RER Hydro en faillite

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Le projet d'usine d'hydroliennes à Bécancour avait été annoncé en grande pompe à l'automne 2013. La première ministre du Québec de l'époque, Pauline Marois, était accompagnée de plusieurs ministres de son cabinet pour faire l'annonce de ce projet de 130 millions $.

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(Trois-Rivières) Jean-Guy Dubois ne s'étonne pas de la faillite de RER Hydro, l'entreprise qui promettait de créer dans la région pas moins de 600 emplois. Le maire de Bécancour avoue qu'il n'avait plus de nouvelles depuis un bon moment du fabricant d'hydroliennes.

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Le promoteur de RER Hydro, Imad Hamad.

Sylvain Mayer

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Jean-Guy Dubois

Émilie O'Connor

«Je ne suis pas surpris», affirme le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois. «Depuis septembre dernier, je n'ai plus de nouvelle de l'entreprise.»

Le maire n'hésite pas à dire qu'Imad Hamad, le promoteur de RER Hydro, est «un charmeur». «Il était capable de convaincre des gens facilement», note le maire de Bécancour. «Un charmeur des temps moderne quoi.»

Depuis l'annonce du projet par ce dernier, Bécancour a reçu notamment la visite d'investisseurs de la Californie, de l'Asie et de la France. Ils étaient quelques-uns à penser investir «plusieurs millions $» dans ce projet, souligne le maire. 

«D'une fois à l'autre, ça nourrissait ma confiance. M. Hamad était tout un vendeur», soutient le maire de Bécancour. «Normalement, il retournait mes appels très rapidement, dans la demi-heure. À partir de septembre, je n'avais plus de nouvelle. J'ai alors retiré ma confiance.»     

Au bord de la faillite depuis 2014, RER Hydro avait obtenu un sursis de la part de la Cour supérieure. L'entreprise avait eu recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. À ce moment, RER Hydro devait 34,1 millions $ à ses créanciers, dont 14 millions en créances garanties, parmi lesquelles on retrouve Investissement Québec pour une somme de 6,7 millions $. Un an plus tard, les créances de RER Hydro auprès de quelque 170 entreprises s'élèveraient désormais à près de 49 millions $. 

Malgré les déboires évidents de l'entreprise, le maire de Bécancour espérait toujours voir le projet se concrétiser. «J'ai toujours continué à croire en ce projet, malgré les doutes qu'on pouvait avoir», note Jean-Guy Dubois.

«Lorsqu'on a annoncé ce projet, six ministres et la première ministre de l'époque étaient là. Le président de Boeing [Défense, Espace et Sécurité, Dennis Muilenburg] était même venu assister au dévoilement du projet. C'était quelque chose d'assez exceptionnel. Ça annonçait 600 emplois.»

Un projet annoncé en grande pompe

Le projet d'usine d'hydroliennes à Bécancour avait donc été annoncé en grande pompe à l'automne 2013. La première ministre du Québec de l'époque, Pauline Marois, était accompagnée de plusieurs ministres de son cabinet pour faire l'annonce de ce projet de 130 millions $.

L'ancien premier ministre Bernard Landry ainsi que l'actuel chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, étaient également du nombre. Le gouvernement devait investir un maximum de 85 millions $ dans ce projet notamment sous forme de prêts. 

Le gouvernement péquiste voyait dans ce projet une opportunité de dynamiser l'économie de Bécancour, mise à mal par la fermeture quelques mois plus tôt de la centrale nucléaire Gentilly-2. 

«On promettait une technologie environnementale extraordinaire qui pouvait desservir en électricité des populations de partout dans le monde qui n'ont pas de barrage ou la capacité de produire de l'électricité en respectant l'environnement. Il n'y avait rien de plus beau sur la Terre», se souvient Jean-Guy Dubois. «L'usine s'établissait à Bécancour. J'étais vraiment emballé par le projet.»

La résilience d'un maire

Le maire de Bécancour affirme que sa communauté et lui-même doivent se montrer résilients, alors que deux projets industriels sont soit annulé ou sur la glace. L'économie de la Ville doit aussi composer avec la mise en veilleuse de l'usine d'engrais d'IFFCO. Ce projet représente deux milliards $ en investissements. 

«On doit être résilient. On n'a pas le droit d'arrêter d'espérer et d'arrêter d'y croire. Il faut espérer qu'en 2016, il va se passer de quoi. Je l'espère de tout coeur», affirme Jean-Guy Dubois. 

Les grandes entreprises industrielles sont évidemment très bénéfiques pour les municipalités. Bécancour devra donc se passer d'importants revenus espérés pour les prochaines années. 

«Ce n'est pas facile de boucler des budgets présentement. Nous n'avons aucun espoir de revenus importants pour les trois ou quatre prochaines années. Il faut être capable de travailler sur une rationalisation à moyen terme», indique le maire de Bécancour.

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