Rivière-aux-Rats: toujours pas d'investissement

Trois cents travailleurs rattachés de près ou de... (Gabriel Delisle)

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Trois cents travailleurs rattachés de près ou de loin à la scierie de Rivière-aux-Rats se retrouvent sans boulot.

Gabriel Delisle

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(La Tuque) Depuis le 18 décembre, un total de 300 travailleurs rattachés de près ou de loin à la scierie de Rivière-aux-Rats se retrouvent sans boulot.

Or, des organisations syndicales membres de la CSN déplorent que Produits forestiers Résolu (PFR) n'ait toujours pas fait les investissements nécessaires à une reprise des activités.

Et un an après avoir tiré la sonnette d'alarme, les syndicats constatent la précarisation des 300 emplois reliés aux opérations de cette scierie dont les retombées sont importantes pour l'économie haute-mauricienne.

En effet, à pareille période l'an dernier, la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN), le Conseil central du Coeur du Québec (CCCQ-CSN) et le Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la scierie Abitibi-Consolidated division La Tuque (CSN) demandaient à la compagnie de réinvestir dans sa scierie de Rivière-aux-Rats afin de maintenir les emplois dans la région.

Rappelons qu'un investissement de plus de huit millions de dollars est nécessaire pour moderniser les installations et ainsi, assurer l'emploi aux salariés, «somme que PFR refuse toujours d'investir», déplore-t-on du côté syndical. Pourtant, dans les dernières années, fait-on remarquer, pour aider la compagnie et assurer la pérennité des emplois, les syndiqués ont accepté de nombreuses concessions, notamment «des baisses salariales importantes».

En 2015, le gouvernement du Québec a également contribué en offrant une allocation supplémentaire de 120 000 mètres cubes de bois. Et, souligne-t-on, la situation économique actuelle est hautement favorable aux exportations en raison de la faiblesse du dollar canadien.

«La compagnie a toutes les conditions favorables pour justifier un investissement de cet ordre afin de consolider et moderniser sa scierie. Il faut que PFR annonce rapidement ses intentions pour permettre aux travailleuses et aux travailleurs de réintégrer leur emploi», affirme Alain Lampron, président de la FIM-CSN. «Que PFR prenne enfin ses responsabilités et que cesse le temps de l'incertitude», renchérit-il.

Selon lui, ces emplois, ainsi que ceux qui y sont rattachés, ont une grande importance pour l'économie de la région, qui a été malmenée ces dernières années. «Le plus frustrant pour la région, c'est de voir du bois d'ici acheté aux enchères et envoyé ailleurs pour être traité, alors que nous avons tout en mains ici pour le faire. Que les dirigeants de PFR le veuillent ou non, ils ont une responsabilité auprès des gens d'ici», se désole Paul Lavergne, président du CCCQ-CSN.

Les salariés se montrent donc exaspérés de cette situation. Bien que la compagnie puisse disposer du bois acheté aux enchères comme bon lui semble, il est ridicule, aux yeux du syndicat, de transférer tout ce bois de la Mauricie vers les usines du Lac Saint-Jean.

«Nous avons l'impression d'être largués par PFR et nous souhaitons réellement que les élus de notre région soient proactifs afin de trouver une solution satisfaisante. Ce sentiment d'abandon est renforcé lorsqu'on constate les investissements de 16 millions de dollars réalisés dernièrement par PFR dans cette région pour moderniser les installations. Et nous, là-dedans, pourquoi n'y a-t-il rien pour notre région et ces 300 emplois?», soulève Herman Martel, président du syndicat.

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