Le leadership au féminin

Janie Duquette, auteure et conférencière, a expliqué ses... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Janie Duquette, auteure et conférencière, a expliqué ses sept clés du leadership féminin mardi matin, devant la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Vous n'assisterez pas souvent à des témoignages émotifs dans le cadre d'un déjeuner de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan.

Mardi matin pourtant, Janie Duquette est parvenue à semer les trémolos dans le cadre de sa conférence sur le leadership féminin, présentée devant une cinquantaine de personnes... très majoritairement des femmes.

Qu'il s'agisse d'une dame qui témoigne toute son admiration pour Marie-Josée Gervais ou d'une vidéo fort bien faite de la compagnie Always sur des stéréotypes qui font mal paraître les femmes, l'émotion s'est invitée à ce rendez-vous matinal.

Les propos de Mme Duquette donnaient un aperçu de son livre, Les 7 clés du leadership féminin, qui appellent à des changements profonds pour stimuler le potentiel des femmes, «une ressource naturelle encore non exploitée», selon l'auteure.

L'équilibre (ou la paix) fait partie des sept clés identifiées pour développer ce leadership.

«La conciliation travail - famille, ça ne se peut pas!», tranche-t-elle. «Il faut donc transformer les institutions. La démission de PKP est peut-être le début de quelque chose. Beaucoup de femmes ne vont pas en politique pour les raisons qu'il a évoquées.»

L'authenticité doit aussi se retrouver dans ce coffre à outils. Les doubles standards résistent au temps, de sorte que les femmes doivent se demander ce qu'elles doivent changer avant de vouloir changer la société. Elles doivent miser sur leurs forces, connaître leurs faiblesses et savoir prendre la critique.

Lise Thériault

Pour illustrer une autre clé, l'empathie, Mme Duquette puise dans l'actualité. L'inoubliable séquence où l'ex-ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a laissé couler les larmes en commentant les abus sexuels qui auraient été commis par des policiers de la Sûreté du Québec à l'endroit de femmes autochtones, à Val-d'Or, a retenu son attention. À la suite de ces révélations de l'émission Enquête, Mme Thériault s'était éclipsée pendant plusieurs semaines.

«Ils l'ont mis en vacances!», dénonce Mme Duquette. «Moi, en voyant la scène, je me disais enfin, une femme qui s'exprime!»

La conférencière déplore que la femme se pardonne très mal ses erreurs.

«On n'a pas beaucoup d'empathie pour soi», pointe-t-elle. «On est les premières à se taper dessus parce qu'on n'est pas assez parfaites! Mais c'est possible de se reprogrammer le cerveau en 21 jours, par exemple en se souvenant de trois choses qu'on a aimées de notre journée.»

Mme Duquette cible aussi l'intuition, la même qui lui a permis de faire signer un contrat au chanteur Corneille avant même de l'avoir vu en spectacle, lorsqu'elle travaillait comme productrice à temps plein. Selon elle, il existe un moyen très simple de nourrir cette force.

«C'est la méditation! Si on veut entendre notre petite voix, il faut du silence...»

La créativité, la bonté et le partage constituent trois autres clés pour le leadership au féminin, selon la conférencière.

Pauline Marois

Janie Duquette se présentait à Shawinigan au moment où Véronique Hivon vient d'annoncer son intention de devenir la prochaine chef du Parti québécois. L'expérience a plutôt mal tourné pour Pauline Marois, mais pour la conférencière, les leçons du passé doivent porter. 

«Elle ne doit pas faire de compromis», suggère-t-elle. «Je ne pense pas que Pauline Marois a eu la chance de nous démontrer qui elle est vraiment.

Elle s'est tellement battue pour y arriver qu'une fois rendue, elle était peut-être... épuisée. On n'a pas eu la chance de connaître ce qu'il y avait dans son coeur, ce qu'elle aurait pu faire pour nous. Se donner le droit d'être différente, il faut mettre ça de l'avant.»

Néanmoins, deux ans après le lancement de son livre, elle observe une évolution.

«Au début, je disais que les femmes pouvaient transformer les organisations, changer le monde, repenser les structures», réfléchit-elle.

«Les gens me disaient que c'était une utopie. La semaine passée, Pierre-Karl Péladeau a pleuré et tout le monde s'est dit que c'était peut-être vrai qu'il y avait un problème avec la politique. La réflexion est là.»

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