Dans la rue pour la Journée des travailleurs

À Québec, des manifestants se sont réunis au... (Le Soleil, Erick Labbé)

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À Québec, des manifestants se sont réunis au parc Saint-Roch.

Le Soleil, Erick Labbé

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La Presse Canadienne
Montréal

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de nombreuses villes de la province, en ce dimanche 1er mai, afin de souligner la Journée internationale des travailleurs.

Sous le thème «On a le Québec à coeur», les organisations syndicales, étudiantes et communautaires souhaitaient dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement Couillard, mais aussi revendiquer une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure.

À Montréal, la population était conviée à un rassemblement au parc Lafontaine. Un cortège s'est ensuite mis en branle jusqu'au parc Jeanne-Mance.

«Le Québec qu'on a à coeur, c'est un projet de société, qui est une société plus juste et plus égalitaire», a expliqué en entrevue le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer.

«C'est évident que lorsqu'on diminue les services publics autant en éducation, en santé, qu'au niveau des CPE, on ne fait qu'accroître les inégalités», a-t-il soutenu.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, était à Saguenay dimanche.

Il a appelé à la formation d'«alliances larges» pour réclamer un revenu décent tout au long de la vie des travailleurs.

«Il faut maintenant passer à une autre étape et revendiquer un changement de cap majeur par l'établissement de mesures qui améliorent le revenu de la grande majorité des gens. Il nous faut unir nos forces!» a-t-il lancé.

Les dirigeants des principales centrales syndicales ont rencontré le premier ministre Philippe Couillard, vendredi, pour leur faire part de leurs revendications.

Daniel Boyer, Jacques Létourneau, Louise Chabot, de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), et François Vaudreuil, de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), ont notamment exigé une hausse importante du salaire minimum et des prestations d'aide sociale.

Ils ont demandé la fin des compressions dans les services publics et les programmes sociaux, ainsi qu'une «intervention structurée» dans les secteurs manufacturier et industriel.

De son côté, la Coalition pour la justice sociale réclame un meilleur partage de la richesse, et un réinvestissement massif dans l'action communautaire.

Elle déplore également les «attaques» du gouvernement contre le réseau de la santé et des services sociaux et particulièrement celui des services de garde.

Du grabuge à Montréal

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a rapporté que, de prime abord, ces événements s'étaient déroulés dans l'ordre.

Cependant, vers 16h, les choses se sont corsées au moment où de nombreux protestataires se sont retrouvés devant un poste de quartier du SPVM situé sur la rue Sainte-Catherine.

À ce moment, des pierres ont été lancées vers les vitrines du bâtiment. De plus, des agents ont été ciblés avec des objets pyrotechniques.

À travers tout ce branle-bas, quelques arrestations ont été effectuées à droite et à gauche.

Vers 18h30, les forces de l'ordre n'étaient pas en mesure de préciser combien de personnes avaient été épinglées sous prétexte que leur opération était toujours en cours.

Plusieurs individus associés à la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) étaient sur place au moment où les troubles ont éclaté.

Dans un communiqué transmis aux médias, la CLAC avait soutenu vouloir «perturber l'activité commerciale dominée par la bourgeoisie locale».

Heurts à Istanbul et à Paris

«Contre la pauvreté salariale et sociale», les manifestations traditionnelles du 1er mai se sont déroulées dimanche à travers le monde, avec des incidents à Istanbul et un défilé qui a dégénéré à Paris.

À Istanbul, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des manifestants en plusieurs endroits de la plus grande ville de Turquie, notamment autour de la célèbre place Taksim, foyer traditionnel de protestation.

En marge de ces échauffourées, un homme est mort écrasé apparemment accidentellement par un véhicule antiémeute, en traversant une rue du centre-ville, selon la police. Plus de 200 personnes qui tentaient de marcher sur la place Taksim ont été interpellées, selon le gouvernorat de la ville.

Des militants du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) ont également été dispersés violemment par la police, qui a mobilisé près de 25 000 hommes et bouclé de nombreuses rues en prévision de la fête du Travail, qui est souvent l'occasion de heurts entre militants opposés au pouvoir et forces de sécurité.

En France, la fête du Travail s'est déroulée dans un climat particulièrement tendu, après deux mois de contestation contre un projet de loi sur le travail et de nombreuses manifestations émaillées de violences.

84 000 personnes dans les rues françaises

Plusieurs dizaines de milliers de personnes - 84 000 selon les autorités - ont défilé dans tout le pays, avec pour leitmotiv le retrait de ce projet de loi examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi. Les cortèges ont marché dimanche matin sans incident majeur en province. À Paris, entre 16 000 manifestants selon la police, jusqu'à 70 000 pour les syndicats, ont battu le pavé l'après-midi, sous haute surveillance policière, au cours d'un défilé unitaire des syndicats, une première depuis sept ans.

Des débordements ont éclaté peu après le départ du cortège dans l'est parisien : des jeunes encagoulés, casqués, ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène. Ces incidents, impliquant 200 à 300 jeunes, se sont répétés à intervalles réguliers tout l'après-midi, avec des bris de vitrine et du mobilier urbain saccagé. Ils sont restés néanmoins relativement limités, des milliers d'autres manifestants défilant dans le calme aux cris de «Retrait, retrait de la loi travail».

Les derniers manifestants ont quitté en fin de soirée la place de la Nation, destination finale de la manifestation, sous les gaz lacrymogènes. Deux heures plus tard, place de la République, l'habituel rassemblement du mouvement citoyen «Nuit debout» a été interrompu après des incidents impliquant de jeunes casseurs. Deux personnes ont été interpellées pour «outrage et rébellion». Le calme est revenu après minuit, heure locale.

Au cours de la journée, 18 personnes avaient déjà été interpellées en France et un policier ainsi qu'un manifestant ont été légèrement blessés à Paris.

La journée des travailleurs, célébrée dans de nombreux pays, est née à Chicago en 1886 à l'initiative d'un mouvement syndicaliste réclamant la journée de travail de huit heures.  Avec AFP

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