L'emploi se réchauffe, mais les projets se refroidissent en Mauricie

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«Au chapitre de l'investissement, le secteur privé est définitivement en panne et les reports récents de grands projets antérieurement annoncés dans le parc industriel de Bécancour n'ont pas du tout aidé», note Jules Bergeron.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À la lumière des récentes statistiques sur le taux de chômage et les mises en chantier, l'état de l'économie régionale est à l'image du temps qu'il faisait en ce début de semaine: un ciel plutôt variable...

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L'économiste régional indépendant, Jules Bergeron.

«La récente progression de l'emploi en Mauricie au cours du mois d'avril par rapport au mois identique de 2015 constitue un fait intéressant, étant donné que le nombre de personnes au travail dans la région a rarement été aussi élevé pour cette période de l'année», souligne d'abord Jules Bergeron, économiste régional indépendant.

Ensuite, il note que l'emploi régional continue d'augmenter depuis le début de l'année 2016 par rapport à 2015, créant surtout des postes à temps plein. «L'effectif à temps partiel progresse aussi, mais de manière nettement moindre», fait remarquer le spécialiste.

Cependant, le nombre de personnes à la recherche d'un emploi demeure relativement élevé pour cette période de l'année, dit-il, d'autant plus qu'il se maintient au-dessus de 10 000 personnes «et même plus depuis le début de 2016».

À son avis, un survol par secteur d'activité permet de faire ressortir que «ce sont les branches du secteur tertiaire qui ajoutent surtout des emplois». «Toutes ont contribué à l'ajout de nouveaux postes en Mauricie, sauf le commerce», précise-t-il.

Même si de nombreux projets de nature commerciale sont dans l'air, principalement dans le cadre du développement du District 5, M. Bergeron considère qu'ils n'auront qu'un faible impact sur l'ensemble du secteur, étant donné qu'il s'agit de déplacement de succursales ou d'établissements existants.

Malgré une nette amélioration de l'économie américaine, et ce, depuis plusieurs trimestres, et un dollar canadien fort compétitif à 80 cents, la situation demeure fragile dans la filière forestière mauricienne.

«Le coût d'extraction de la matière ligneuse, déjà passablement éloignée, jumelé au prix de marché jugé insuffisant par plusieurs producteurs, plombe l'emploi de cette composante», constate l'ancien professionnel chez Emploi-Québec.

Par ailleurs, celui-ci rapporte que l'activité manufacturière, malgré quelques gains d'emplois ciblés dans des secteurs tels que les produits métalliques, reste en deçà de niveaux déjà atteints.

«Il faut dire aussi que le niveau des investissements réalisés par le secteur privé dans la région au cours de la dernière année écoulée, soit 2015, demeure anormalement bas par rapport aux années antérieures. En fait, que ce soit pour de nouvelles constructions ou pour l'achat de nouvel équipement, le recul est continuel depuis 2006», signale M. Bergeron.

À son point de vue, ce qui sauve la donne, c'est le niveau d'investissement fait par les institutions publiques dans leur ensemble. «Au chapitre de l'investissement, le secteur privé est définitivement en panne et les reports récents de grands projets antérieurement annoncés dans le parc industriel de Bécancour n'ont pas du tout aidé», avoue-t-il.

D'ailleurs, cette situation sur la rive sud n'est pas sans affecter le secteur de la construction qui devait être le catalyseur de la croissance économique attendue en Mauricie, selon les prévisionnistes.

Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), la tendance des mises en chantier d'habitations dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières se chiffrait à 446 en avril, comparativement à 471 en mars.

Cette tendance correspond à la moyenne mobile de six mois du nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé de mises en chantier d'habitations. Quant au nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé, il se situait à 489 en avril, en baisse par rapport à celui de 527 enregistré mars.

En avril, la tendance des mises en chantier d'habitations a légèrement diminué. «Le stock important de propriétés neuves à vendre, combiné à un taux d'inoccupation relativement élevé depuis quelques années sur le marché locatif, a incité les constructeurs à ralentir la cadence de production dans la grande région de Trois-Rivières», a expliqué Rosemarie Bégin, analyste de marché à la SCHL.

«On souhaite un bouillonnement, mais plus pour l'investissement productif des entreprises et le marché de l'emploi régional», a conclu M. Bergeron.

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