Lait diafiltré: l'industrie presse Ottawa d'agir

Le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel... (La Presse)

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Le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, et le ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis, ont plaidé pour une harmonisation des normes pour l'utilisation du lait diafiltré.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Exaspérés par «l'aveuglement volontaire» du gouvernement Trudeau entourant le recours grandissant au lait diafiltré, les producteurs québécois ont prévenu mardi que leur patience a «atteint ses limites».

Si Ottawa n'intervient pas, ils promettent d'augmenter rapidement la pression, notamment avec des manifestations comme celle ayant réuni lundi près de 400 producteurs à Granby.

«C'est dommage que l'on soit obligé d'en arriver là pour une question qui pourrait se régler simplement», a déploré le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, en conférence de presse à Montréal.

Celui-ci était accompagné du ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis, du président des Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, du président de la coopérative Agropur, Serge Riendeau, ainsi que du président des Producteurs laitiers du Canada, Wally Smith, qui représentent 59 transformateurs québécois.

Filtré à plusieurs reprises, le lait diafiltré est un produit hyper protéiné qui remplace de plus en plus le lait frais dans la fabrication de fromages et de yogourt.

Ultimement, le front commun souhaite que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) harmonisent leur définition du lait diafiltré.

S'il est actuellement considéré comme un produit laitier par l'ACIA, le lait diafiltré est classé comme un ingrédient par l'ASFC, ce qui l'exempte des tarifs douaniers imposés au lait, oeufs et volailles en provenance du Sud des États-Unis.

Cette incohérence, dénonce l'industrie, se traduit par une pression injuste sur les producteurs laitiers, qui voient leurs revenus fléchir considérablement.

«On peut parler de 8500 familles qui vivent de l'agriculture au Québec, a dit M. Groleau. Pour une famille moyenne, la perte est estimée à entre 15 000 $ et 18 000 $ par année. C'est entre 30 et 50 pour cent des revenus d'une entreprise.»

Les représentants de l'industrie chiffrent à 220 millions $ les pertes liées aux importations de lait diafiltré en 2015, alors que les importations ont été de 32 000 tonnes, comparativement à environ 21 000 tonnes l'année précédente.

Cela s'ajoute aux concessions accordées par le Canada dans les accords de libre-échange avec l'Union européenne ainsi que le Partenariat transpacifique.

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