Budget: les groupes communautaires se disent ignorés

Sylvie Tardif... (Le Nouvelliste)

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Sylvie Tardif

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(Trois-Rivières) Malgré de très nombreuses manifestations ces derniers mois afin de dénoncer les coupes dans le financement des organismes communautaires, ceux-ci n'ont de toute évidence pas été entendus par le gouvernement libéral.

«Je suis extrêmement déçu», lance d'emblée Renaud Beaudry, coordonnateur de la Table régionale des organismes communautaires du Centre-du-Québec et de la Mauricie (TROC-CQM).

«Nous nous sommes battus dans la dernière année pour convaincre le ministère de la Santé et des Services sociaux de l'importance du travail des groupes communautaires, de leurs difficultés à répondre aux besoins et que ces besoins ont augmenté.»

Maintenant que le budget libéral est déposé, les organismes communautaires de la TROC-CQM devront se prononcer quant à la suite des choses. Il n'est toutefois pas exclu que des moyens de pression soient à nouveau mis de l'avant.

Partout au Québec, les groupes communautaires dénoncent «une diminution de l'importance» que le ministère de la Santé et des Services sociaux accorde au financement des organismes qui oeuvrent dans ce secteur. Les subventions à ces 3000 organismes représentent 1,59 % du budget total en santé et en services sociaux.

«Le gouvernement peut bien nous dire qu'il reconnaît la valeur de notre travail, les choix budgétaires qu'il fait nous indiquent le contraire. Les groupes seront encore dans la précarité; le tiers des groupes ne disposeront toujours pas d'une subvention permettant de louer un local et d'embaucher ne serait-ce qu'une personne», soutient Hugo Valiquette de la Coalition des tables régionales d'organismes communautaires.

Dans le même ordre d'idées, Renaud Beaudry de la TROC-CQM ne comprend pas que les groupes communautaires, qui sont en première ligne de la sensibilisation notamment en santé publique, ne reçoivent pas le soutien financier dont ils ont besoin. «Nous comprenons que les médecins sont très importants pour le gouvernement, mais pas les groupes communautaires», précise M. Beaudry.

Sylvie Tardif, coordonnatrice de COMSEP, abonde dans le même sens. Elle rappelle que les coupes budgétaires des dernières années, dans l'optique d'atteindre l'équilibre budgétaire, ont eu des «impacts catastrophiques pour COMSEP et les personnes en situation de pauvreté».

«Il y aura un impact social négatif que le gouvernement devra rattraper un jour ou l'autre. Le premier ministre avait pourtant assuré que les personnes plus démunies ne seraient pas touchées par ses mesures de rigueur budgétaire», estime-t-elle.

Par ailleurs, Sylvie Tardif dénonce qu'aucune mesure concernant les budgets des organismes d'alphabétisation populaire n'est incluse dans le budget libéral. «Nous n'avons eu aucune augmentation depuis 2008», déplore la coordonnatrice de COMSEP.

Toutefois, l'augmentation du crédit d'impôt pour les dons aux organismes de bienfaisance est vue positivement, malgré certaines réserves. «Mais ça donne l'orientation du gouvernement qui désire que les groupes communautaires s'autofinancent encore plus», note Sylvie Tardif.

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