Première année de CGI à Shawinigan: une locomotive sur ses rails

Guylaine Tremblay, associée et directrice, services-conseils chez CGI,... (Sylvain Mayer)

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Guylaine Tremblay, associée et directrice, services-conseils chez CGI, a vu le nombre d'employés du centre d'excellence de Shawinigan être multiplié par sept en un an.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Attablé au Trou du diable l'été dernier, l'attention de Pierre Giguère avait été attirée par un groupe d'une vingtaine de personnes aux origines diverses. Des visages inconnus qui ne semblaient pas venir de Shawinigan. Des vacanciers, peut-être? Curieux, le député de Saint-Maurice a demandé à l'une de ces personnes d'où elles arrivaient et à ce moment, il a saisi l'impact de CGI.

Guy Beaudoin, propriétaire des célèbres roulottes à patates, confirme l'impression du changement de visage du centre-ville.

«On voit déjà une petite différence», observe-t-il. «Avant, je ne voyais pas de Noirs ou de mulâtres aux cabanes! On en voit circuler de plus en plus. Le profil de la clientèle change un peu. Sur la rue, on entend aussi parler plus anglais ou une autre langue.»

Un an après son ouverture officielle, CGI emploie 80 personnes à Shawinigan, essentiellement des programmeurs-analystes et des testeurs en assurance-qualité. Seulement 30 % d'entre eux viennent de la Mauricie. La multinationale des technologies de l'information suit son plan de croissance sans faire de bruit. Guylaine Tremblay, associée et directrice, services-conseils du centre d'excellence de Shawinigan, martèle que l'objectif de 300 emplois en trois ans sera rencontré.

Le 30 avril 2015, CGI célébrait son ouverture officielle en plein coeur du centre-ville, avec une douzaine d'employés à ce moment. En septuplant les effectifs tout en rodant les opérations et en relevant le défi de mandats internationaux, Mme Tremblay convient qu'elle n'a pas vu le temps passer au cours de la dernière année.

«C'est un défi intéressant et on a réussi à bien le relever», commente-t-elle. «Nous avons des clients de grande envergure qui sont basés en Europe, aux États-Unis, dans l'Ouest canadien et au Québec. À partir de Shawinigan, nous sommes en mesure de faire une carrière internationale, avec une complexité de projets, sur le plan technologique, qui est intéressante.»

Dans l'aménagement actuel sur la 5e Rue, CGI peut accueillir jusqu'à 110 employés. En ce moment opportun, une deuxième phase s'ébranlera pour agrandir les bureaux. L'immeuble possède la capacité de recevoir la totalité des 300 employés d'ici 2018.

«Nous voulons continuer sur notre lancée», assure Mme Tremblay. «L'objectif est d'offrir aux gens de belles possibilités de carrières, des projets intéressants. On fait des entrevues à toutes les semaines!»

Conjoncture particulière

Ce cadeau du ciel avait éberlué le monde politique et économique régional à l'automne 2014, quelques semaines après que Produits forestiers Résolu eut scié les jambes de la communauté en annonçant la fin des activités de la papeterie Laurentide. 

Jusque-là, Shawinigan n'apparaissait pas sur l'écran-radar de CGI. La crise provoquée par cette autre fermeture d'usine, la création en catastrophe du fameux Groupe tactique d'intervention économique et la longue amitié entre le ministre de l'Économie à ce moment, Jacques Daoust et le fondateur de la multinationale, Serge Godin, allaient transformer à jamais les perspectives de développement de Shawinigan. 

La locomotive tant recherchée pour supporter la reconversion économique de ce milieu durement éprouvé était enfin sur les rails. Qu'on en juge: CGI a produit des revenus de 10,3 milliards $ en 2015 et son carnet de commande était estimé, au 31 mars, à 20,7 milliards $. La multinationale emploie 65 000 professionnels dans une quarantaine de pays.

Le maire, Michel Angers, devait se pincer en apprenant l'arrivée d'un tel leader dans sa ville. En même temps, il rappelle que le gouvernement du Parti québécois avait identifié Shawinigan comme troisième pôle du numérique dans la province, de sorte que l'arrivée de CGI cadrait parfaitement avec le plan... même si l'improbable nouvelle répondait à un contexte de crise, avec une population mobilisée qui criait à l'aide.

«Notre virage était bien enclenché, nos cibles étaient connues», rappelle M. Angers. «On se tournait déjà vers les nouvelles technologies et pour une entreprise, c'est toujours intéressant de débarquer à un endroit où on sent une volonté de faire ce virage. Le premier ministre s'était commis en nous promettant un coup de main. Ça faisait quand même trois usines de suite qui fermaient. Pas une ville au Québec n'a vécu ça en un si court laps de temps! Une conjoncture a conduit à l'arrivée de CGI, mais elle débarquait dans un terreau déjà occupé par Cognibox-SIM et ICO Technologies. Ça donne un bassin important, sans compter l'effervescence autour du DigiHub. On bâtit quelque chose qui va être extrêmement porteur pour l'avenir.»

Un nouveau directeur

La première directrice du centre d'excellence de CGI à Shawinigan prépare déjà sa relève. En effet, Guylaine Tremblay retournera à Saguenay, sa région d'origine, pour diriger le centre d'excellence à cet endroit. Son successeur est déjà connu. Il s'agit de Luc Loiselle, qui arrive du centre d'excellence de CGI à Montréal. Il possède une quinzaine d'années d'expérience avec la multinationale. Mme Tremblay quittera le bureau de Shawinigan le 30 juin. D'ici là, elle travaille sur la transition avec son successeur.

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