Trop beau pour être vrai: méfiez-vous de vous

Avec plus de 1,5 milliard d'usagers actifs à travers le monde selon plusieurs... (Agence France-Presse)

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Gary Frost

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur.

Le Nouvelliste

Avec plus de 1,5 milliard d'usagers actifs à travers le monde selon plusieurs sources, les plateformes de réseaux sociaux constituent à n'en pas douter une véritable manne pour les publicitaires.

On voit d'ici l'aubaine que représentent ces centaines de millions de consommateurs faciles à repérer et à cibler à grand renfort de croisements de données. Dans cet univers caractérisé par la rapidité d'action, l'impulsivité et la spontanéité, il faut demeurer vigilant et se rappeler que le meilleur y côtoie le pire.

Intrusions publicitaires

Nous avons fait état dans cette chronique au cours des derniers mois, des pièges que renferment certaines offres qui ne sont inoffensives pour votre portefeuille qu'en apparence. Au gré de vos séances de navigation dans les réseaux sociaux, des fenêtres publicitaires intruses («pop-up») font irruption sans que vous ne vous y attendiez et vous font des offres parfois irrésistibles.

Nous avons mentionné par exemple le cas de ces échantillons de produits miracles contre les rides ou des capsules censées vous aider à perdre du poids sans vous priver, le tout étant offert gratuitement ou presque pour peu que vous acceptiez de payer les modestes frais de poste au moyen de votre carte de crédit. 

Ceux qui s'y sont fait prendre sans prendre garde ont eu la mauvaise surprise de voir apparaître des charges atteignant parfois 200 $, 300 $ dollars et même plus sur leur compte mensuel de carte de crédit.

Gagner un téléphone portable

La plus récente variante de ces stratégies prend la forme de jeux d'adresse où l'on peut, aux dires des publicitaires, gagner un téléphone portable, une tablette ou un ordinateur pour seulement un ou deux dollars. On s'enregistre en ligne et l'on paye au moyen d'une carte de crédit puis l'on est invité à s'inscrire en cochant une case relative à l'acceptation des termes et conditions du concours. En fouillant dans les textes de ces termes et conditions, on comprend que cette inscription se révèle être un abonnement au site qui vous occasionnera des coûts de quelque 100 $ à 150 $ et plus selon le cas. Le tout sur une base mensuelle!

Protections de la LPC

Bien que l'analyse des plaintes des consommateurs révèle que la plupart des entreprises qui se livrent à ces stratégies sont situées un peu partout sur le globe, il est heureux qu'en matière de contrats conclus à distance - c'est le vocable utilisé dans la Loi pour désigner les contrats qui sont conclus alors que le consommateur et le commerçant ne sont pas en présence l'un de l'autre (téléphone, Internet, poste) - le fait que l'entreprise ait pignon sur rue au Québec ou ailleurs n'est pas déterminant pour que le consommateur puisse bénéficier des protections prévues à la Loi sur la protection du consommateur (LPC).

Remboursement sous certaines conditions

Les droits et recours que renferme la LPC peuvent être exercés dès lors que le moyen utilisé pour le paiement, une carte de crédit dans le cas qui nous occupe, peut être mis à profit pour effectuer une rétrofacturation, une opération de remboursement qui consiste, pour la compagnie émettrice de la carte de crédit, à créditer le compte du titulaire de la carte du montant de la transaction. 

Attention cependant, ces recours ne sont possibles qu'en certaines circonstances bien précises. Des circonstances qui, il faut le dire, ne se retrouvent pas nécessairement dans le type de situation que nous décrivons ici. Vous pouvez en savoir plus à ce sujet dans la rubrique du site web de l'Office de la protection du consommateur qui est consacrée aux contrats conclus à distance.

Se méfier

Si pour plusieurs, socialiser sur ces plateformes est un passe-temps qui leur procure détente et divertissement, il demeure que les internautes doivent se méfier. Bien qu'il faille reconnaître que les textes des proverbiaux termes et conditions des différentes offres qui pullulent dans l'Internet soient le plus souvent arides et longs à parcourir, vaut mieux prendre le temps de les lire attentivement avant de cliquer sur le fatidique bouton «j'accepte» sans trop prendre garde, sous peine de se voir facturer des centaines de dollars mensuellement et devoir remuer ciel et terre pour y mettre un terme. 

Certes il faut se méfier des pièges et des traquenards que peuvent tendre certaines entreprises dans l'univers des réseaux sociaux, mais il importe aussi de se méfier de soi-même.

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