Technologies de l'information: le Collège Shawinigan peine à recruter

Le service de formation continue du Collège Shawinigan... (Stéphane Lessard)

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Le service de formation continue du Collège Shawinigan peine à recruter des étudiants pour sa formation dans les technologies de l'information, mais à plus long terme, le pari sera payant, prévoit Jean-François Léveillé (debout, à droite).

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le peu d'intérêt manifesté pour les formations spécialisées dans les technologies de l'information au Collège Shawinigan a beaucoup fait jaser au cours de la dernière année. Pour Guylaine Tremblay, associée et directrice, services-conseils au centre d'excellence de CGI à Shawinigan, il s'agit d'un enjeu qui déborde la Mauricie.

«Honnêtement, c'est le même défi partout au Québec», relate-t-elle. «En technologie de l'information, les besoins croissent à toutes les années. Tout le monde doit contribuer pour amener les jeunes à étudier dans les nouvelles technologies, à s'intéresser plus aux sciences.»

Mme Tremblay ne trouve rien à redire par rapport aux formations offertes dans les établissements collégiaux de la région ou à l'Université du Québec à Trois-Rivières. «Il s'agit simplement d'entrer plus d'étudiants!», sourit-elle.

Jean-François Léveillé, directeur adjoint au service de formation continue du Collège Shawinigan, observe une tendance encourageante depuis deux ans pour le diplôme d'études collégiales en informatique. Par contre, il ne peut cacher une certaine déception au sujet de la réponse aux programmes créés spécialement pour les besoins des entreprises locales en pleine expansion, comme CGI, qui peinent à trouver une main-d'oeuvre qualifiée dans la région.

Ainsi, la première cohorte de 11 étudiants en «Programmation d'applications mobiles» vient de compléter sa formation de 15 mois. Une deuxième a été lancée à la mi-avril et elle groupe 13 personnes.

«Là-dessus, nous avons cinq nouveaux arrivants, des étudiants étrangers que nous avons recrutés lors de rencontres à Montréal», précise M. Léveillé.

Normalement, il faut au moins 15 étudiants pour lancer une formation. Rappelons que ce programme avait été retardé de septembre 2014 à janvier 2015 en raison du manque d'intérêt.

En début d'année, le Collège Shawinigan aurait voulu lancer «Spécialiste en qualité logicielle», grâce à une entente avec le Collège Bois-de-Boulogne, à Montréal.

«Nous n'avons pas été capables de le démarrer en janvier», se désole M. Léveillé. «Il est reporté à l'automne prochain. J'avais cinq inscriptions... Pourtant, il y a des besoins directs avec SIM et CGI. Une offensive de recrutement se prépare et nous impliquons les entreprises là-dedans.»

Une formation de programmeur en orienté objet devait aussi faire partie de l'offre en septembre 2015, mais encore une fois, ça ne s'est pas bousculé aux portes. Une nouvelle tentative a été effectuée en janvier, mais devant l'évidence, le projet a été abandonné.

«C'était une formule avec reconnaissance des acquis, pour former des gens qui veulent actualiser leurs compétences», explique M. Léveillé. «Nous avons eu une dizaine d'inscriptions, malgré beaucoup d'efforts, de soirées d'information. On n'a pas réussi à faire lever l'initiative.»

Comment expliquer ces difficultés? M. Léveillé observe un écart entre les qualifications requises pour ces programmes et la scolarité du bassin régional.

«Aussi, il y a encore une méconnaissance sur les métiers des technologies de l'information, malgré tout ce qui se dit», constate-t-il. «On a donc un travail d'éducation à faire là-dessus.»

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, croit qu'il faut encore mieux sensibiliser les adolescents sur les nombreuses opportunités offertes par les technologies de l'information dans la région au moment de leur choix de carrière.

«Il faut descendre jusqu'au troisième secondaire», suggère-t-il. «C'est à ce moment que les jeunes regardent leurs avenues pour l'avenir. C'est à ce moment qu'il faut les éveiller.»

Le maire, Michel Angers, est convaincu que le temps donnera raison aux efforts actuellement investis dans cette formation spécialisée.

«Si on avait su, il y a cinq ans, que CGI s'en venait, possiblement que beaucoup de monde aurait bifurqué vers l'informatique dans l'espoir de demeurer chez eux, à Shawinigan», fait-il remarquer. «C'est récent! Ça fait un an et demi (qu'on a annoncé l'arrivée de CGI). Le défi, c'est de créer un engouement, dans notre population et chez nos jeunes, pour qu'ils choisissent un emploi garanti.»

«Au colloque sur les TI cette semaine (au DigiHub), on parlait d'une centaine d'emplois disponibles, avec d'excellents salaires dans un secteur d'avenir. Il faut se laisser une chance, comme communauté, de s'adapter à cette réalité. La croissance est devant nous!»

«À moyen terme, on fait le pari que ça va être payant, qu'on pourra offrir une diversité de programmes qui répondront à un besoin et qui seront attractifs pour des entreprises», endosse M. Léveillé. «On continue les efforts, mais j'aurais pensé que l'effet CGI et DigiHub aurait été plus facile pour le recrutement. On se rend compte que ce n'est pas le cas. À court terme, c'est difficile, mais il faut penser à moyen et à long termes.»

Mission accomplie pour le Colloque TI

Présenté au DigiHub Shawinigan, le 5e Colloque TI aura attiré près de 200 participants sous le thème «Les défis du 3e millénaire». À la fin, le comité organisateur a annoncé que des bourses de 3000 dollars seront remises à des étudiants dans le domaine des technologies de l'information, ainsi que pour l'achat d'équipements spécialisés destinés à des classes d'adaptation scolaire. Ces bourses seront offertes grâce à l'implication des entreprises ICO Technologies et SIM-Cognibox, ainsi qu'aux profits réalisés lors de l'événement. 

Avec la collaboration de Marc Rochette

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