un consentement à un abonnement par lequel le consommateur s'engage à payer un approvisionnement mensuel du produit.

D'autres passages sont parfois carrément saugrenus comme: «Vous acceptez par le fait même les conditions que le commerçant peut modifier à sa guise et sans préavis», voilà qui nous rassure.

Ou encore: «Le commerçant n'assume aucune responsabilité relativement à l'exactitude des informations fournies sur son site web». Ça ne s'invente pas! Les consommateurs doivent faire preuve de prudence et éviter d'avoir le clic trop désinvolte.

Droit d'annulation

Si dans un moment d'égarement ou de vulnérabilité, vous êtes tombé dans le proverbial panneau, vous avez avantage à connaître les règles relatives aux modalités de paiement, au droit d'annulation et aux règles de remboursement dans le cadre des achats effectués à distance.

Plusieurs consommateurs se sont aperçus trop tard que leur engagement allait bien au-delà d'une commande unique en constatant que l'approvisionnement se poursuivait et que de multiples charges étaient portées à leur carte de crédit. Les délais impartis étant courts, il vous faut réagir rapidement.

Paiement avant livraison: sous condition

Si vous consentez à vous lancer en toute connaissance de cause, assurez-vous de payer au moyen d'un mode de paiement qui procure un minimum de protection à l'acheteur.

La règle générale prévue à la Loi sur la protection du consommateur (LPC) est formelle: un commerçant qui offre ses produits dans le cadre de contrats conclus à distance, «ne peut percevoir un paiement partiel ou total du consommateur ou lui offrir de percevoir un tel paiement avant d'exécuter son obligation principale (c.-à-d. livrer la marchandise)».

La LPC poursuit ainsi: «à moins qu'il ne s'agisse d'un paiement dont le consommateur peut demander la rétrofacturation en vertu de la présente loi». Dans l'état actuel des choses, seul le paiement effectué au moyen d'une carte de crédit satisfait à cette condition.

Et les entreprises hors Québec?

Pas toujours, mais parfois, ces commerçants sont situés à l'étranger et n'ont pas d'établissement au Québec. Selon la LPC, le contrat conclu à distance est réputé être conclu à l'adresse du consommateur. Ce sont donc les règles de la loi québécoise sur la protection du consommateur qui peuvent être invoquées et appliquées. 

En conclusion, rappelons, selon la formule empruntée à une (vieille) campagne de sensibilisation des consommateurs aux pièges de la pensée magique proposée par certains annonceurs que «rêver ne coûte rien, mais acheter du rêve peut coûter cher».

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