Le rapport sur l'industrie acéricole salué

Actuellement, les producteurs de sirop d'érable ne sont... (Photothèque Le Soleil)

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Actuellement, les producteurs de sirop d'érable ne sont libres de vendre leur produit - sans passer par la fédération - que s'ils font affaire directement avec un particulier.

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(Québec) L'Association des érablières-transformateurs des produits de l'érable espère que le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Pierre Paradis, tiendra parole et «ne tablettera pas» le rapport Gagné, qui émet 21 recommandations visant à stopper le déclin à l'international de l'industrie acéricole québécoise.

«Ce n'est pas le premier rapport qui parle des érablières-transformateurs», indique au Soleil Pierre Saint-Germain, président de l'association qui compte près de 500 membres. «C'est le fun, les intentions, mais notre avenir est maintenant entre les mains du ministre. Nous avons déjà demandé à la Régie des marchés agricoles un plan conjoint spécifique pour les érablières-transformateurs. Cela nous avait été refusé. On voulait être maître de notre destinée», déplore-t-il.

Présenté jeudi, le rapport de Florent Gagné, un ancien sous-ministre, recommande notamment que le Plan conjoint des producteurs acéricoles du Québec porte exclusivement sur la production du vrac (contenant de plus de cinq litres). Rappelons que depuis 2001, les érablières-transformateurs sont inclus dans un plan commun tout comme les producteurs en vrac. Elles doivent donc payer une taxe à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec pour vendre leur produit par un intermédiaire, un dépanneur ou une épicerie. 

«Nous n'avons pas d'affaire dans ce plan-là, nous sommes des entrepreneurs. On vend notre sirop sur le marché international. On est doublement pénalisé. Il faut payer une cotisation [12 ¢ par litre de sirop produit] et on fait nos affaires de mise en marché», souligne M. Saint-Germain, qui espère que la situation va changer.

Actuellement, les producteurs de sirop d'érable ne sont libres de vendre leur produit - sans passer par la fédération - que s'ils font affaire directement avec un particulier. Le rapport Gagné suggère que le producteur puisse vendre dorénavant son sirop en petits contenants [moins de cinq litres] par un intermédiaire sans que la Fédération prélève un montant.

Quant à la question de la disparition des quotas, M. Saint-Germain se réjouit à l'idée. «Nous n'en avons pas de besoin. On vend notre sirop sur les marchés. La majorité des grosses érablières-transformateurs sont obligées de devenir des acheteurs autorisés parce qu'ils sont au maximum de leurs quotas. Ils doivent donc acheter du sirop en baril de la Fédération. Et le drame, c'est que tu dois le payer beaucoup plus cher que le prix que cela te coûte pour le produire». 

Vu d'un bon oeil par les acheteurs 

Du côté du Conseil de l'industrie de l'érable (CIE), le président Elliot Levasseur voit d'un bon oeil le rapport Gagné, plus précisément «tout ce qui touche à la commercialisation, la qualité et l'approvisionnement», indique-t-il. Toutefois, celui qui est aussi propriétaire de l'entreprise Decacer estime que plusieurs points devront être discutés.

«Notre but au CIE est d'avoir du sirop pour la quantité dont nous avons besoin et présentement nous en manquons. Toutefois, il faut que la qualité soit la et le prix aussi», affirme le président de Decacer, une entreprise qui se spéciale dans transformation et la mise en marché de produits à base de sirop d'érable. La compagnie, dont le siège social est basé à Saint-Nicolas, vend ses produits dans 27 pays et compte une quarantaine d'employés.

«Le rapport de M. Gagné tire des conclusions qui sont à prendre en considération. Du point de vue d'un acheteur transformateur, il y a des recommandations qui vont exiger des changements majeurs», stipule l'homme d'affaires, ajoutant qu'il y a pour le moment beaucoup de questions sans réponse. «Qu'est-ce que cela va impliquer du côté de la Fédération si on enlève les quotas? [...] Qu'est-ce qui va arriver si on produit le double de sirop de ce dont nous avons besoin durant une année?»

Bien qu'il concède que l'industrie acéricole doit se moderniser, M. Levasseur tient à préciser que le système actuel «fonctionne». «Le fait d'avoir une fédération, ce n'est pas toujours agréable, mais il y a un système de qualité en place. C'est un avantage. Il faut faire attention pour ne pas trop frapper fort et que cela le fragilise.»

Le CIE est un organisme qui regroupe tous les acheteurs autorisés qui achètent du sirop d'érable de la Fédération.

Érablières-transformateurs

Les érablières-transformateurs sont des érablières qui mettent elles-mêmes en contenants de moins de cinq litres tout leur sirop et leurs sous-produits d'érable. Cela signifie que l'entreprise possède son érablière et son usine d'emballage.

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