Internet en région: Cogeco interpelle Ottawa

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Louis Audet, pdg de Cogeco, soutient que le gouvernement fédéral devra aider pour les endroits mal desservis par Internet.

La Presse Canadienne

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Julien Arsenault
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Le gouvernement fédéral devra inévitablement faire sa part pour garantir un accès Internet rapide partout au pays, estime le président et chef de la direction de Cogeco (TSX:CGO), Louis Audet.

Il s'agit d'ailleurs de la recommandation récemment soumise au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) par l'entreprise québécoise.

Au cours des trois prochaines semaines, l'organisme fédéral tient des audiences - auxquelles participera Cogeco - pour notamment déterminer si Internet haute vitesse devrait être un service de base et ce que cela signifierait.

«C'est un marché très concurrentiel (...) où il y a également des revendeurs (qui utilisent le réseau d'autres fournisseurs) qui n'existent pas aux États-Unis», a expliqué M. Audet, jeudi, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre de Cogeco et de sa filiale Cogeco Communication (TSX:CCA).

Au début de la dernière année, 96 pour cent des Canadiens avaient accès à Internet à une vitesse de téléchargement d'au moins cinq mégabits par seconde, d'après les données du CRTC.

En revanche, environ quatre pour cent de la population - toujours des centaines de milliers de foyers et de places d'affaires - n'avaient pas accès à de telles vitesses.

«La logique suggère une aide du gouvernement fédéral pour les endroits (mal) desservis, a analysé le dirigeant de Cogeco, questionné par les analystes. Nous ne nous attendons pas à ce que les tarifs soient réglementés.»

Selon le cas, M. Audet suggère que les fonds fédéraux destinés aux communautés éloignées soient utilisés afin de financer la construction d'infrastructures adéquates ou qu'ils soient versés à des familles dans le besoin par l'entremise de subventions.

Le budget déposé le mois dernier par le ministre des Finances, Bill Morneau, incluait de l'argent pour améliorer la disponibilité d'Internet à haut débit dans les communautés isolées. «Nous croyons que c'est la meilleure façon de régler ce problème», a fait valoir M. Audet.

En février dernier, une étude publiée par ACORN Canada faisait valoir que de nombreux Canadiens à faibles revenus doivent choisir entre Internet, acheter de la nourriture ou payer le loyer.

Ce groupe de défense des droits demande au CRTC d'imposer un forfait internet mensuel de 10 $ aux familles et individus vivant sous le seuil de la pauvreté, qui, en 2013, était à 20 933 $ pour une personne seule et 41 866 $ pour une famille de quatre, après impôts.

Le CRTC a déjà prévenu qu'en dépit du souhait des Canadiens d'avoir un accès à Internet partout au pays, cela ne signifie pas qu'il sera garanti par l'organisme fédéral.

Malgré les questions des analystes, M. Audet a une fois de plus répété que le fruit n'était pas encore suffisamment mûr pour que Cogeco puisse envisager une expansion dans la téléphonie mobile.

L'entreprise désire que les autorités fédérales facilitent la création d'opérateurs de téléphonie mobile virtuels (MVNO), qui louent des services d'accès auprès d'entreprises de télécommunications sans fil dotées d'installations.

Malgré l'élection des libéraux fédéraux l'automne dernier, M. Audet estime qu'il est encore trop tôt pour dire si le changement de gouvernement à Ottawa fera bouger les choses.

Pour le deuxième trimestre terminé le 29 février dernier Cogeco et sa filiale ont livré des résultats en progression, mais tout juste en deçà des attentes des analystes.

Les profits de la société mère ont été de 75,6 millions $, ou 1,98 $ par action, en hausse de 37,5 pour cent, alors que les revenus ont grimpé de 7,7 pour cent pour s'établir à 578 millions $.

Cogeco Communication a pour sa part réalisé un bénéfice en hausse de 5,3 pour cent, à 62 millions $, ou 1,27 $ par action. Ses recettes ont été de 551,5 millions $, en progression de 8,3 pour cent.

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