Québec investit 300 M$ pour les zones industrialo-portuaires

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Le port de Trois-Rivières

Olivier Croteau

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Accompagné de ses collègues Dominique Anglade et Lise Thériault, le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D'Amour, a confirmé jeudi un investissement de 300 millions de dollars pour l'implantation de zones industrialo-portuaires (ZIP), l'un des axes d'intervention de la Stratégie maritime du Québec. Et tant Bécancour que Trois-Rivières ont été retenues pour devenir l'une de ces zones.

«La région de Bécancour-Trois-Rivières, c'est un centre maritime important au Québec. Pour moi, ça allait de soi. Quand j'ai commencé à regarder la carte du Québec pour identifier ce que serait nos ZIP, Bécancour et Trois-Rivières me sont apparues comme étant des incontournables et parmi les premières. Donc, on les a reconnues. Elles figurent aux premières loges. Ce sont des zones pour lesquelles il y a déjà des promoteurs qui s'intéressent. On est en lien avec eux», a expliqué au Nouvelliste le ministre D'Amour.

Au port de Trois-Rivières, on parle d'un exercice de mobilisation «très intéressant». «Le programme fait notre affaire. On souhaitait ce type d'aide, on a déjà quelques projets sur notre plan de travail qu'on va déposer, dont deux cette semaine, des choses qui nous intéressent. Il faut se positionner rapidement, que nos projets sortent rapidement et soient priorisés», a commenté le président-directeur général de l'Administration portuaire de Trois-Rivières, Gaétan Boivin.

Son homologue du côté de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, accueille aussi favorablement cette reconnaissance qui, selon lui, se veut des plus naturelles alors que le territoire visé part du parc industriel jusqu'au site LaPrade, en passant par Gentilly-2.

«On est comme le modèle type qui a été utilisé. C'est une bonne nouvelle de cheminement. On dégage une nouvelle enveloppe de 300 millions de dollars dans laquelle nous allons éventuellement présenter nos projets. C'est une étape. C'est positif. Le but, c'est de faire un genre de symbiose entre trois niveaux: le transport routier, ferroviaire et fluvial», a-t-il confié tout en précisant que les projets pourront émaner du parc lui-même et des entreprises.

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Le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D'Amour a confirmé jeudi des investissements majeurs pour l'implantation des zones industrialo-portuaires. Il était accompagné de Lise Thériault et Dominique Anglade.

Le Soleil

«Le gouvernement entend appuyer le développement de zones industrielles à proximité de services portuaires et d'infrastructures routières et ferroviaires. Cette proximité représente un avantage comparatif considérable pour les entreprises qui s'installent dans ces zones, parce qu'elle leur donne un accès facilité à leurs intrants et accélère le transit de leurs marchandises vers les marchés nord-américains et internationaux», a renchéri le ministre D'Amour.

Le plan d'action 2015-2020 de la Stratégie maritime du Québec dispose d'une enveloppe de 300 millions de dollars, issue du Fonds du développement économique dans le cadre du programme ESSOR, pour soutenir des projets d'investissements privés dans les zones industrialo-portuaires. Une somme de 200 millions de dollars est également prévue par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports pour soutenir les projets d'infrastructures portuaires et intermodales consacrés au transport des marchandises. 

«Globalement, l'instauration de ce type de zones vise l'optimisation de l'utilisation des infrastructures portuaires et industrielles existantes. Celle-ci permettra notamment l'attraction d'investissements au Québec ainsi que l'accroissement de nos exportations grâce à une meilleure intégration des entreprises manufacturières aux chaînes d'approvisionnement mondiales», a mentionné la ministre Anglade. 

Actuellement, le gouvernement du Québec finalise la signature d'ententes de collaboration visant à former des comités locaux qui regrouperont les administrations municipales et portuaires de même que les ministères et les principaux acteurs régionaux concernés, afin de développer 16 zones industrialo-portuaires. 

Les comités auront notamment pour mandats de délimiter la zone industrialo-portuaire et de préparer un plan de développement comprenant, entre autres, la définition des marchés potentiels et des occasions d'attraction d'investissements, le tout en conformité avec les principes de développement durable. D'ici juin 2016, toutes les ententes auront été signées. 

«Le développement des zones industrialo-portuaires est une nouvelle approche qui vise plus particulièrement le secteur manufacturier. Cette approche est basée sur une concertation des acteurs régionaux quant au développement de leur territoire. Ces zones favoriseront l'utilisation du transport fluvial, permettant ainsi aux entreprises québécoises d'avoir une offre diversifiée de services logistiques et de transports encore plus concurrentielle et durable», a ajouté la ministre Thériault.

Finalement, son collègue aux Affaires maritimes n'entend pas privilégier des enveloppes régionalisées, mais plutôt une approche du genre premier arrivé, premier servi. «Je veux des résultats le plus rapidement possible», a affirmé M. D'Amour.

Notons que la Fédération des chambres de commerce du Québec a salué un pareil investissement. «Plusieurs de nos entreprises du secteur maritime ont la capacité et la volonté d'investir dans les régions du territoire maritime. Pour ce faire, elles doivent compter sur des installations portuaires modernes et sur des voies d'accès aux ports qui sont efficaces. L'investissement annoncé s'inscrit dans cette optique et pave la voie à de nouveaux investissements du secteur privé», a fait savoir la présidente-directrice générale, François Bertrand.

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Donald Martel

François Gervais

Une annonce recyclée sans geste concret, dit Donald Martel

Selon le porte-parole de la CAQ en matière de développement économique régional et de stratégie maritime, Donald Martel, le ministre Jean D'Amour a la mémoire courte.

«L'annonce qu'il a faite en grande pompe d'un investissement de 300 millions $ pour le développement de zones industrialo-portuaires avait déjà été faite lors du dernier budget. Pire encore, en un an, cette enveloppe budgétaire n'a permis à aucun projet de voir le jour», soutient-il.

Selon lui, le ministre D'Amour est au diapason de son premier ministre et n'obtient aucun résultat en termes de projets concrets et de création d'emplois. «En termes de résultats, la stratégie maritime de Philippe Couillard, c'est zéro», lance le député de Nicolet-Bécancour.

À son avis, le ministre D'Amour ne fait que répéter de belles annonces devant les caméras, mais sans livrer la marchandise. «Tout ce que le gouvernement a fait de nouveau depuis huit mois, c'est de placer 16 points sur la carte du Québec pour identifier où seront créées les zones industrialo-portuaires. Nous n'avons pas besoin d'un cours de géographie, nous avons besoin d'une relance de l'économie, renchérit M. Martel, tout en reconnaissant qu'un succès de la stratégie maritime est souhaitable.

En plus de l'absence de projets ayant vu le jour grâce au programme de 300 millions $, les documents que la CAQ a obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information ont permis de constater ceci: tant le ministère de l'Économie que le ministère des Relations internationales admettent qu'aucune action concrète n'a été posée pour faire la promotion de ces zones à l'international et la prospection d'investissements.

«Il est inacceptable qu'aucun projet n'ait vu le jour huit mois après le lancement de la stratégie maritime. Nous ne sommes pas contre l'implantation de telles zones, mais nous constatons que les résultats ne sont tout simplement pas au rendez-vous. Je vous rappelle que Jean D'Amour est là depuis deux ans. Au départ, j'étais bien prêt à lui donner une chance, mais à un moment donné, il va falloir qu'il soit imputable de son bilan très décevant jusqu'à maintenant», ajoute Donald Martel.

Informé des critiques, le ministre D'Amour rappelle à son opposant que 41 projets ont déjà été annoncés dans le domaine maritime, pour des investissements provinciaux de 95 millions de dollars qui vont générer des retombées de près de 700 millions de dollars.

«Malheureusement, on ne peut pas compter sur lui pour avoir des propos constructifs. Et à sa place, je me réjouirais parce que dans son propre comté, il y a une zone industrialo-portuaire qui est reconnue», a conclu le ministre délégué aux Affaires maritimes.

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