Télé: consommateurs, à vos calculatrices!

À compter du 1er mars, Bell, Vidéotron, Telus, Roger, Shaw et compagnie doivent... (123RF/Alexandr Chubarov)

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(Québec) À compter du 1er mars, Bell, Vidéotron, Telus, Roger, Shaw et compagnie doivent offrir un service de base qui ne coûtera pas plus de 25 $ par mois aux téléspectateurs canadiens.

C'est un ordre du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui entend, depuis des années, les récriminations des consommateurs qui se plaignent que les forfaits de base qu'offrent les entreprises de distribution par câble et par satellite comptent trop de canaux et sont devenus trop chers.

Nombreux sont ceux qui dénoncent le manque de flexibilité du choix des canaux offert par les services de télédistribution. Et, surtout, personne n'aime payer pour des canaux qu'ils ne regardent jamais.

C'est pour «maximiser le choix et l'abordabilité au sein du marché des services de télévision» que le CRTC a décidé de mettre au pas les entreprises de distribution par câble et par satellite.

Donc, depuis mardi matin, Bell offre un forfait de départ de 24,95 $ par mois comprenant une trentaine de chaînes de base, dont Radio Canda, TVA, V, Télé Québec, CBC, CTV et Global.

Les offres de Vidéotron (25 $) et de Telus (24,95 $) se comparent à celles de Bell.

Au forfait mensuel de base, il faut ajouter les frais d'installation qui varient de 49,95 $ à 59,95 $.

Et le coût mensuel du décodeur. Il est de 6,99 $ chez Vidéotron. De 7 $ chez Telus. De 15 $ chez Bell.

S'ils le désirent, les Canadiens peuvent bonifier leur service de télévision d'entrée de gamme en s'abonnant à des canaux individuels qui sont offerts à la carte ou encore à l'intérieur de petits forfaits allant jusqu'à 10 canaux.

Toutefois, à compter du 1er décembre 2016, les canaux seront offerts à la fois sur une base individuelle et dans des forfaits allant jusqu'à 10 canaux.  Ça ne sera plus l'un ou l'autre, mais l'un et l'autre. Au choix du consommateur.

Magasiner et comparer

À savoir si les nouveaux forfaits télé à 25 $ sont une bonne affaire pour les téléspectateurs, Sophy Lambert-Racine hésite un brin avant de répondre.

«Oui, si le service de base est suffisant pour vous», affirme l'analyste des politiques et de la réglementation en matière de télécommunication à l'Union des consommateurs.

«Ça risque de coûter cher, par contre, si le citoyen commence à ajouter des canaux qui ne sont pas compris dans son nouveau forfait de base. J'ai vu qu'un fournisseur demande même jusqu'à 10 $ par mois pour s'abonner à une chaîne d'émissions sportives. Avouons que c'est élevé.»

Sophy Lambert-Racine suggère donc aux consommateurs de dresser la liste de leurs besoins en matière télévisuelle, de magasiner d'un fournisseur à l'autre et de sortir leur calculatrice pour comparer les coûts des uns et des autres.

Peut-être sera-t-il plus avantageux de conserver les services actuels si ceux-ci satisfont toujours aux besoins et au budget du téléspectateur.

Par ailleurs, Mme Lambert-Racine s'étonne des coûts élevés imposés par les câblodistributeurs pour la location des décodeurs. Jusqu'à 15 $ par mois dans le cas de Bell.

«C'est évident. Les compagnies se rattrapent dans la marge de manoeuvre laissée par le CRTC.»

En effet, l'organisme n'inclut pas le coût des équipements dans l'établissement de celui du service de télévision d'entrée de gamme.

Forfaits à rabais pour contrer Netflix

Ils sont de plus en plus nombreux à tourner le dos à la télévision conventionnelle pour adopter Netflix ou s'abreuver du riche et diversifié contenu offert par Internet.

«C'est évident que nous aimons mieux conserver un client en lui offrant un bouquet de canaux plus restreint que de ne plus l'avoir du tout», indique Maryna Carré, responsable du marketing et des communications à la Coopérative de câblodistribution de l'arrière-pays.

Heureusement, la CCAP a gagné plus de clients qu'elle en a perdu au cours des dernières années en raison, notamment, de l'explosion démographique survenue à Sainte-Brigitte-de-Laval et à Stoneham-et-Tewkesbury, deux des six municipalités pour lesquelles elle distribue des services de télécommunication et de câblodistribution.

«Par contre, nous ne pouvons faire abstraction des changements d'habitude des consommateurs», signale Maryna Carré.

La décision du CRTC de forcer les câblodistributeurs à offrir des forfaits de base à 25 $ par mois à leurs clients ne touche pas la coopérative qui achète les signaux de Vidéotron pour les distribuer dans la cour arrière montagneuse de Québec. En effet, elle ne s'applique qu'aux compagnies comptant plus de 20 000 abonnés. La CCAP en a 15 500.

Rien n'empêche la coopérative de sauter dans la mêlée.

En effet, elle offrira, à compter du 1er mai, un service numérique de base à 20 $. Cinq dollars de moins que la compétition. «La concurrence est forte. Il faut s'ajuster et répondre aux attentes des clients», signale Mme Carré.

«Combien d'abonnés feront la migration vers le forfait de base? Bien difficile de le prédire à ce moment-ci», ajoute-t-elle.

À savoir, maintenant, si les abonnés qui se tourneront vers ce forfait de base devront payer cher pour acheter des canaux à la carte, la responsable du marketing et des communications croit que ça pourrait être le cas.

«À partir du moment où les chaînes ne sont pas disponibles dans un service de base et se retrouvent seulement à la carte, la tarification risque de changer», admet-elle.

«Le client aura le choix de conserver son forfait actuel ou de migrer vers un service de base plus petit et de payer seulement pour les canaux qu'il veut avoir.» 

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