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Shawinigan: une hausse stratosphérique de la taxe d'égout industriel en 2016

Président de Delastek, Claude Lessard s'indigne de la... (Stéphane Lessard)

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Président de Delastek, Claude Lessard s'indigne de la hausse de taxe décrétée pour les égouts industriels à Shawinigan.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La réception du compte de taxes ne constitue jamais une heureuse nouvelle pour les gens d'affaires. À Shawinigan cette année, il fallait scruter les entrailles du document pour découvrir la mauvaise surprise qui a été refilée aux entreprises manufacturières, qui doivent digérer une hausse de leur taxe d'égout de 475 % par rapport à 2015.

En 2011, elle s'établissait à 0,1051 $ par tranche de 100 dollars d'évaluation. Elle avait été augmentée de 10 % en 2012, pour être fixée à 0,1159 $. Cette taxe s'appliquait pour les évaluations non résidentielles ou industrielles.

Ce taux est demeuré inchangé pour les trois années suivantes. Mais en 2016, le conseil municipal a établi une distinction entre une unité non résidentielle et industrielle pour la desserte d'égouts. Pour la première catégorie, la taxe est maintenue à 0,1159 $ par tranche de 100 $ d'évaluation. Mais pour les évaluations industrielles, elle bondit de 0,1159 $ à... 0,6664 $!

Lors de la séance régulière de février du conseil municipal de Shawinigan, Rolland Trudel, propriétaire de Métaux Produits DT, est venu communiquer son mécontentement aux élus. Un voisin l'avait avisé de la hausse et sur le coup, il a cru qu'il s'agissait d'une erreur.

«Avant, je payais environ 300 $», raconte l'homme d'affaires. «Avec cette hausse, je passais à plus de 1800 $!»

Le maire, Michel Angers, avait alors rassuré M. Trudel en lui mentionnant qu'une modification serait apportée au règlement sur l'établissement des taux de taxes et des compensations pour 2016 au cours des semaines suivantes.

Effectivement, à la séance régulière du 8 mars, le conseil municipal modérait son appétit. Ainsi, la taxe pour le service d'égout industriel passait de 0,6664 $ à 0,3998 $ par tranche de 100 $ d'évaluation. Nuance importante toutefois, cette baisse ne s'applique que pour les valeurs inférieures à 500 000 $.

M. Trudel n'est guère impressionné par l'effort. Plutôt que 300 $, il paiera dorénavant 1110 $ pour la desserte d'égout de son entreprise. Le nouveau taux représente quand même une hausse de 245 % par rapport à 2015.

«Le maire avait dit que le nouveau règlement baisserait d'environ 60 %», raconte-t-il. «Si ça avait été le cas, mon compte serait tombé à environ 720 $. Or, je suis à 1110,24 $.» En fait, entre janvier et mars, la taxe d'égout pour les immeubles industriels évalués à moins de 500 000 $ a été réduite de 40 %.

«Je ne suis pas très satisfait; ça ne baisse pas assez», déplore M. Trudel. «On est ouvert 40 heures par semaine, on n'est pas ici 24 heures sur 24. Ça fait cher du besoin!»

«Ça n'a pas de bon sens», s'indigne-t-il. «Parce que les grosses industries ferment, la Ville nous refile la facture. Il y a un manque à gagner à Shawinigan. Ça fait un double discours : on dit de venir à Shawinigan parce qu'on est accueillant, mais voyez ce qui se passe par en arrière!»

D'autres dirigeants d'entreprises dénoncent ces hausses, qui ne sont pas entièrement compensées par la baisse de la taxe foncière générale des immeubles industriels en raison de l'entrée en vigueur du nouveau rôle d'évaluation. En 2016, elle s'établit à 3,1353 $ par tranche de 100 $ d'évaluation, une baisse de 5,6 % par rapport au taux de 2015.

Chez Delastek, le président, Claude Lessard, se serait bien passé de cette tuile, qui s'ajoute à une contestation pour une hausse substantielle de la valeur de l'un de ses immeubles.

«Je trouve ça charrié pas mal», maugrée-t-il. «Personne n'avait vu ça passer. La Ville avait annoncé une diminution de la taxe de base. Tout le monde est occupé et en plus, avec mon conflit, j'avais d'autres chats à fouetter.»

«On vit au-dessus de nos moyens, à Shawinigan», déplore M. Lessard. «À un moment donné, il faut recentrer les opérations. Moi, je ne peux pas dire à mes clients que ça me coûte plus cher et qu'en conséquence, j'augmente mes prix de 5 %. Ça ferait une méchante crise ! On ne vit pas sur la même planète.»

Même désarroi du côté de Stéphane Fontaine, propriétaire de Stema-Pro, qui doit digérer une hausse de cette taxe de plus de 5000 $.

«C'est pas compliqué, il leur manque des revenus», détecte l'homme d'affaires. «Ils augmentent tout le monde pour compenser les usines qui ferment. Les petites PME ne sont pas en mesure de payer pour ça.»

«La Ville veut attirer des entreprises, mais elle devrait d'abord s'arranger pour garder celles qui sont là», pointe M. Fontaine. «Depuis cinq ans, l'augmentation de notre compte de taxes, c'est débile!»

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