Mauvais timing pour une relance: Sommex ferme définitivement

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Une trentaine de travailleurs d'usine ont perdu leur emploi avec la fermeture de Sommex.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La période de l'année peu propice à la relance d'une entreprise de matelas a coulé les derniers espoirs d'une reprise des activités à l'usine Sommex, confirmant la perte définitive d'une quarantaine d'emplois.

La faillite annoncée de la compagnie à la mi-décembre avait été suivie d'un souhait manifesté par la compagnie Zedbed de Shawinigan de relancer les activités de Sommex dans les meilleurs délais. Sauf que le moment de la confirmation de la faillite de Sommex a compliqué les choses au point où Zedbed a préféré abandonner son projet, d'autant plus que le dossier a pris plus d'un mois à être réglé.

«Dans notre industrie, il y a un cycle de renouvellement des démonstrateurs par les détaillants et ça se passe en janvier. On a contacté des clients de Sommex et plusieurs magasins ont dit qu'ils ne renouvelaient pas le partenariat et avaient remplacé les démonstrateurs par d'autres fournisseurs. De plus, Sommex avait une certaine dépendance envers un client majeur qui était pancanadien. Avec l'incertitude de ce client à renouveler le partenariat, on augmentait la part de risque», raconte David Gélinas, vice-président exécutif de Zedbed, un manufacturier de matelas sans ressorts.

M. Gélinas ajoute que si la faillite était survenue quelques mois plus tard, les choses auraient pu être différentes.

«En juin, par exemple, ce n'est pas la période où les détaillants sont en renouvellement avec les fournisseurs. Ce n'est pas le moment de livrer les démonstrateurs. Quand on a établi les différents scénarios de rentabilité et de prévisions de ventes, on se rendait compte que le modèle financier ne balançait pas.»

Zedbed avait l'oeil sur les activités trifluviennes de Sommex afin d'apporter un produit complémentaire à ses activités. Le marché n'étant plus assez solide, l'entreprise n'avait plus de raison de se lancer dans cette aventure.

Zedbed a toutefois profité de la liquidation des actifs de Sommex pour mettre la main sur les équipements de production de l'usine du secteur de Cap-de-la-Madeleine. Ces équipements serviront à faire d'autres produits Zedbed. D'ailleurs, il est possible que certains ex-travailleurs de Sommex soient appelés à travailler à Shawinigan.

«Il n'y a pas de garantie d'embauche, prévient David Gélinas. On veut évaluer ce qu'on veut produire avec ces équipements et on va faire une analyse de postes. Entre cinq et dix embauches pourraient être faites dans la prochaine année pour commencer la production avec les équipements qu'on a achetés. Si des employés qui ont travaillé chez Sommex s'avèrent les meilleurs candidats, ça pourrait arriver qu'on contacte des gens.»

Les actifs de Sommex ont été liquidés en une douzaine de lots. La compagnie Avanti, fabricant de matelas de Saint-Narcisse, a acheté l'inventaire de matériaux servant à la confection de ce produit.

La FTQ déçue

Le bureau régional de la Fédération des travailleurs du Québec fondait beaucoup d'espoir en la relance des activités de Sommex. 

La tournure des événements est bien différente de celle qui était souhaitée, reconnaît David Maden.

«La vente (des actifs de Sommex) a pris trop de temps et les clients sont rendus ailleurs. C'est pour ça que Zedbed achète uniquement les équipements. C'est décevant. On ne s'attendait pas à ce dénouement», déclare M. Maden, conseiller syndical à la FTQ de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

La FTQ avait rencontré la direction de Zedbed et était prête à mettre de l'argent dans l'aventure via son fonds régional d'investissement.

«Par la même occasion, le fonds a été mis de côté», regrette M. Maden.

La FTQ souhaitait une relance afin de conserver de l'activité économique dans la région et de préserver la quarantaine d'emplois. D'ailleurs, il semble bien que ces travailleurs ne pourront toucher le salaire des deux dernières semaines de production de Sommex.

La liquidation des actifs de Sommex représente environ le sixième des dettes de la compagnie, ce qui fait que les travailleurs doivent oublier leur dernière paie.

«En vertu de la loi sur les normes du travail pour un licenciement collectif, il doit y avoir un préavis de huit semaines à payer. Ils ne l'ont pas eu. Mais ils vont avoir une compensation prévue en vertu du programme fédéral de protection des employés», explique M. Maden.

Selon M. Maden, les ex-travailleurs de Sommex recevront une compensation variant de 2000 $ à 3000 $. Ils encaisseront ainsi une perte minimale de 2000 $, perte qui pourrait aller jusqu'à plus de 3000 $.

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