Stockage de GNL à Bécancour: la pertinence du projet remise en cause

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Le directeur de projets chez Gaz Métro, David St-Pierre, a dû répondre à un barrage de questions.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Malgré sa démonstration rassurante sur les impacts environnementaux et les risques technologiques de son projet, Gaz Métro a plutôt vu la pertinence d'un site de stockage et de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) à Bécancour être remise en cause, mercredi, par des citoyens lors de la séance d'information du BAPE.

«Pourquoi avoir besoin d'un cylindre?», a directement lancé Jean-Pierre Leduc lors de la soirée organisée à Bécancour devant une cinquantaine de participants.

C'est que Gaz Métro Solutions Énergie, S.E.C. envisage de construire et d'exploiter un lieu de stockage et de regazéification de GNL dans le parc industriel et portuaire de Bécancour afin d'alimenter la centrale de TransCanada Énergie Ltée. Et Hydro-Québec compte utiliser l'énergie produite par cette centrale en période de pointe hivernale, de la mi-décembre à la mi-mars. Or, le GNL serait stocké dans un réservoir d'une capacité approximative de 20 000 mètres cubes.

Le directeur des projets chez Gaz Métro, David St-Pierre, a expliqué que le recours au réseau régulier de gaz naturel n'aurait pas été viable économiquement alors que le projet vise à alimenter la centrale de TCE seulement pour une durée équivalent à 100 heures par année. C'est qu'à partir de décembre 2018, la société d'État aura un besoin de puissance additionnelle pour répondre à la demande des Québécois durant les périodes de pointe hivernale.

D'ailleurs, plusieurs questions concernaient davantage la fameuse centrale de TransCanada Énergie que le projet de Gaz Métro en lui-même, l'aventure de TCE s'étant avérée coûteuse pour Hydro-Québec alors qu'elle ne produit plus d'énergie depuis 2008. Sauf que pour le promoteur, le projet est «la réponse identifiée pour mieux répondre aux besoins en électricité du Québec en périodes de grands froids».

«La combustion du gaz naturel permet de réduire les émissions de polluants atmosphériques et c'est le même gaz que celui consommé par les résidences, les commerces et les institutions du Québec», a souligné M. St-Pierre.

La période d'information et de consultation du dossier se terminera le 6 mai 2016. Jusque-là, tout citoyen, tout groupe, toute municipalité ou tout organisme peut faire la demande d'une audience publique auprès du ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le cas échéant, une commission du BAPE pourrait être chargée d'enquêter sur le projet et de consulter la population à cet effet.

Les citoyens peuvent se renseigner sur le projet en consultant l'étude d'impact réalisée par le promoteur et les autres documents décrivant le projet et, entre autres, ses répercussions sur l'environnement. Jusqu'au 6 mai 2016, ces documents peuvent être consultés à la Bibliothèque de Bécancour (1295, avenue Nicolas-Perrot).

Le début de la construction est prévu pour mars 2017 et le remplissage du réservoir devraient durer 22 mois. La mise en service se ferait au plus tard en décembre 2018. La durée de vie de l'usine est estimée à plus de 30 ans et l'entente entre le promoteur et Hydro-Québec est de 18 ans.

Le projet représenterait un investissement de 45 millions de dollars, dont entre 30 % et 50 % seraient dépensés au Québec avec un potentiel d'environ 15 à 20 millions de dollars pour l'approvisionnement local de matériaux et leur installation. Entre 120 et 180 travailleurs seraient requis en période de pointe de construction. L'exploitation de l'usine créera une dizaine d'emplois directs, dont quatre à cinq permanents, et quatre à cinq saisonniers de décembre à mars.

«On a hâte qu'un dossier comme le vôtre se réalise. C'est très important pour les retombées économiques», a fait valoir la directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Martine Pépin.

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