Grève chez Delastek: lumière au bout du tunnel

Il y a un an, la cinquantaine d'employés... (Olivier Croteau)

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Il y a un an, la cinquantaine d'employés syndiqués chez Delastek déclenchait la grève.

Olivier Croteau

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le 1er avril 2015, la cinquantaine d'employés syndiqués chez Delastek déclenchait la grève. Au terme d'une année marquée par des échanges plutôt musclés entre les parties et une usine qui continue d'opérer grâce à la cinquantaine de travailleurs non syndiqués, un changement de ton marque les pourparlers actuels.

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Claude Lessard

François Gervais

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Alexandre Maranger

Stéphane Lessard

«J'ai l'impression que c'est en train de bien tourner. On essaie de négocier de façon différente et de trouver des pistes de solution. On a changé notre approche de négociation», a confié au Nouvelliste le président Claude Lessard. 

Celui-ci parle déjà de «mettre de l'eau dans son vin» une fois le conflit réglé. «Avec tout ce qui s'est passé depuis un an, ça fait partie de nos objectifs que d'avoir une meilleure communication avec tous les employés. C'est ce qui va falloir travailler ensemble», admet-il.

Car depuis le jour 1, l'employeur et le syndicat se sont livrés tantôt à une guerre de mots, tantôt à un affrontement juridique, s'accusant mutuellement de mauvaise foi. D'autres causes de briseurs de grève sont d'ailleurs pendantes devant le Tribunal administratif du travail. 

Or, le coeur du litige qui a mené à l'arrêt de travail, selon les dirigeants de la section locale 1209 d'Unifor, c'est justement que certaines tâches qui relèvent de l'accréditation syndicale soient effectuées par des non-syndiqués.

«Ça fait 30 ans que je fais les choses de la même façon. J'ai toujours développé pour, après ça, mettre en production. C'est le nerf de la guerre. Dix ans après avoir signé la dernière convention, il y a eu sept griefs pour essayer d'intégrer la recherche et développement et ils les ont toujours perdus. Et ils sont arrivés au moyen ultime de déclencher la grève pour me faire plier sur ce point-là», explique celui qui ne veut toujours pas élargir la portée de l'accréditation.

Alors qu'il reproche aux grévistes de vouloir syndiquer tous ceux qui ne le sont pas, M. Lessard soutient que la recherche et développement est non syndiquée chez plusieurs entreprises. «J'investis beaucoup dans la R&D», souligne-t-il tout en évoquant les secrets industriels et le personnel qualifié qui sont rattachés à ce genre de département.

Malgré les tensions des douze derniers mois, l'entrepreneur de Shawinigan se dit capable de vivre avec une compagnie partiellement syndiquée. «Je ne cherche pas à tirer le syndicat dehors», affirme le président.

De plus, un an après avoir menacé de déménager sa production, voilà qu'il tient des propos plus rassurants sur l'avenir de Delastek dans le secteur Grand-Mère et ce, même s'il a ouvert une division à Plattsburgh, dans l'État de New York.

«On est passé au travers de la dernière année. Les cadres sont en train de me prouver la possibilité de faire affaire au Québec, chose que j'avais perdu de vue depuis un an à cause du conflit. Si on forme une équipe, syndiqués et non syndiquée, on est capable d'y arriver et de rencontrer les objectifs de nos clients», assure-t-il.

Car si ses débuts en sol américain s'avèrent prometteurs pour la fabrication de pièces dans le transport en commun, M. Lessard n'a pas négligé pour autant le développement des affaires pour ses installations mauriciennes, ayant même participé à une mission économique en Chine.

«On est une petite entreprise, mais on veut agir comme les gros. En un an, Delastek a évolué comme ça se peut pas. Delastek a grandi. Ça m'a permis de réajuster mon tir pour optimiser et rencontrer les objectifs», se plaît-il à souligner, faisant allusion à l'achat d'équipements ainsi qu'à des changements de procédures. «On a minimisé les pertes et baissé les temps de production. Quand ils vont rentrer, il faut qu'il voit la réalité de Delastek aujourd'hui. Je veux produire au Québec et voici la façon qu'il faut produire. Et ça se fait parce qu'on le fait. J'ai réussi à livrer à mes clients. Il faut être polyvalent et augmenter le niveau de compétence», renchérit-il. 

Du côté syndical, on parle d'une négociation exploratoire avec l'implication du directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné. Une prochaine rencontre aura d'ailleurs lieu le 6 avril prochain.

«On laisse la chance au processus. On propose à l'employeur plusieurs solutions. La solidarité est au maximum comme au début du conflit. Les membres sont en arrière de nous. Ils veulent vraiment qu'on règle les problématiques. L'objectif n'a pas changé. Un an, c'est quand même long. Ça prendra le temps que ça prendra, on a des choses à régler, on va les régler, c'est sûr», a fait savoir le président de la section locale 1209, Alexandre Maranger.

Ce dernier ne cache pas que la dernière année n'aura pas été de tout repos. «C'est beaucoup de travail. Il n'y a pas d'heure et il y a plein de trucs à gérer. Mais j'ai une bonne équipe au niveau syndical, un vice-président, un trésorier, un archiviste. Ces gens là travaillent fort aussi. On sépare les tâches», conclut celui qui veut limiter ses commentaires, histoire de ne pas jeter de l'huile sur le feu.

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