Des attentes élevées envers Couillard à Davos

Philippe Couillard... (Adrian Wyld, La Presse Canadienne)

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Philippe Couillard

Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Après quelques mois où les bonnes nouvelles économiques ont été plutôt rares au Québec, l'opposition ainsi que des intervenants du milieu des affaires ont des attentes élevées à l'endroit du premier ministre Philippe Couillard, qui s'envole cette semaine vers Davos, en Suisse, pour participer au Forum économique mondial.

Parmi les récentes mauvaises nouvelles, la société espagnole FerroAtlantica a entre autres renoncé en décembre à implanter une usine de silicium à Port-Cartier, un projet de 382 millions $ qui devait créer 345 emplois. De plus, la Coop fédérée ainsi que la coopérative indienne IFFCO ont une fois de plus mis sur la glace leur projet de 2 milliards $ pour une usine d'urée à Bécancour.

«Là, c'est clair, il faut aller chercher des investissements, a dit le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau, au cours d'un entretien téléphonique. Le gouvernement n'a pas fait de l'économie sa priorité. Ça pris du temps, mais ça commence à paraître.»

Si le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) ainsi que la Fédération des chambres de commerces du Québec (FCCQ) conviennent que les missions économiques ne se traduisent pas toujours par un déluge d'annonces, ils estiment que M. Couillard doit dévoiler les détails des progrès réalisés.

«On s'entend pour dire que ça ne doit pas être des foires d'annonces, mais les missions doivent démontrer que l'effort gouvernemental fonctionne», croit le porte-parole caquiste en matière d'économie, André Lamontagne.

L'an dernier, le gouvernement Couillard n'avait rien annoncé lors de sa mission économique au Royaume-Uni, en Belgique et à Davos, mais les discussions avaient notamment incité Medicago à investir 245 millions $ à Québec d'ici 2019 pour créer 200 emplois et Studios Framestore à embaucher 150 personnes dans la métropole.

On ignore pour le moment si des annonces économiques sont prévues cette semaine. L'attaché de presse du premier ministre, Harold Fortin, a rappelé que les investissements de Medicago et Studios Framestore confirmaient l'efficacité du démarchage effectué en Suisse, ajoutant qu'il y aurait des annonces «si le fruit est assez mûr».

Le passage de M. Couillard au Forum, qui se déroule officiellement de mercredi à samedi, s'annonce particulièrement chargé. Celui-ci arrivera mercredi, avant de revenir à Montréal pour assister aux funérailles nationales de l'imprésario et mari de Céline Dion, René Angélil, qui a succombé à un cancer, jeudi dernier à l'âge de 73 ans. M. Couillard reprendra ensuite l'avion à destination de Milan, en Italie, pour compléter sa mission économique.

Rassurer les investisseurs

Le PQ, la CAQ ainsi que la FCCQ espèrent que M. Couillard rassurera les investisseurs après s'être publiquement dissocié, le mois dernier, à Paris, du projet d'exploitation d'hydrocarbures à Anticosti, et ce, même malgré les ententes déjà signées par Québec avec Pétrolia et Corridor Resources.

«C'est certain que ces commentaires ont eu des effets indésirables (...), a dit le vice-président stratégies et affaires économiques à la FCCQ, Stéphane Forget. On souhaite qu'il saura faire la démonstration que la province est ouverte pour faire des affaires.»

M. Lamontagne croit pour sa part que le premier ministre Couillard a fait preuve «d'improvisation» à la Conférence sur le climat, ce qui pourrait, à son avis, être dommageable dans les Alpes suisses.

En plus de devoir courtiser les investisseurs, le député caquiste estime que M. Couillard s'est inutilement ajouté la tâche de devoir les rassurer sur ses propos tenus le mois dernier.

Forte présence canadienne

Outre la délégation québécoise, un important contingent de ministres fédéraux, dont le premier ministre Justin Trudeau, prendront part au Forum économique de Davos, qui se déroule officiellement de mercredi à samedi.

M. Trudeau sera accompagné du ministre des Finances, Bill Morneau, de la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, du ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, de la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, ainsi que le président du Conseil du trésor, Scott Brison.

C'est la première fois en quatre ans que le premier ministre canadien prend part à l'événement. En 2012, Stephen Harper avait profité de son passage dans le coeur des Alpes suisses pour annoncer d'importants changements en matière de retraites ainsi que d'immigration.

Pour le moment, M. Trudeau, en compagnie de quelques ministres de son cabinet, participera vendredi à une discussion intitulée «Un nouveau chapitre pour le Canada», au cours de laquelle il devrait livrer les grandes priorités de son gouvernement.

Le 46e Forum économique de Davos, qui se déroule sous le thème «La quatrième révolution industrielle», regroupe plus de 2500 décideurs politiques - dont quelque 40 chefs d'État - patrons d'entreprise ou d'organisations et experts académiques.

En plus des délégations politiques, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, la présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, le grand patron de SNC-Lavalin (TSX:SNC), Neil Bruce, ainsi que le président-directeur général d'Investissement Québec, Pierre-Gabriel Côté, seront présents.

Davos: les 1 % les plus riches au monde possèdent plus que les 99 % autres

(AFP) - Le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99 % restants avec un an d'avance sur les prévisions, a indiqué lundi l'ONG britannique Oxfam à l'approche du forum économique mondial de Davos (Suisse).

«L'écart entre la frange la plus riche et le reste de la population s'est creusé de façon spectaculaire au cours des douze derniers mois», constate un rapport de l'ONG intitulé «une économie au service des 1 %» publié à l'approche du Forum économique mondial (WEF), qui débute mercredi à Davos.

«L'an dernier, Oxfam avait prédit que les 1 % posséderaient plus que le reste du monde en 2016. Cette prédiction s'est en fait réalisée dès 2015: un an plus tôt», souligne le rapport. Illustration du creusement spectaculaire des inégalités ces dernières années, l'ONG a calculé que«62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale», alors que «ce chiffre était de 388 il y a cinq ans».

L'ONG appelle les participants au forum de Davos à agir: «nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l'échelle», affirme Manon Aubry, chargée des questions de justice fiscale et d'inégalités chez Oxfam France, citée dans un communiqué.

Selon l'ONG, «depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l'humanité a bénéficié de moins de 1 % de l'augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1 % les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse».

Pour faire face à cette croissance des inégalités, Oxfam appelle notamment à mettre un terme à «l'ère des paradis fiscaux», soulignant que neuf entreprises sur 10 figurant «parmi les partenaires stratégiques» du WEF «sont présentes dans au moins un paradis fiscal». «Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu'ils s'engagent à mettre fin à l'ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté», affirme Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam International, qui sera présente à Davos.

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