Budget: les maires restent sur leur faim

Michel Angers... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Michel Angers

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Les maires des principales villes de la région se disaient globalement déçus du budget du gouvernement libéral déposé jeudi.

Des États-Unis où il se trouve pour des vacances, le maire de Shawinigan a tout de même consacré la fin de son après-midi à l'étude du budget libéral. Michel Angers s'attendait à des réinvestissements dans les budgets des municipalités, après les coupes imposées par les deux derniers pactes fiscaux. «Je vois qu'il y a de l'argent sur la stratégie forestière, sur le Plan Nord et la stratégie maritime. Or nous, nous ne sommes ni dans le Plan Nord, ni dans la stratégie maritime», indique le maire de Shawinigan.

«Nous avons déjà payé le prix passablement comme municipalité. J'aurais aimé avoir un coup de baguette et voir une région comme la Mauricie, qui n'est pas dans les premières de classe pour le développement économique, pouvoir s'améliorer. Je n'en ai pas vu dans le budget. On comprend que le budget est très serré encore une fois avec toujours le même objectif du déficit zéro.»

À court terme, ce budget ne permettra pas à Shawinigan et à la région, précise son maire, d'aller de l'avant rapidement avec le développement de l'économie. «J'aurais souhaité que le gouvernement ait une stratégie pour la Mauricie qui est une région qui se cherche économiquement parlant et qui tente par tous les moyens de se démarquer, mais qui ne peut le faire en dehors des grandes stratégies nationales», avoue M. Angers. «Nous aurions besoin d'aides financières en ce qui concerne les reconversions économiques.»

Par ailleurs, «la grande déception du budget», estime M. Angers, est ce qui concerne le financement des infrastructures municipales. «Nous [les municipalités] avons 60 % des infrastructures du Québec. Et nous sommes en attente continuellement d'avoir des montants d'argent», dénonce le maire de Shawinigan.

Malgré tout, Michel Angers est heureux que le gouvernement investisse, même si les détails ne sont pas encore connus, pour une stratégie du numérique. «Ça peut risquer d'être intéressant pour une ville comme Shawinigan de pouvoir faire un pas de plus, car nous sommes bien avancés sur cette question», note-t-il. «On verra quels seront les moyens et les éléments qui vont permettre de nous démarquer.»

Normand Beaudoin... (Audrey Tremblay) - image 2.0

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Normand Beaudoin

Audrey Tremblay

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, était quant à lui très déçu des investissements annoncés en foresterie. Le budget 2016 accorde 230 millions $ sur cinq ans pour ce secteur industriel, mais la part du lion revient, affirme M. Beaudoin, à la construction des chemins forestiers à la hauteur de 25 millions $ par année. «Nous en avons déjà des chemins forestiers, mais ils ne servent presque pas. [...] Mais je n'ai pas vu dans le budget d'aide pour les activités d'exploitation des entreprises forestières. Pour un maire qui est dans l'industrie forestière, c'est assez tranquille comme budget», déplore le maire de La Tuque qui précise toutefois que les crédits d'impôts pour les entreprises exportatrices peuvent s'avérer bénéfiques. «C'est bon les crédits d'impôts, mais à condition qu'on fasse de l'argent.» 

L'industrie forestière est un rouage important de l'économie du Québec, soutient le maire de La Tuque. Il note que près de 60 000 personnes travaillent pour cette industrie. «J'ai rien contre l'aide qu'on accorde à l'industrie aéronautique, mais il y a aussi l'industrie forestière», soutient Normand Beaudoin en ajoutant que le budget ne prévoit rien pour les nouveaux produits de la forêt, comme le projet à La Tuque de bioraffinerie à partir de la biomasse forestière. 

Selon Radio-Canada Mauricie-Centre-du-Québec, le budget libéral prévoit également des investissements de 50 millions $ pour la réfection de la dalle du pont Laviolette.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste) - image 3.0

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Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

Du côté de Bécancour, le maire Jean-Guy Dubois affirme que les demandes du monde municipal ont été respectées en ce qui a trait au plan d'infrastructures de même qu'en ce qui concerne la route verte. Les investissements dans le Plan Nord peuvent être bénéfiques pour l'économie de Bécancour. 

En terminant, Bécancour et Trois-Rivières font de plus partie des seize zones industrialo-portuaires identifiées par les libéraux, pour lesquelles une enveloppe de 300 millions $ a été confirmée. 

«Si ça peut aider le développement des municipalités, je trouve ça très bien», précise le maire de Bécancour.

Malgré plusieurs tentatives, il a été impossible jeudi de discuter du budget québécois avec le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

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