Vente annoncée à Gentilly-2

Les choses bougent autour de la centrale nucléaire... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les choses bougent autour de la centrale nucléaire Gentilly-2 avec la mise en vente de l'usine d'eau déminéralisée.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après la vente à rabais d'équipements neufs destinés à la centrale nucléaire qui lui avait valu des reproches de la part de la vérificatrice générale, Hydro-Québec joue la carte de la transparence en annonçant son intention de se départir de l'usine d'eau déminéralisée, et ce, en procédant par appel de propositions.

Le directeur production Des Cascades Mauricie et Centre-du-Québec... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le directeur production Des Cascades Mauricie et Centre-du-Québec pour Hydro-Québec, Jacques Chauvette, en entrevue exclusive au Nouvelliste

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Selon le directeur production Des Cascades Mauricie et Centre-du-Québec, Jacques Chauvette, cette installation devait répondre aux besoins de Gentilly-2 et de la centrale TAG pour les 30 prochaines années.

«Mais cet actif est sous-utilisé, soit à moins de cinq pour cent de sa capacité de production qui est de 315 millions de litres par année», a-t-il confié jeudi en entrevue exclusive au Nouvelliste tout en soulignant qu'on en est au tout début de la démarche de valorisation de cet actif.

L'eau déminéralisée est de l'eau ordinaire dont les minéraux ont été retirés. Elle permet un meilleur contrôle des paramètres chimiques des systèmes et équipements desservis. À Gentilly-2, on utilise, entre autres, l'eau déminéralisée dans la piscine de stockage du combustible irradié. Lorsque la centrale était en exploitation, elle était utilisée dans le circuit secondaire de refroidissement (qui circule des générateurs de vapeur vers la turbine et retourne ensuite aux générateurs de vapeur). À la centrale de Bécancour, cette eau est utilisée dans différents procédés industriels.

«Cette usine est située dans le périmètre non sécurisé du site de Gentilly-2. La transaction viserait à maintenir l'installation sur le site et à négocier avec l'acquéreur un volume d'eau nécessaire au bon fonctionnement des deux installations, qui correspond à nos petits besoins d'aujourd'hui, soit quatre millions de litres», précise M. Chauvette.

Par conséquent, la société d'État souhaite qu'un joueur spécialisé puisse donner une seconde vie à cette usine qui pourrait servir, par exemple, dans le domaine médical, pharmaceutique ou industriel. D'où cette première étape visant à confier à un expert agréé indépendant, comme Deloitte ou PricewaterhouseCoopers, la responsabilité de déterminer la juste valeur de cette infrastructure.

La seconde phase sera celle de la caractérisation et de l'analyse des sols autour du bâtiment par des organismes indépendants avant d'en arriver à une troisième, soit l'obtention de l'autorisation du processus de vente par les autorités compétentes, soit la Commission canadienne de sûreté nucléaire et le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

«C'est la nouvelle orientation de notre président-directeur général que d'être plus ouvert», a admis le directeur régional d'Hydro-Québec. Et tant l'implication d'un tiers agréé que l'appel de propositions «pour solliciter très largement tous les joueurs» sont en lien avec les recommandations de la vérificatrice générale, tient-il à indiquer.

Celui-ci s'empresse d'ajouter que la vente de l'usine d'eau déminéralisée, dont on vient d'enclencher le processus, «n'entraînera aucune perte d'emploi chez Hydro-Québec».

Depuis le 1er janvier 2015, une organisation permanente composée d'environ 60-80 employés, qui travaillaient déjà à Gentilly-2, assure la relève pour les prochaines années.

Pour la prochaine période de 2015 à 2020, le personnel va assurer le suivi de différentes activités telles que la maintenance d'équipements et d'appareils car il y a encore 30 % des systèmes en opération pour supporter les activités à faire.

Depuis octobre 2012, la société d'État dit appuyer les employés dans leurs efforts de recherches d'emplois et de relocalisation et met à leur disposition une panoplie d'outils et services.

«87 % des employés se sont relocalisés, ont pris leur retraite ou ont trouvé un travail auprès d'un autre employeur. Près de la moitié s'est relocalisée dans l'entreprise et la moitié de ces gens-là se sont relocalisés dans la région. Il reste 77 employés au total à relocaliser sur les 600 employés en poste lors de l'annonce de la fermeture en septembre 2012. Et sur les 154 ingénieurs lors de la fermeture, il en reste 68 à relocaliser», a précisé en conclusion la conseillère, Relations avec le milieu, pour Hydro-Québec en Mauricie-Centre-du-Québec, Véronique Trépanier.

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