Carlos Leitão se fait rassurant face au dollar canadien

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão,... (François Gervais Le Nouvelliste)

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Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, s'est adressé aux gens d'affaires de Trois-Rivières en présence de ses collègues du caucus de la Mauricie.

François Gervais Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec un dollar canadien qu'il prévoit sous la barre des 75 cents US pendant au moins trois ans, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, parle d'une donnée «très positive» en matière d'exportation et de tourisme.

De la véritable musique aux oreilles de la présidente de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Karine Provencher, qui recevait, mercredi, ce membre clé du gouvernement Couillard lors d'un déjeuner.

«On a beaucoup travaillé le développement touristique, avec la gare maritime, les croisières, le centre-ville et l'Amphithéâtre, et il y a beaucoup de choses qui se mettent en travail pour les entreprises manufacturières», a-t-elle confié au terme de la conférence tenue devant une centaine de personnes.

Parlant d'opportunités à saisir, la directrice principale en certification et services-conseils chez Deloitte est toutefois consciente du besoin des entreprises à être soutenues dans leurs investissements en raison de cette même faiblesse du dollar canadien.

Or, à une question du Nouvelliste sur le sujet, le ministre Leitão n'a pas voulu dévoiler à l'avance le contenu de son prochain budget prévu en mars. «Il faut faire tout ce qu'on peut pour favoriser l'investissement. Il y a déjà des crédits d'impôt, mais on regarde des mesures», a-t-il avoué.

Dans son discours, celui-ci avait déjà évoqué l'importance de promouvoir l'investissement pour améliorer la performance de l'entreprise. «Il ne faut pas refaire la même erreur et oublier de se moderniser (quand le dollar canadien était bas)», prévient cet économiste de carrière.

Affirmant que «notre salut passe par les exportations», le conférencier du jour n'a pas nié les chiffres de l'Institut de la statistique du Québec sur le commerce international de marchandises, diffusés mercredi, qui révèlent une diminution des exportations du Québec de 1,3 % en novembre, malgré une augmentation de 4,1 % pour les 11 premiers mois de 2015. «L'aérospatial est un segment très volatile», a-t-il expliqué, s'attendant à une amélioration de ce secteur.

Informé des attaques de la CAQ sur l'incapacité du gouvernement à créer de la richesse, avec le faible niveau de revenu disponible par habitant fraîchement dévoilé, le ministre des Finances conseille au parti de François Legault de lire le budget du mois de mars 2015 qui, dit-il, contient une série de mesures pour stimuler l'investissement. «Le nerf de la guerre, c'est l'investissement privé», a précisé celui qui s'est plu à rappeler à ses adversaires que contrairement à ce qu'ils prétendent, «nous avons des plans et ils sont très ambitieux».

Le porte-parole de la CAQ en matière de développement économique régional, Donald Martel, avait accusé les libéraux d'avoir abandonné la Mauricie, à la vue des statistiques peu enviables sur le revenu disponible par habitant.

«Sous la gouverne libérale, non seulement le Québec est bon dernier au Canada, mais la Mauricie est coincée au bas de l'échelle québécoise. Depuis huit ans, les libéraux ont abandonné les Mauriciens. Il est inacceptable de voir notre région tirer de l'arrière ainsi», a déclaré le député caquiste de Nicolet-Bécancour.

Budget équilibré

Le ministre des Finances a profité de son passage à la Chambre trifluvienne pour annoncer que le Québec avait déjà atteint l'équilibre budgétaire selon les derniers relevés mensuels.

«On l'avait dit en juin 2014 qu'on allait être à l'équilibre en mars 2016. Il fallait mettre fin à ce cercle infernal de déficits et de dettes. La relance de l'économie repose sur une base financière solide et durable. L'équilibre budgétaire n'est pas une maladie, ni une obsession. C'est la base de toute action. L'incertitude internationale ne nous cause pas de problème», a-t-il affirmé, faisant aussi allusion au Fonds des générations de 7,8 milliards de dollars qui est disponible «en cas d'accident économique».

Se défendant bien de «démolir le modèle québécois» alors que la part des dépenses publiques dans l'économie reste à un niveau soutenable de 26 % du PIB, M. Leitão juge important de maintenir la cote de crédit du Québec alors que des emprunts de 50 milliards de dollars sont prévus sur trois ans.

«Et à ceux qui se demandent pourquoi ne pas faire la même chose que M. Trudeau, on consacre déjà 88 milliards de dollars sur dix ans au Plan québécois des infrastructures», a-t-il fait savoir.

Soulignant au passage les priorités en 2016, soit de nouveaux investissements en éducation et un allégement fiscal pour les particuliers et les entreprises, le ministre des Finances s'est montré optimiste pour l'économie du Québec et de la région qui, dit-il, a bénéficié de mesures pour des entreprises telles que CGI et Kruger.

«Le contexte n'est pas morose pour nous avec une reprise de l'économie américaine, notre client principal pour 75 % de nos exportations, la baisse du dollar canadien et des taux d'intérêt qui vont demeurer très bas», a conclu celui qui préfère «pousser sur l'exportation que la consommation».

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