«Desjardins doit bonifier son offre»

La Municipalité de Saint-Élie-de-Caxton refuse d'acheter comme prévu la bâtisse... (Archives La Presse)

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Élie-de-Caxton) La Municipalité de Saint-Élie-de-Caxton refuse d'acheter comme prévu la bâtisse de la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie si l'institution financière ne compense pas la disparition du service au comptoir, une décision qui susciterait du mécontentement au sein de la population.

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Jacques Duranleau

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Réjean Audet

François Gervais, Le Nouvelliste

Les deux parties ont mené des discussions en ce sens l'automne dernier. À ce moment, Saint-Élie démontrait une très grande volonté d'acheter la bâtisse afin d'y installer son bureau touristique.

Le maire, Réjean Audet, déclarait que la volonté de la Municipalité reposait d'abord sur le souci de préserver les services de la caisse, dont le service au comptoir. Devant le recul incessant des transactions au comptoir dans toutes les institutions financières, Desjardins a toutefois annoncé le retrait de ce service à Saint-Élie, comme dans quatre autres localités, à compter du 17 juin.

Cette décision ne fait pas l'affaire du maire de Saint-Élie. «Desjardins enlève le service au comptoir. Pour nous, ça change la donne. On faisait la transaction pour, en grande partie, garder ce service. On essaie de garder le maximum de services à Saint-Élie: la population grandit, on a de plus en plus de touristes et les services à la caisse diminuent. C'est un non-sens.»

M. Audet se dit très conscient que les transactions au comptoir sont un service en baisse constante. Il croit que Desjardins pourrait faire l'effort de conserver le service au comptoir durant une journée par semaine.

«On a des gens qui viennent s'installer à Saint-Élie et ce n'est pas juste des gens qui font des transactions par AccèsD. Les bus de touristes en été, c'est parfois des gens d'un certain âge. Et si on parle d'avoir de l'argent américain, on ne peut pas avoir ça par Accès D. Desjardins doit bonifier son offre car il y a de la grogne.

Des gens me disent qu'ils vont amener tout leur argent à la caisse de Saint-Boniface (qui ne fait pas partie de la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie), s'il le faut.»

Jacques Duranleau affirme pour sa part que Desjardins préfère mettre les négociations sur la glace, le temps de régler la disparition du service au comptoir avec ses membres.

«On a ralenti les négociations avec Saint-Élie. On ne veut pas que la décision (de fermer le service au comptoir) passe sur le dos de la Municipalité. Les gens sont capables de comprendre qu'on prend nos responsabilités en tant qu'institution financière. On a joué de façon transparente dans ce dossier.

Quand on a négocié, on a toujours dit qu'on était en observation des transactions au comptoir et on leur a dit que ça continuait de baisser. Si la Municipalité a interprété ça (l'achat de la bâtisse) en pensant que le service au comptoir était là à vie, alors que ça baisse, il faut faire la différence entre vendre une bâtisse et l'offre de services. Si Saint-Élie ne veut plus acheter la bâtisse, c'est correct. S'ils veulent négocier, on est prêt à négocier», précise le directeur général de la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie.

M. Duranleau dit comprendre la frustration des gens face à la perte d'un tel service. Si le maintien du service au comptoir à raison d'un jour par semaine n'est pas envisagé, Desjardins conserve le guichet automatique et les services-conseils sur rendez-vous, souligne-t-il.

«On reste présent à Saint-Élie. On a donné plus de 211 000 $ en dons et commandites à Saint-Élie depuis qu'on est là, soit depuis 10 ans. Et on est content de le faire, car il y a des gens dynamiques à Saint-Élie. Une fois l'émotion passée, les gens vont voir qu'on sera là dans le futur», déclare M. Duranleau, en rappelant que Desjardins offre 25 000 $ en subventions à Saint-Élie pour financer jusqu'à hauteur de 50 % tout projet local porteur, ce qui est déjà une bonification.

Les ententes sont maintenues

La fin du service au comptoir dans les centres de services Desjardins de Sainte-Ursule et de Saint-Édouard-de-Maskinongé ne changent rien aux différentes ententes signées entre la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie et ses partenaires.

En 2014, Desjardins mettait en vente sa bâtisse de Sainte-Ursule pour devenir locataire d'un espace à la Boucherie Dauphin, fraîchement reconstruite à la suite d'un incendie. Les deux parties ont signé un contrat de cinq ans.

Le scénario est semblable du côté de Saint-Édouard-de-Maskinongé. La coopérative Café Édouard a acquis la bâtisse de Desjardins. Cette dernière est devenue locataire d'un espace dans la bâtisse. Un bail de cinq ans, signé en 2014, lie les deux parties.

«La présence physique de Desjardins demeure à Sainte-Ursule et à Saint-Édouard. On respecte le bail signé avec M. Dauphin (Philippe, le propriétaire de la boucherie). Et il n'y a aucun problème avec Saint-Édouard. Les ententes sont respectées», confirme Jacques Duranleau, le directeur général de la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie.

Cette décision de couper le service au comptoir, annoncée lors de la dernière assemblée générale de la caisse, est basée sur un phénomène qui est loin d'être unique à Desjardins. Selon l'institution financière, 96 % des transactions courantes sont faites autrement que par le service au comptoir.

«Ça ne fait pas l'affaire du monde, mais la grande majorité est compréhensive. On est rendu là», ajoute M. Duranleau.

Ce dernier précise toutefois que Desjardins prend les moyens pour accompagner ses membres dans ce changement des façons de faire. Ceux-ci sont contactés et les employés toujours présents dans les centres de services les aident à s'adapter au fonctionnement d'un guichet automatique. Si des gens veulent avoir accès à un service au comptoir à un centre qui l'offre toujours, Desjardins a pris une entente avec la Corporation des transports collectifs de la MRC de Maskinongé et leur offrira les déplacements à ses frais jusqu'en juin 2017.

La fin du service au comptoir à compter du 17 juin affecte également les centres de services de Saint-Justin et de Saint-Barnabé. À ces endroits, comme à Sainte-Ursule, à Saint-Édouard et à Saint-Élie-de-Caxton, la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie met un fonds de 25 000 $ par municipalité afin de soutenir jusqu'à 50 % des coûts de tout projet porteur pour la localité.

Des bâtisses à vendre

Les bâtisses que Desjardins possède à Saint-Justin et à Saint-Barnabé sont toujours à vendre. La direction de l'institution va essayer de relancer ces deux dossiers, mais du même souffle, on précise qu'il n'y a aucune urgence. La bâtisse de Sainte-Ursule a été vendue en février au montant de 40 000 $. Selon les informations fournies par Desjardins, la vocation de la bâtisse sera résidentielle.

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