Mises à pied dans l'éolien: Marmen évite les vents contraires

Patrick Pellerin... (Archives Le Nouvelliste)

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Patrick Pellerin

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les vents contraires ont beau souffler sur ses concurrents dans l'éolien en Gaspésie, l'entreprise Marmen, de Trois-Rivières, voit son usine de Matane résister avec un carnet de commandes jusqu'en septembre 2017.

«Dans l'éolien, quand tu as de l'ouvrage d'avance pour un an, tu es déjà content. On est donc super content d'avoir du travail jusqu'à l'automne 2017. Et on est déjà en train de regarder d'autres contrats», a confié au Nouvelliste le président Patrick Pellerin.

Récemment, Le Soleil rapportait que 100 emplois avaient été perdus dans des usines de composants d'éoliennes de la Gaspésie et la Matanie et que 200 autres étaient en péril.

D'abord, Fabrication Delta de New Richmond a mis à pied 60 travailleurs faute de nouveaux contrats. L'entreprise fabrique des tours d'éoliennes en acier pour le marché de l'Amérique du Nord.

Ensuite, à l'usine Enercon de Matane, un fabricant de tours de béton, 45 des 63 employés seront mis à pied entre la mi-mai et la mi-juillet. Et l'inquiétude serait aussi présente chez LM Wind Power, fabricant de pales de Gaspé qui emploie 200 personnes. Au-delà de septembre 2016, son carnet de commandes est vide. 

«Chaque jour qui passe agrandit la saignée», avait déclaré le maire de Matane, Jérôme Landry, dans un communiqué rédigé avec ses homologues de Gaspé et de New Richmond. Or, le premier magistrat avait avancé que les carnets de commandes de Marmen, fabricant de tours de Matane, seraient aussi vides à l'automne 2017.

«On est la seule usine qui va bien en Gaspésie. Ça ne nous inquiète pas du tout», a tenu à rétorquer M. Pellerin.

Dans le même article, l'industrie et les élus pressaient Québec d'agir pour maintenir les emplois, alors que le gouvernement tarde à dévoiler sa stratégie énergétique 2016-2025, attendue depuis décembre.

«Je ne dis pas que la situation est idéale, mais ce sont des annonces pour mettre des pressions politiques. Je ne peux pas croire que les gens qui ont émis cette nouvelle-là se soient réveillés la semaine passée pour dire que ça va vraiment mal. C'était prévisible depuis deux ans. C'était écrit dans le ciel qu'il y aurait trop de capacité manufacturière en Gaspésie», affirme le président de Marmen.

Celui-ci précise que «ce qui va se faire cette année, au Québec, et l'année prochaine, c'est le dernier gros bloc d'énergie éolienne 800 MW pour les années 2016, 2017 et 2018 annoncé par Jean Charest et confirmé par Pauline Marois alors que les contrats furent octroyés sous Philippe Couillard».

Si Marmen a eu la main heureuse en obtenant du boulot auprès de toutes les entreprises impliquées, son succès à Matane, où 180 personnes y travaillent, s'explique aussi par les liens avec les installations trifluviennes.

«Quand il y avait un creux dans le marché québécois, on a toujours été chanceux. À Trois-Rivières, on avait beaucoup de travail et on sous-traitait la partie supérieure de la tour qui pouvait se transporter de façon économique à partir de Matane. C'est ce qui fait que ça va bien», poursuit-il.

Selon lui, la politique énergétique ne pourra rien changer dans l'immédiat. «Nous autres, on sait qu'on a de l'ouvrage ferme jusqu'en 2017. On travaille pour d'autres choses. Oui, on a hâte de savoir ce que le gouvernement va faire. Mais on n'ira pas sur la place publique pour se plaindre alors que ce qui arrive était prévu depuis longtemps», a-t-il conclu.

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