Les seins en chocolat font un malheur

Nancy Samson est fière d'aider la Société canadienne... (Stéphane Lessard)

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Nancy Samson est fière d'aider la Société canadienne du cancer de manière originale.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je suis certaine que les seins en chocolat vont devenir un classique de la Saint-Valentin», croit Nancy Samson. La propriétaire de la Chocolaterie Samson de la rue Chamflour, à Trois-Rivières, ne voulait en fabriquer que 200, pour l'occasion, au début. «Mais je dois en fabriquer maintenant 50 par jour et les gens les achètent à coups de 10 ou 20», raconte-t-elle.

La chocolatière de plus de 20 ans d'expérience avoue qu'on l'a critiquée pour cette initiative. Et ça lui a fait de la peine. «J'ai passé pour une perverse. C'est bien drôle, les réactions», dit-elle. Fort heureusement, la grande majorité de ses clients comprennent que sa motivation dépasse de loin l'aspect érotique associé à la Saint-Valentin et aux seins.

L'idée de fabriquer des seins en chocolat lui est venue à la suite d'un souper où le Dr Richard Béliveau était conférencier et parlait du lien entre l'alimentation et le cancer.

Le banquet qu'elle avait préparé comportait un gâteau de Savoie surmonté d'un sein en chocolat comme dessert. Par la suite, elle avait ému les convives en racontant que beaucoup de gens proches de son coeur avaient été frappés par le cancer. Certains lui ont donc lancé l'idée de fabriquer des seins en chocolat pour la Saint-Valentin.

Non seulement a-t-elle suivi le conseil, mais pour chaque sein vendu, elle donnera 2 $ à la Société canadienne du cancer.

L'information a vite circulé. «Je ne fournis plus», avoue la propriétaire de la chocolaterie «et je manque de boîtes». Mme Samson raconte avoir même eu des commandes de la Saskatchewan et du Dakota.

Au rythme frénétique auquel ses créations inusitées s'envolent, Mme Samson prévoit être en mesure de remettre autour de 1000 $ à la Société canadienne du cancer après la fête de Cupidon.

Caroline Viviers, coordonnatrice régionale de la Société canadienne du cancer, indique que cet argent sera consacré à la recherche, au soutien ou à la prévention du cancer. «On est très heureux d'être partenaire avec elle. C'est un produit de qualité», dit-elle en ajoutant qu'il serait fort apprécié que l'événement se répète l'an prochain.

Certains croiraient que les clients achètent les seins en chocolat pour faire une blague ou pour amener un petit côté érotique à leur célébration de la Saint-Valentin, mais dans la boutique de Mme Samson, on est rarement confronté à ce genre de discours quand les clients s'en procurent un.

Au contraire, les gens achètent plutôt le produit parce qu'ils ont été touchés par le cancer. «Le fait que ce soit vendu dans une chocolaterie et non dans une boutique érotique, c'est fait dans une autre optique», plaide la chocolatière.

D'ailleurs, Mme Samson a dû préparer les membres de son personnel pour savoir comment réagir aux propos tenus par les clients, car dans la majorité des cas, ce sont des confidences qu'ils reçoivent.

«Certains achètent un sein en chocolat comme un trophée parce qu'ils ont vaincu le cancer. Une femme de mon âge est venue ici en acheter un en disant qu'elle était à son dernier traitement de chimiothérapie», raconte Mme Samson. «Quand ils viennent s'acheter un sein, c'est comme un trophée de victoire parce qu'ils ont passé à travers ou c'est un appui à quelqu'un pour son combat», constate-t-elle.

«On est un peu dépassé par les événements. On ne s'attendait pas à ce que tout ce monde vienne faire un don», dit-elle.

«Un homme est venu m'en acheter pour sa conjointe en disant qu'il se sentait privilégié qu'elle ait encore ses deux seins. C'est venu me chercher», confie-t-elle. «Je ne pensais pas que cette cause-là touchait autant la population.»

C'est que le cancer du sein n'affecte pas que les femmes, fait valoir Mme Samson. Il affecte les conjoints, les enfants, les parents, les proches.

«Je suis enseignante en pâtisserie et dans ma classe, mes élèves manquent souvent de l'école pour accompagner leurs parents pour des traitements de chimio. Il y a 26 ans, je n'avais pas ça, dans ma classe», dit-elle.

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