Nemaska Lithium: encore beaucoup de chemin à faire

La première phase, qui doit être conclue en... (Stéphane Lessard)

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La première phase, qui doit être conclue en 2016, implique la construction d'une usine pilote d'une capacité de production de 500 tonnes par année d'hydroxyde et de carbonate de lithium. L'unité de commercialisation, qui doit entrer en exploitation au premier trimestre de 2018, devrait générer 32 000 tonnes des mêmes produits annuellement.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Nemaska Lithium doit attendre l'émission de plusieurs certificats d'autorisation du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques avant la mise en exploitation de sa phase I. Or, ces demandes n'ont toujours pas été déposées, tout simplement parce que la propriété de l'ex-usine Laurentide appartient toujours à Produits forestiers Résolu.

Malgré l'annonce effectuée en septembre dernier, il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que l'usine produise de l'hydroxyde et du carbonate de lithium. La première demeure la vente de la propriété de Produits forestiers Résolu à la Société de développement de Shawinigan, une transaction qui devrait être complétée ces jours-ci. La SDS doit ensuite vendre une partie des installations à Nemaska Lithium.

Produits forestiers Résolu doit également transmettre son plan de réhabilitation du terrain de Laurentide au MDDELCC incessamment. Selon Stéphanie Lemieux, porte-parole régionale, la caractérisation du site, déposée en novembre, «démontre une contamination du terrain, limitée au site».

La première phase, qui doit être conclue en 2016, implique la construction d'une usine pilote d'une capacité de production de 500 tonnes par année d'hydroxyde et de carbonate de lithium. L'unité de commercialisation, qui doit entrer en exploitation au premier trimestre de 2018, devrait générer 32 000 tonnes des mêmes produits annuellement.

Ces quantités ne nécessitent pas que ce projet industriel soit soumis à la procédure d'évaluation et d'examens des impacts sur l'environnement, fait savoir Mme Lemieux. Pour s'astreindre à cette étape, il faut une production annuelle de 100 000 tonnes.

«Il faut quand même qu'on passe à travers la Loi sur la qualité de l'environnement», fait remarquer Simon Thibault, directeur, responsabilité sociale et environnementale chez Nemaska Lithium. La liste des approbations à obtenir est assez costaude.

Ainsi, le MDDELCC doit accorder au moins trois certificats d'autorisation: pour la phase I, la phase II et pour les équipements destinés à prévenir, diminuer ou faire cesser le dégagement de contaminants dans l'atmosphère.

Si Nemaska Lithium doit aménager une nouvelle prise d'eau dans la rivière Saint-Maurice, deux autres certificats d'autorisation seront requis, soit un pour la prise d'eau et un autre pour une autorisation d'occupation du domaine hydrique de l'État. Le cas échéant, Pêches et Océans Canada devra aussi donner son autorisation.

M. Thibault souligne que la prise d'eau actuelle ne répondra peut-être pas aux besoins de l'entreprise.

«Sa capacité de pompage semble trop élevée pour nos besoins», explique-t-il. «Ceux de PFR étaient considérablement plus élevés que les nôtres, considérant le fait que nous recirculons beaucoup d'eau dans l'usine. Aussi, nous devons encore évaluer l'état de la prise d'eau existante.»

Autre incertitude, Nemaska Lithium ne sait pas encore si elle devra installer des équipements pétroliers sur le site. Le cas échéant, elle devrait obtenir les autorisations en vertu du Code de construction et du Code de sécurité.

Évidemment, la Ville de Shawinigan devra également émettre un permis de construction pour tous ces travaux.

Aucun dépôt

Au MDDELCC, Mme Lemieux confirme que Nemaska Lithium n'a encore déposé aucune demande d'autorisation. M. Thibault explique pourquoi.

«Comme vous le savez, nous ne sommes pas encore propriétaires», réitère-t-il. «Pour déposer une demande, il faut avoir un titre de propriété. Sinon, ce serait très complexe. De plus, l'ingénierie de détail du projet n'est pas encore complétée. Quand on dépose une demande de certification d'autorisation, le ministère nous demande des plans et devis signés et scellés.»

Mme Lemieux ne peut évidemment indiquer quels délais faut-il prévoir pour approuver ces permis.

«Il faut prendre le temps d'analyser le tout de fond en comble pour s'assurer que ça respecte nos lois et règlements», mentionne-t-elle. «Tant qu'on n'a pas les documents, on ne débute pas l'analyse! Ce n'est pas entre nos mains actuellement.»

M. Thibault assure toutefois que des échanges très fructueux ont été entrepris avec le MDDELCC, de sorte que les demandes d'autorisation ne devraient pas réserver de surprises aux fonctionnaires.

«Personne ne nous a fait de gros yeux quand on leur a montré notre calendrier», image-t-il.

La démarche de modification de zonage de la Ville de Shawinigan peut laisser présumer que le projet se matérialisera très bientôt, mais il ne s'agit que d'une étape dans un très long processus. La tenue de registre de lundi dictera le rythme pour la suite des événements.

«Notre stratégie, c'était véritablement d'informer les gens et ensuite, de déposer nos demandes de certificats d'autorisation», indique le directeur. «Rendu à cette étape, habituellement, il est un peu tard pour parler au gens!»

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