La dure jungle de l'alimentation

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Officiellement inauguré en octobre, le Marché public de Shawinigan répond aux attentes jusqu'à maintenant. Reste à savoir si la fermeture du Fin quartier lui procurera un achalandage supplémentaire.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À pareille date pas plus tard que l'an dernier, les Shawiniganais observaient l'évolution de deux projets ambitieux qui allaient révolutionner l'offre pour les amateurs de bonne chère.

Or, alors que le Fin quartier n'aura même pas eu le temps de célébrer son premier anniversaire avant de mettre la clé sous la porte, la nouvelle version du Marché public de Shawinigan s'en tire mieux grâce à ses habitués et à l'engouement provoqué par sa transformation.

C'est du moins ce que croit Justine Prud'homme, directrice générale de cette coopérative, qui insiste toutefois sur l'ampleur du défi dans ce milieu extrêmement compétitif.

À Shawinigan, la population peut compter sur des épiciers à grande surface qui offrent une belle variété de produits, de même que des services spécialisés en alimentation tels que la Boucherie Nobert, la pâtisserie le Palais ou la boulangerie Tous les jours dimanche qui attirent leur lot de fidèles.

«Le domaine alimentaire est un domaine bien à lui», raconte la femme d'affaires, propriétaire de l'entreprise Chef Justine.

«Ça ne se gère pas comme un autre domaine. C'est plus fragile: il y a beaucoup de compétition, on a besoin d'une main-d'oeuvre qualifiée sans avoir de très gros salaires à offrir. La main-d'oeuvre bouge donc beaucoup.»

«Il faut être proche du produit, parce qu'on travaille avec des éléments périssables et ça ne se gère pas de la même façon. Le domaine alimentaire, c'est particulier, c'est plus risqué.»

Avec cette analyse en tête et son expérience dans le milieu, Mme Prud'homme trouvait que la construction du Fin quartier dans le secteur Shawinigan-Sud constituait tout un pari.

«Je trouvais ça ambitieux», convient celle qui ne rate toutefois pas l'occasion de souligner l'audace de Nathalie Milette.

«Connaissant les demandes des clients et des commerçants, je trouvais qu'il y avait beaucoup de pieds carrés à couvrir. Ça prend aussi des produits que les gens iront chercher à toutes les semaines, même tous les jours pour avoir un bon chiffre d'affaires.»

«Je lui souhaitais sincèrement que ça fonctionne, mais je ne suis pas étonnée (de la fermeture). Je suis étonnée que ça ait duré si peu longtemps.»

De bonnes affaires

La cure de Jouvence que s'est imposée le Marché public a été très bien accueillie. Mme Prud'homme explique que l'achalandage hebdomadaire est passé de 1500 passages à 7000 l'automne dernier, grâce notamment à l'effet de nouveauté et aux heures d'ouverture bonifiées.

La responsable est également enchantée de la réponse du public pendant les dimanches musicaux et les divers cours offerts.

«On est super satisfaits!», assure-t-elle, bien qu'elle reconnaisse que cet engouement se soit tempéré depuis le début de l'année, une situation normale dans le commerce de détail.

Elle estime qu'actuellement, entre 4000 et 5000 personnes visitent le Marché public de Shawinigan du mercredi au dimanche.

«La clientèle est là, les gens sont contents», poursuit-elle. «Les commerçants qui sont là depuis longtemps ont vu une nette amélioration. Pour ceux qui commencent, certains ont des démarrages fulgurants et pour d'autres, c'est plus lent. Ça dépend du commerce et de l'énergie qu'on y met.»

La fermeture du Fin quartier incitera-t-elle les consommateurs à se tourner davantage vers le Marché public de Shawinigan? Difficile à dire pour le moment, réfléchit Mme Prud'homme.

«Les gens comparaient beaucoup les deux», convient-elle. «Pour le moment, je ne peux pas dire si ça aura un impact sur notre achalandage. On va continuer à tout mettre de l'avant pour qu'on se positionne pour devenir le plus beau et le plus prospère marché au Québec!»

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