Financement d'une automobile: pour un choix avisé

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Gary Frost

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur.

Le Nouvelliste

Alors que nous abordions la semaine dernière dans cette chronique le sujet de la variété et de la complexité relative des produits de financement disponibles sur le marché pour s'installer au volant d'une nouvelle automobile, l'Agence de consommation en matière financière du Canada (ACFC), publiait dans les jours suivants les résultats d'une étude jetant un regard éclairant sur les tendances actuelles en la matière.

Premier constat, les consommateurs optent de plus en plus pour des termes de remboursement de longue durée (plus de 5 ans - 60 mois).

En effet, l'étude révèle qu'en 2015, 60 % des contrats de financement d'une automobile neuve comportaient des termes de remboursement de plus de 6 ans, un phénomène qui augmente les frais de crédit.

Cet intérêt envers les prêts de longue durée pose l'hypothèse voulant que l'attention des consommateurs se porte davantage sur les mensualités que sur le coût total de la transaction.

Comme le souligne l'étude de l'ACFC, le montant moyen des mensualités croît lentement alors que le coût total de la transaction, comprenant notamment les frais de crédit, a cru beaucoup plus rapidement entre 2010 et 2015.

Financement long terme - renouvellement court terme

Aux yeux de l'ACFC, un autre élément mis en lumière par l'étude est susceptible d'affecter négativement les finances personnelles d'une proportion significative de consommateurs. Si la tendance pointe clairement dans la direction des financements de longue durée, soit 6, 7 ou même 8 ans, il semble bien que les consommateurs n'aient pas nécessairement ajusté en conséquence la période où ils conservent leur automobile. 

Selon l'analyse de l'ACFC, une part importante des consommateurs favorisent encore le remplacement de leur automobile après un peu moins de 4 ans d'usage en moyenne. 

Résultat: environ 30 % des consommateurs traînent un solde impayé sur le prêt de l'automobile qu'ils remplacent et ce solde - l'écart entre la valeur du véhicule au moment de l'échange et le montant qu'il reste à payer en vertu du contrat de financement - est ajouté au montant à financer pour l'acquisition de la nouvelle automobile. 

Ces écarts, que l'agence désigne par le vocable de capital négatif, sont en moyenne de l'ordre de 6 700 $ et représentent selon elle un risque accru, tant pour les consommateurs que pour les prêteurs.

Conséquences en cas de défaut de paiement

Dans le domaine de l'automobile, le type de financement qui a souvent cours est un contrat dit de vente à tempérament qui est en fait un contrat mixte de vente et de financement qui comporte une clause selon laquelle le créancier demeure légalement propriétaire de l'automobile jusqu'au paiement final des sommes dues par le consommateur.

Et contrairement à la croyance populaire voulant qu'en cas de revers de fortune, le consommateur qui n'est plus en mesure de rembourser le prêt n'ait qu'à remettre ses clés au concessionnaire pour se libérer de ses obligations, il importe de préciser qu'il n'en est rien. 

La Loi sur la protection du consommateur (LPC) renferme des dispositions qui déterminent les solutions qui s'offrent au prêteur lorsque le consommateur n'est plus en mesure d'honorer ses obligations. En général dans ce genre de situation, le créancier a le choix parmi trois solutions:

A. Exiger le paiement immédiat des versements en retard;

B. Exiger le paiement immédiat du solde de la dette;

C. Reprendre possession de l'automobile

Il importe de souligner que bien que la solution C - qui libère le consommateur de ses obligations - pourrait être souhaitée par le consommateur aux prises avec des difficultés financières - le choix revient à l'institution prêteuse et non au consommateur.

Dans les situations où le consommateur traîne un important capital négatif, l'intérêt du créancier à reprendre possession de l'automobile - action qui entraînerait l'extinction des obligations du consommateur - n'est pas acquis, loin de là. 

En conclusion, tout comme c'est le cas pour le domaine des placements financiers, l'adage voulant que «le temps c'est de l'argent» se transpose naturellement dans l'univers du crédit à la consommation. 

Mais comme dans ce dernier cas, il est question de l'argent qui sort des poches des consommateurs, ceux-ci ont tout intérêt à bien s'informer et à évaluer les solutions à tête reposée alors que la haute saison des ventes d'automobiles neuves se pointe le bout de la calandre. 

Financement d'une automobile neuve - tendances du marché

Terme moyen de remboursement

74 mois (65 mois en 2010)

Mensualité moyenne

+3,8 % (2010 - 2015)

Coût total moyen des transactions (capital et frais de crédit)

+ 14% (2010 - 2015)

Source: Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) - Mars 2016

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