Quand plane l'ombre d'un ex-ministre

Le passage d'Yves-François Blanchet comme ministre à Québec... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le passage d'Yves-François Blanchet comme ministre à Québec en fait un candidat souvent pressenti pour une kyrielle de postes à Shawinigan.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une nomination en apparence sans histoire est tombée en fin d'après-midi le 11 mars, au DigiHub Shawinigan, mais elle tuait dans l'oeuf une rumeur persistante qui circulait dans le milieu.

Yves Hébert est alors devenu conseiller en développement des affaires, sans doute grâce à un processus d'affichage auquel la station du numérique n'était pas contrainte.

Depuis le début février, le nom de l'ex-ministre péquiste Yves-François Blanchet circulait intensément comme nouveau conseiller stratégique au DigiHub.

Une situation quelque peu ironique puisque pas plus tard que l'automne dernier, le même homme hébergeait son projet numérique TAG.Média au même endroit, une entreprise qui n'a finalement pas duré quatre mois.

Or, lorsque cette rumeur est arrivée au conseil municipal, les élus auraient fortement suggéré que le poste soit affiché. Rien n'obligeait le DigiHub à se prêter à cette exigence. Il faut préciser que la conseillère Nancy Déziel, conjointe de M. Blanchet, n'aurait pas été impliquée dans ces discussions.

Le poste a finalement été affiché, notamment dans l'édition du 13 février du Nouvelliste. Les candidatures ont été analysées par le comité de sélection composé de Luc Arvisais (directeur de la division économique de la Ville), Serge Landry (président par intérim du DigiHub) et Philippe Nadeau (directeur général du DigiHub).

Le choix s'est finalement arrêté sur Yves Hébert, ancien vice-président et copropriétaire du Groupe Télénet Informatique, qui possède une longue feuille de route dans le monde des nouvelles technologies.

M. Blanchet confirme qu'il était vivement intéressé par ce poste. «J'ai appliqué, j'ai fait l'entrevue», explique-t-il. «J'ai entendu des affaires là-dedans; il y a bien des choses qui circulent. S'il fallait prêter foi à tout ce qu'on dit, ça ne finirait plus!»

Le maire, Michel Angers, souligne qu'Yves-François Blanchet constituait un «excellent candidat», mais qu'il n'était, d'aucune façon, destiné à hériter du poste sur un plateau d'argent.

«Si le DigiHub a décidé d'aller en appel de propositions, c'est sa décision, point à la ligne», commente-t-il.

«L'embauche de M. Hébert aurait pu se faire directement, comme Yves-François Blanchet aurait pu être embauché directement. Ç'a été la décision du conseil d'administration d'aller en appel de candidatures, mais il n'était pas obligé de le faire. Entre le processus de la Ville et celui des organisations, ce sont deux façons.»

«Quand on veut aller en appel de candidatures, c'est parce qu'ils souhaitent élargir le plus possible le cercle de candidats», ajoute M. Angers.

«Dans ce cas, ç'a été fort intéressant, car M. Hébert est une perle rare.»

«Le conseil municipal n'a pas à s'ingérer, d'aucune façon, dans ces processus. Je laisse aux organismes toute la liberté de faire leurs propres choix. Entre des discussions et des décisions, c'est deux choses.»

M. Angers considère qu'avec le bagage amassé dans le cercle du pouvoir, Yves-François Blanchet ne peut que représenter un atout pour l'organisation qui l'embauchera un jour.

«Ce n'est pas parce que c'est un ancien ministre, conjoint d'une conseillère municipale, qu'on doive faire les choses différemment», indique-t-il.

«Cet homme a le droit de gagner sa vie comme tout le monde. Il ne faut pas chercher des poux où il n'y en a pas. Il faut regarder la valeur de l'individu.»

«S'il y avait une opportunité, certainement qu'on pourrait regarder», ajoute le maire.

«Je le connais assez pour savoir que c'est quelqu'un d'envergure. Quand tu occupes un poste de ministre dans un gouvernement, règle générale, t'es pas un deux de pique! Il a l'âme d'un entrepreneur, alors c'est sûr que c'est intéressant. On ne créera pas de poste particulier pour ça, mais on regarde quelles sont les opportunités.»

Lendemains difficiles

Depuis sa défaite aux élections d'avril 2014, l'ombre d'Yves-François Blanchet plane au-dessus de plusieurs organisations qui possèdent un lien avec la Ville de Shawinigan.

À un certain moment, il devait être nommé à la Cité de l'énergie; une autre fois, il prenait la place de Louise Martin à la direction générale de Culture Shawinigan. 

Comme consultant, il a aussi travaillé à attirer Radio Shawinigan au DigiHub, un projet qui ne s'est finalement pas réalisé.

M. Blanchet avait alors décidé de créer son ambitieux TAG.Média. Il travaille actuellement sur quelques mandats avec sa boîte, Diffusion YFB, en plus de commenter l'actualité quatre jours par semaine sur les ondes de BLVD 102,1, à Québec.

«C'est correct que mon nom circule, mais je me tiens très loin de tout ce qui sent la controverse», glisse l'ex-ministre péquiste.

«Je vois bien qu'à chaque fois que mon nom apparaît à quelque part, ça fait toutes sortes de réactions. Je suis très prudent, mais quand je vois passer quelque chose d'intéressant, je pose ma candidature, comme n'importe qui.»

DigiHub: Michel Angers devient officiellement président

En plus de la nomination d'Yves Hébert, le DigiHub a confirmé, le 11 mars, celle de Michel Angers à titre de président du conseil d'administration.

Le maire de Shawinigan avait déjà annoncé le plan en janvier, au moment où la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, décidait de remettre sa démission en raison d'un horaire professionnel trop chargé.

M. Angers répète que 2016 constituera une année charnière pour le DigiHub. L'ajout d'un conseiller au développement des affaires à l'équipe, un contrat d'un an, constitue un autre signal en ce sens. Depuis l'automne dernier, le directeur général, Philippe Nadeau, envoyait des signaux pour réclamer de l'aide.

«On était rendu à cette étape», constate M. Angers. «On mise beaucoup sur le DigiHub. Les attentes sont très élevées; il faut que ça aille plus rapidement et on n'a pas beaucoup de temps à perdre.»

Le DigiHub a également annoncé la nomination de Dave Massicotte comme administrateur. Directeur du développement stratégique chez Moment Factory, il remplace Ozan Kocoglu, qui avait remis sa démission en août.

Le conseil d'administration est complété par Serge Landry (vice-président), Mario Lamontagne (secrétaire-trésorier), Serge Labelle, Loïc Claveau et Luc Arvisais (administrateurs).

Quatre observateurs peuvent également assister aux réunions. Il s'agit de Gaétan Béchard et Harold Ellefsen (Ville de Shawinigan), Simon Charlebois (SADC Centre-de-la-Mauricie) et Jean-François Léveillé (Collège Shawinigan).

Partager

À lire aussi

  • Blanchet rebondit au CEAD

    Actualités

    Blanchet rebondit au CEAD

    Coiffé au fil d'arrivée au DigiHub pour le poste de conseiller en développement des affaires, l'ex-ministre péquiste Yves-François Blanchet n'aura... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer