Dix mois de conflit chez Delastek: «C'est difficile pour les familles»

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L'entreprise du secteur Grand-Mère est toujours en opération, malgré la grève, car une autre cinquantaine de travailleurs sont non syndiqués.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après plus de dix mois de conflit, les grévistes de Delastek viennent de recevoir un second coup de main de la part de leurs camarades de l'Aluminerie de Bécancour. En effet, après leur avoir versé un premier montant de 5000 dollars l'été dernier, les membres de la section locale 9700 des Métallos de l'A.B.I. leur ont remis jeudi une somme de 30 000 $.

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Le président de la section locale 9700 des Métallos de l'A.B.I., Clément Masse, remettant le chèque de 30 000 $ au président de la section locale 1209 d'Unifor chez Delastek, Alexandre Maranger.

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«On aide beaucoup les groupes en conflit. Et plus ils sont proches, plus on est sensible à leur cause. C'est un conflit difficile et les négociations sont ardues. On veut passer un message à l'employeur qu'on ne vous laissera pas tomber et qu'il a tout intérêt à s'entendre pour avoir de bonnes relations de travail. Personne ne veut que ses conditions de travail se détériorent», a commenté le président du syndicat de l'A.B.I., Clément Masse.

Visiblement, cet appui financier arrive à point pour la cinquantaine de travailleurs en grève depuis le 1er avril 2015 chez Delastek. «Pour chaque membre, il y a une famille en arrière. Et c'est difficile pour les familles», a admis le président de la section locale 1209 d'Unifor, Alexandre Maranger.

«On le savait que ça n'allait pas être court, peut-être six mois, mais pas à ce point-là. On ne voit pas vraiment le bout», a renchéri son vice-président, Steve Vézina.

Et pour cause. Car de l'aveu même de son président syndical, «ça négocie à pas de tortue» et ce, malgré une ordonnance sommant la direction de Delastek de négocier de bonne foi.

«L'employeur fait tout ce qu'il peut pour retarder les négociations, soit par des remises ou des retards. Il a même annulé la rencontre d'hier (mercredi). Il prend tous les moyens possibles de réduire le temps de négociation et il continue à engager des briseurs de grève», affirme M. Maranger.

À ce dernier sujet, les deux parties croiseront le fer à nouveau dans les prochains jours devant la Commission des relations du travail.

Interrogé à savoir s'il considère que le conflit tombe pile pour l'employeur avec les incertitudes autour de son grand donneur d'ordre, Bombardier, le président du syndicat croit que Delastek a tout de même des contrats avec d'autres clients.

On sait que l'entreprise du secteur Grand-Mère est toujours en opération, malgré la grève, car une autre cinquantaine de travailleurs sont non syndiqués. C'est d'ailleurs cette composition hybride du personnel qui pose problème aux yeux du syndicat.

Alors que le respect de l'accréditation syndicale et du travail syndiqué reste au coeur du litige, la question salariale n'a même pas encore été abordée à la table des négociations.

Or, le salaire moyen chez Delastek est de 12 dollars l'heure dans un secteur industriel, celui de l'aérospatial, où la rémunération se situe plutôt entre 16 et 40 dollars l'heure, en plus des avantages sociaux. «Le transport a diminué, ça leur fait mal, mais à quel point?», se questionne ouvertement le secrétaire-archiviste de la section locale 1209, Junior Landry.

Après la mobilisation de la mi-décembre où plus de 400 membres d'Unifor s'étaient déplacés à Shawinigan pour remettre un chèque de 53 352 $ aux grévistes de Delastek, aucun autre coup d'éclat syndical n'est actuellement prévu, du moins pour l'instant.

Du côté de l'employeur, le président Claude Lessard s'attend à ce que la prochaine rencontre devant la Commission des relations du travail soit probablement remise, «compte tenu que la négociation progresse et que Delastek suit la loi, donc, pas de scabs, seulement des gens qui font leur job». «En ce qui concerne l'argent qu'ils reçoivent, je n'ai pas de problème en autant qu'il ne provient pas de ma poche», a-t-il conclu.

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