L'Association des prospecteurs de la Mauricie ignorée?

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Le président de l'APM, Paul-Armand Girard, tient un échantillon de quartz et de phosphore.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Un climat particulièrement tendu s'est installé dans le secteur minier en Haute-Mauricie. En effet, l'Association des prospecteurs de la Mauricie (APM) dénonce l'absence de collaboration de la Corporation de développement des ressources naturelles de la Mauricie (CDRNM) et de la Ville de La Tuque. Il semble que tout le monde travaille dans le même but, mais chacun de son côté. L'APM appelle à l'unité.

«On demande une collaboration ouverte, une collaboration franche et nette, qu'on puisse s'asseoir ensemble et définir nos champs d'activités. À partir de là, tout devrait bien aller, mais ça prend de la bonne volonté pour ça», lance Paul-Armand Girard, le président de l'APM.

La tension entre les organisations est apparue vraisemblablement avec l'arrivée de M. Girard à la tête de l'organisation et a été amplifiée après une demande d'aide financière refusée par la Ville de La Tuque pour l'achat d'équipement.

«On était très à l'aise avec l'Association des prospecteurs quand ç'a été mis sur pied. Il y a eu un changement de gouvernance, et on est un peu moins à l'aise avec cette nouvelle gouvernance», a affirmé le directeur général de la Ville de La Tuque, Marco Lethiecq.

Dans une série de lettres, on apprend que l'APM demandait un peu plus de 15 000 $ de financement à la Ville.

«C'était un dédoublement de ce qui avait déjà été financé, on était mal à l'aise de prendre des fonds publics pour financer deux projets qui se rapprochaient beaucoup. S'il n'y a pas de dédoublement de projet, on peut aider les deux entités», explique M. Lethiecq.

D'ailleurs dans la lettre on explique en détail les raisons du refus. Le président de l'APM estime toutefois qu'il ne s'agit pas d'un dédoublement puisque les deux organisations ont des buts différents.

«La CDRNM qui est rattachée à la Ville de La Tuque a des objectifs qui sont très loin ou devraient être très loin de l'objectif d'une association de prospecteurs tel qu'on le voit dans toutes les régions du Québec. L'association des prospecteurs s'occupe de la prospection du terrain alors que la corporation doit s'occuper des grandes lignes et favoriser l'entreprise à venir s'installer chez nous par des ententes signées avec les autochtones, par exemple la mise en valeur du territoire», mentionne M. Girard.

Les accrochages ne s'arrêtent pas là. La CDRNM aurait offert deux sièges d'observateur à l'APM pour participer aux conseils d'administration. L'idée semblait intéressante pour l'association, toutefois, aucune invitation ne leur a été acheminée depuis le 16 septembre 2015.

L'APM se questionne également sur le refus du CDRNM de partager le kiosque au Congrès Québec-Mines.

«Le kiosque du Lac-Saint-Jean avait les résultats des camps d'exploration de Ville de La Tuque. Ça nous a beaucoup étonnés. Ce qui nous a encore plus étonnés, c'est que le président du CDRNM a été présent au congrès, mais ne s'est jamais présenté à notre kiosque», déplore le président de l'APM.

Rappelons que c'est le directeur du Service de développement économique et forestier de la Ville de La Tuque, Patrice Bergeron, qui pilote la CDRNM à titre de président.

«Ce n'est pas la Ville qui a refusé, c'est la Corporation qui est une entité avec son propre conseil d'administration [...] La CDRNM travaille avec beaucoup de prospecteurs au niveau de la Mauricie, mais aussi avec des prospecteurs du Lac-Saint-Jean dépendamment où sont situés les camps de prospecteurs», a expliqué Marco Lethiecq.

«Je pense que tout le monde a à coeur le développement du secteur minier, c'est juste que des fois il y a de la divergence sur l'objectif ultime à atteindre. Chacune des associations a son opinion», a-t-il ajouté.

Des découvertes qui attirent l'attention

De passage au Congrès Québec-Mines en novembre dernier, l'Association des prospecteurs de la Mauricie a su attirer l'attention avec ses découvertes.

«On a été un des kiosques les plus visités», mentionne M. Girard.

Des échantillons de marbre granitique et de quartz ont été découverts et ont attiré l'attention. Toutefois, c'est le phosphore qui a fait davantage tourner les têtes.

«Les résultats sont dominés par le phosphore (P2O5) et l'apatite avec une teneur pouvant aller jusqu'à 7 %, ce qui est comparable aux grandes découvertes en Amérique du Nord. Plus surprenant encore, tous nos échantillons indiquent la présence de dioxyde de silicium pouvant aller jusqu'à 32 % et de dioxyde de titane pouvant aller jusqu'à 10 %; dans ces deux cas, la découverte devrait générer un intérêt encore plus grand».

Un expert se greffe à l'Association

L'Association des prospecteurs de la Mauricie (APM) a annoncé la nomination de Marc Boivin à titre d'administrateur coopté.

«Il va être notre référence scientifique à l'Association. S'il y a des gens qui mettent encore en doute les compétences et la pertinence de notre association, c'est malheureux», lance Paul-Armand Girard.

Marc Boivin est géologue et géophysicien, membre de l'Ordre des géologues du Québec. Un professionnel qui compte à son actif des dizaines d'années d'expérience.

«Il exerce sa profession depuis plus de 30 ans, période durant laquelle il a développé une solide expérience en exploration minière. [...] Nous sommes réellement privilégiés d'accueillir Marc dans notre toute jeune association. Il ne fait aucun doute qu'avec les connaissances et la crédibilité de Marc Boivin, l'Association des prospecteurs de la Mauricie sera en mesure d'atteindre ses objectifs», a-t-il conclu.

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