Plus de 400 membres d'Unifor appuient les grévistes de Delastek

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Des centaines de membres d'Unifor ont envahi les rues de Grand-Mère en appui aux grévistes de Delastek.

Stéphane Lessard

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) «Ce n'est pas vrai qu'on va perdre des conflits. Il ne faut pas lâcher. Il faut conclure une convention qui respecte vos droits. On peut se battre contre un boss arrogant».

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Le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné, prenant la parole lors du dévoilement du chèque remis aux grévistes de Delastek.

Voilà le principal message lancé mardi par les hauts dirigeants d'Unifor, lors d'une manifestation d'appui aux grévistes de Delastek. Au terme d'une marche dans les rues de Grand-Mère à laquelle participait plus de 400 membres provenant de différentes régions du Québec, un chèque de 53 352 $ a été remis à la cinquantaine de travailleurs en grève depuis le 1er avril dernier.

«Ça fait chaud au coeur, ça fait du bien. Il y a des sections locales qui nous appuient. On ne rentrera pas travailler tant qu'on ne sera pas respecté par ce boss-là. La balle est dans son camp», a fait savoir le président de la section locale 1209, Alexandre Maranger, sur la plate-forme d'une remorque.

Le conflit de travail fut déclenché au jour 1 de la fin de la convention collective qui venait à échéance le 31 mars 2015. L'entreprise de Shawinigan compte une centaine d'employés et plus de la moitié d'entre eux sont non-syndiqués. C'est d'ailleurs cette composition hybride du personnel qui pose problème aux yeux du syndicat.

En effet, plusieurs irritants persistent en raison, notamment, du fait que certaines tâches, qui relèvent de l'accréditation syndicale, sont effectuées par des non-syndiqués.

Mais depuis le début, le président de Delastek, Claude Lessard, est catégorique: cette question a déjà été tranchée il y a quelques années par la Commission des relations du travail qui faisait la différence entre les syndiqués et les autres employés.

Depuis la syndicalisation en 2003, les relations de travail n'ont pas été faciles au sein de l'usine Delastek alors que «l'employeur n'a jamais accepté cette décision des travailleuses et travailleurs», déplore la partie syndicale.

«Depuis, il a tout fait pour détruire le syndicat et la solidarité entre les membres. Au nombre de ses tentatives, une dernière qui consiste à faire faire du travail de production par le département de recherche et développement qui n'est pas soumis à l'accréditation syndicale», a-t-on souligné lors de cette manifestation de solidarité.

Pour les hautes instances syndicales, ce conflit est un combat pour le respect des droits syndicaux et de l'accréditation syndicale «alors que le droit à la syndicalisation est un droit fondamental dans notre société».

«Cette bataille pour la reconnaissance syndicale et contre l'utilisation de scabs, le boss va s'en souvenir toute sa vie», a assuré le président de la FTQ, Daniel Boyer, devant une foule de syndiqués gonflés à bloc.

Par voie de communiqué, le président national d'Unifor, Jerry Dias, a rappelé que «notre syndicat n'a pas l'habitude d'abdiquer ou de renoncer. C'est un combat pour le respect et la dignité et nous nous battrons à vos côtés jusqu'au bout dans cette lutte».

Quant au don de 53 352 $, «il s'agit d'argent offert spontanément par les sections locales lors du dernier Conseil québécois, sommes auxquelles le syndicat national a ajouté l'équivalent. Le soutien financier est primordial dans ce genre de conflit. Mais la solidarité et la détermination des membres le sont tout autant. C'est tout un témoignage de solidarité que les centaines de membres d'un peu partout au Québec sont venus témoigner aujourd'hui à Grand-Mère», a déclaré le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné, lors de la remise du chèque.

Des membres de la région de Québec, du Montréal métropolitain, de la Mauricie et d'aussi loin que de l'Outaouais ou du Saguenay-Lac-Saint-Jean avaient fait la route pour participer à cette marche.

La prochaine rencontre de conciliation n'est prévue que le 18 janvier 2016. «J'avais tenté de négocier au début décembre, mais l'employeur n'était pas prêt. J'espère que cette démonstration lui fera comprendre que c'est le temps de régler. Bombardier va commencer par se tanner et s'approvisionner ailleurs. On parle aux grands acheteurs d'arrêter d'acheter jusqu'à temps qu'il règle son conflit. Ce n'est pas si compliqué. Il faut essayer de le raisonner», poursuit M. Gagné, qui dit même avoir parlé au sous-ministre du Travail.

Finalement, le président de Delastek, Claude Lessard, a préféré n'émettre aucun commentaire à la suite du coup d'éclat syndical.

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