Zones industrialo-portuaires: des millions $ sur les deux rives

Les pdg des ports de Trois-Rivières et Bécancour,... (Sylvain Mayer)

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Les pdg des ports de Trois-Rivières et Bécancour, Gaétan Boivin et Maurice Richard, ont partagé la tribune lors du déjeuner mensuel des MMCQ.

Sylvain Mayer

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si leur rare conférence conjointe était prévue depuis un certain temps devant les Manufacturiers Mauricie Centre-du-Québec (MMCQ), les dirigeants des ports de Trois-Rivières et Bécancour n'auraient pu choisir meilleur moment pour partager la scène, au lendemain de l'annonce ministérielle de 300 millions de dollars pour les zones industrialo-portuaires (ZIP) dont ils ont fait partie.

Et en l'espace d'un petit déjeuner, les manufacturiers de la région ont pu apprendre que des millions de dollars de projets se brassent actuellement sur les deux rives. D'ailleurs, pas plus tard que vendredi, le président-directeur général de l'Administration portuaire trifluvienne, Gaétan Boivin, en déposait déjà deux en lien avec le programme des ZIP, pour des investissements de l'ordre de 20 à 25 millions de dollars.

«On veut s'assurer que c'est sur le dessus de la pile. On est déjà dans la phase 2030», a-t-il confié, faisant référence à l'avancement du plan stratégique Cap sur 2020.

Or, son homologue à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, n'est pas en reste en matière de projets.

À elle seule, l'expansion du port pourrait se traduire par des investissements se situant entre 200 et 250 millions de dollars. Et si le besoin de quais dédiés pointe à l'horizon, c'est en raison des 15 dossiers actuellement sur la table qui pourraient entraîner la création de 1000 emplois, entre autres, dans les domaines de la métallurgie et de la chimie. Et cela ne comprend pas les grands projets actifs qui sont dans «le réfrigérateur», avec leurs 800 emplois potentiels.

À ce sujet, le co-conférencier du jour a fait savoir que les dossiers du parc industriel avaient un cheminement de trois à sept ans et qu'ils étaient tributaires des marchés.

Pourtant, dit-il, des projets tels qu'IFFCO et Stolt LNGaz sont prêts à aller de l'avant, sauf que dans le premier cas, le prix de l'urée n'a jamais été aussi bas, et dans le second, le prix du pétrole n'incite pas à se tourner vers le gaz naturel liquéfié.

Selon lui, la mise en veilleuse de ces projets est donc des plus compréhensibles.

«Si nous étions tous des partenaires financiers, on aurait la même décision», a-t-il plaidé tout en évoquant le défi qui attend maintenant les décideurs de pouvoir flairer «la moindre relance».

Par ailleurs, deux autres grands projets industriels semblent évoluer positivement. D'abord, au cours des prochaines semaines, on devrait savoir ce qui adviendra du projet d'usine de transformation du fer par la Société internationale métallique (SIM), évalué à plus d'un milliard de dollars.

En 2017, le promoteur souhaite débuter la construction d'une usine de production de fer préréduit briqueté à chaud pour une mise en service deux ans plus tard. Une centaine d'emplois «spécialisés et bien rémunérés» seraient ainsi créés pour l'exploitation et l'administration des installations, sans compter les retombées indirectes estimées à 400 emplois dans le milieu.

Ensuite, M. Richard a abordé le projet d'un complexe de terres rares qui représenterait un investissement de 800 millions de dollars à Bécancour et la création de près de 400 emplois d'ici 2019.

Comprenant également la construction et l'exploitation d'une mine à ciel ouvert à 235 kilomètres au nord-est de Schefferville, le projet est évalué dans son ensemble à 1,63 milliard de dollars. «Le dossier de Minéraux rares Quest n'est pas mort. Ils ont investi 12 millions de dollars en recherche universitaire pour des méthodes d'exploitation des terres rares. On veut faire ça correctement», a-t-il fait savoir.

Par rapport à l'enveloppe de 300 millions pour les ZIP, il caresse l'idée d'une gare de triage pour le chemin de fer.

«Nous cadrons directement dans le programme. Et c'est tant pour les opérations portuaires que pour l'entreprise privée», précise M. Richard.

Dans son allocution, il a révélé que le port était occupé au tiers de sa capacité, mais que ce taux pourrait grimper à 45 % «avec tous les projets sur la table». «On est là pour servir les clients qui sont chez nous et recevoir les investisseurs. On en reçoit à toutes les semaines et neuf fois sur dix, par Investissement Québec», se plaît-il à indiquer.

Son co-conférencier de la rive nord a pris la peine d'affirmer que les deux ports de la région n'étaient pas en concurrence, mais en complémentarité.

«Le port de Bécancour est là pour alimenter le parc industriel tandis qu'à Trois-Rivières, on est un port de transit le plus rapidement possible vers les destinations mondiales», a expliqué Gaétan Boivin.

Dressant la liste des différents travaux en cours, ce dernier n'est pas en mesure de dire si le sort du hangar numéro un sera réglé en 2016. «On gère comme une entreprise privée. On est un port urbain dans une ville portuaire et nous avons des opportunités de croissance», a-t-il conclu.

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