Couillard enjoint Ottawa à investir dans la CSeries

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare.

La Presse Canadienne

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Il serait très surprenant que le gouvernement Trudeau refuse d'investir dans la CSeries puisqu'il s'agit du projet le plus innovant actuellement au Canada, croit le premier ministre Philippe Couillard.

De passage lundi au cinquième Forum Innovation organisé par Aéro Montréal, M. Couillard a vigoureusement incité son homologue fédéral à octroyer rapidement une aide financière à Bombardier.

«Je m'attends à ce que le gouvernement fédéral soutienne Bombardier et plus précisément la CSeries», a-t-il affirmé au cours d'une mêlée de presse.

Auparavant, dans son allocution prononcée devant quelques centaines de personnes réunies au Palais des congrès, M. Couillard s'est même directement adressé à M. Trudeau.

Le premier ministre québécois a ainsi rappelé que pour la province, l'industrie aérospatiale était aussi importante que le secteur automobile en Ontario.

«M. Trudeau le sait aussi et c'est pourquoi j'ai confiance que le gouvernement fédéral se joindra à nous, a dit M. Couillard. Je souhaite que ça soit fait au moment le plus rapide bien sûr.»

Plus de 40 000 personnes - principalement dans la région métropolitaine - travaillent dans le secteur québécois de l'aéronautique, qui regroupe plus de 200 entreprises de diverses tailles.

L'automne dernier, Québec s'est engagé à injecter 1 milliard $US dans la CSeries en échange d'une participation de 49,5 pour cent dans le programme de ce nouvel avion commercial ayant connu des dépassements de coûts ainsi que des retards.

Bombardier (TSX:BBD.B) a depuis soumis une demande d'aide similaire au gouvernement fédéral.

La multinationale québécoise aurait récemment rejeté la première proposition d'Ottawa, qui aurait voulu modifier la structure des actions multivotantes permettant à la famille Beaudoin-Bombardier de contrôler l'entreprise.

M. Couillard s'est défendu de vouloir presser Ottawa avec sa sortie, affirmant que l'objectif était d'assurer la pérennité à long terme du programme de la CSeries.

Le bureau du ministre fédéral de l'Innovation et responsable du dossier, Navdeep Bains, a refusé de commenter la sortie du premier ministre québécois, se contenant de rappeler qu'il n'y avait pas d'échéancier quant au moment où une décision serait prise.

En présentant M. Couillard, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, qui ne s'est pas adressé aux journalistes, a quant à lui remercié l'engagement du gouvernement québécois à l'endroit de la multinationale québécoise.

«L'appui du Québec a joué un rôle crucial pour redynamiser ce programme, donner confiance aux clients en plus de nous permettre d'accroître notre flexibilité financière», a-t-il expliqué.

Le grand patron de Bombardier a par ailleurs profité de son passage au podium pour inciter les gouvernements à poursuivre leurs investissements en matière d'innovation.

Compte tenu de l'ampleur des sommes d'argent à injecter, les partenariats public-privé (PPP) sont essentiels si le Canada espère conserver sa place parmi les meneurs en aéronautique, a fait valoir M. Bellemare.

Bombardier n'a toujours pas reçu le premier versement de 500 millions $US que devait effectuer Québec avant le 1er avril dernier. Il reste encore quelques détails «confidentiels» à finaliser, a expliqué M. Couillard, qui n'a pas voulu préciser le moment de la signature.

Par ailleurs, lundi après-midi, dans le cadre d'un atelier, le vice-président principal, ventes et gestion des actifs des avions commerciaux chez Bombardier, Colin Bole, a répondu à une série de questions où il s'est affairé à vanter les mérites de la CSeries.

Selon lui, chaque appareil construit par Bombardier offre une valeur ajoutée d'environ 13 millions $US comparativement aux avions similaires remotorisés par Airbus et Boeing.

M. Bole a par ailleurs affirmé que la lettre d'entente signée par Air Canada (TSX:AC) pour 45 CS300 et 30 autres appareils n'avait pas été motivée par des pressions politiques.

Quant aux rumeurs entourant une possible commande d'au moins 75 avions CSeries de la part de Delta Air Lines, M. Bole s'est limité à dire que le transporteur américain figurait sur la liste des «clients de marque» que Bombardier souhait ajouter à son carnet de commandes.

Bombardier tiendra son assemblée annuelle des actionnaires vendredi à ses installations de Mirabel et plusieurs espèrent que l'entreprise profite de l'événement pour dévoiler une importante commande de Delta.

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