Vente de Rona: onde de choc à Québec

Lowe's mettra finalement la main sur le quincailler Rona dans... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Lowe's mettra finalement la main sur le quincailler Rona dans le cadre d'une transaction évaluée à 3,2 milliards $, incluant la dette.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

La prise de contrôle du quincailler Rona par une entreprise américaine sera bénéfique pour les Québécois, selon le gouvernement Couillard.

Pierre-Karl Péladeau, chef de l'opposition, a condamné sans... (La Presse Canadienne) - image 1.0

Agrandir

Pierre-Karl Péladeau, chef de l'opposition, a condamné sans réserve cette acquisition.

La Presse Canadienne

Dominique Anglade, la nouvelle ministre de l'Économie, y... (La Presse Canadienne) - image 1.1

Agrandir

Dominique Anglade, la nouvelle ministre de l'Économie, y voit un bénéfice pour le Québec.

La Presse Canadienne

Au contraire, les trois partis de l'opposition considèrent que cette transaction, symbole du déclin économique du Québec, est déplorable, d'autant plus que des milliers d'emplois sont en jeu.

«Ce n'est pas dans l'intérêt du gouvernement de bloquer cette transaction», a indiqué la nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade, qui y voit «définitivement un bénéfice pour les Québécois».

Signe d'une certaine nervosité à Québec, la ministre a donné trois points de presse sur le sujet durant la journée.

Lowe's, géant américain de la rénovation, a annoncé mercredi matin avoir fait l'acquisition de Rona pour la somme de 3,2 milliards $, déclenchant aussitôt une onde de choc dans les cercles politiques.

Le chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, a condamné sans réserve cette acquisition, exhortant le premier ministre Philippe Couillard à tout mettre en oeuvre pour la faire échouer.

Le premier ministre doit «prendre ses responsabilités» dans ce dossier pour maintenir entre des mains québécoises le géant de la quincaillerie, a commenté M. Péladeau lors d'une mêlée de presse, en marge d'une réunion du caucus péquiste.

Il a insisté pour que les élus utilisent tous les leviers à leur disposition, notamment Investissement Québec, pour que le siège social de Rona demeure au Québec et que les 17 000 emplois en jeu soient maintenus au Québec. La Caisse de dépôt, qui détient 17 pour cent des actions de Rona, doit bloquer la transaction, selon M. Péladeau.

Vérification faite, Investissement Québec ne détient plus d'actions de Rona et la Caisse de dépôt et placement a indiqué qu'elle ne contesterait pas la transaction.

«Nous en avons trop perdu des sièges sociaux», a dit M. Péladeau, qui s'est montré inquiet des conséquences pour les nombreux fournisseurs de Rona au Québec.

M. Couillard «doit envoyer un message clair, net et précis» notamment à Investissement Québec «pour faire en sorte que cette transaction-là ne puisse se réaliser», a-t-il ajouté.

Contrairement au chef péquiste, la ministre Anglade ne conteste nullement l'acquisition, prévoyant même qu'il y aurait «d'autres transactions de ce genre» dans l'avenir.

La ministre Anglade a affirmé avoir obtenu des garanties de l'acquéreur, Sylvain Prud'homme, président de Lowe's au Canada, quant au maintien des emplois et des bannières. Elle avait été informée la veille de l'annonce à venir.

«Je suis satisfaite des garanties qui ont été données (durant) la conversation que j'ai eu avec M. Prud'homme», a commenté la ministre en point de presse, en marge d'une réunion du conseil des ministres. Elle n'a cependant pas précisé si la totalité des emplois en jeu seraient protégés.

La ministre a dit souhaiter avoir d'autres entretiens avec lui au cours des prochaines semaines pour préciser et confirmer les engagements de Lowe's au Québec, notamment en ce qui a trait aux conditions de travail des employés.

L'important aux yeux du gouvernement, c'est que les PME québécoises, donc les fournisseurs de Rona, profitent «au maximum» de la transaction controversée, a-t-elle fait valoir.

Les autres partis de l'opposition sont sceptiques. La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a fait valoir que le gouvernement Couillard devait s'assurer que les décisions d'affaires des entreprises québécoises ne soient pas «prises aux États-Unis». Elle s'est montrée inquiète devant «la passivité du gouvernement face à la faiblesse de l'économie québécoise».

Aux yeux du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, cette transaction est une très mauvaise nouvelle.

«C'est un triste jour pour le Québec. C'est toujours trop peu, trop tard avec le gouvernement libéral. Un des gains de la Révolution tranquille, un des gains des nationalistes québécois, tous partis politiques confondus, a été de faire du Québec une économie de propriétaires. Maintenant, les libéraux acceptent que nous soyons une économie de succursales», a-t-il déploré.

Déjà, en 2012, Lowe's avait fait une offre d'achat hostile dans une tentative avortée de prendre le contrôle de Rona. À l'époque, le ministre libéral Raymond Bachand s'était opposé à cette transaction.

Mme Anglade a fait valoir que le contexte avait bien changé depuis et que la direction de Rona, cette fois-ci, avait approuvé l'offre de Lowe's.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer