IFFCO: Dubois déçu par les délais

Jean-Guy Dubois... (Émilie O'Connor)

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Jean-Guy Dubois

Émilie O'Connor

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Comme l'an dernier, le milieu de Bécancour vient de se faire enlever son cadeau de Noël, soit la réalisation du projet IFFCO, avec ses deux milliards de dollars d'investissements.

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Maurice Richard, pdg de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Donald Martel

François Gervais

«Je suis déçu, mais pas découragé», a lancé le maire Jean-Guy Dubois, qui comprend néanmoins les raisons évoquées par le promoteur au sujet de la conjoncture économique mondiale.

Celui-ci se console de voir que «les investisseurs sont encore là», tout comme le besoin au pays et l'énergie. «Je continue à espérer», confie le premier magistrat, tout en rappelant l'implication financière du gouvernement.

Pour sa part, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, se montre confiant, malgré tout, pour la suite des choses, en voyant le maintien des bureaux et des investisseurs, le fait que l'entreprise soit propriétaire des terrains et détentrice de tous les permis, et qu'une entente ait été signée à long terme pour le gaz naturel.

«L'an dernier, le projet avait été mis en veilleuse pour des raisons différentes. Le promoteur devait refaire ses devoirs en fonction des coûts et le financement n'était pas totalement attaché. Cette fois, tous les partenaires reportent le projet à cause du marché et ce sera réévalué en début d'année avec un nouvel échéancier», a-t-il expliqué.

Celui-ci se dit peu étonné par les délais pour ce genre de projet qui, dit-il, prend de quatre à sept ans à bâtir. «Le dossier n'est pas mort, mais il est au cran d'arrêt», affirme l'ancien maire de Bécancour.

De son côté, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, dit également comprendre les arguments avancés par les dirigeants d'IFFCO pour retarder le projet, tout en trouvant néanmoins décevante la décision corporative.

«C'est normal d'avoir un projet un peu moins rentable dans un marché plus difficile. Mais j'ai confiance en la Coop fédérée. Elle le veut ce projet-là. On n'a pas le choix d'être patient. J'aurais aimé voir des grues s'installer sur le terrain. C'est un beau projet adapté au parc industriel et c'est fondamental pour le bien de notre économie», a-t-il commenté.

Interrogé à savoir s'il fait un lien entre cette nouvelle mise en veilleuse et la récente sortie de Philippe Couillard sur l'avenir du gaz naturel, le représentant caquiste dit «se sentir obligé de mettre un point d'interrogation». «Ce serait impardonnable si cela avait eu un impact. J'espère que ses déclarations n'ont pas eu pour effet de refroidir les investisseurs», a-t-il soulevé.

Ce dernier demeure confiant que le projet puisse voir le jour en 2017, «comme l'ont indiqué des représentants de la firme». «Je m'appuie sur le sérieux dont les dirigeants d'IFFCO ont fait preuve jusqu'à maintenant dans l'ensemble des démarches entreprises, notamment en ce qui concerne l'environnement et l'acceptabilité citoyenne de cette usine», ajoute M. Martel.

Une Chambre ébranlée

La Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ) se dit ébranlée par l'annonce de la mise en veilleuse du projet IFFCO. «C'est un autre coup dur pour la région», a déclaré la présidente Karine Béliveau.

Malgré sa préoccupation, elle insiste sur le fait qu'il faille garder ce vent d'optimisme qui, à son avis, souffle sur la région depuis un certain temps.

«Cette décision prise par les hauts dirigeants de la Coop Fédérée et IFFCO Canada n'a pas dû être facile à prendre puisque plusieurs étapes avaient été franchies, d'autant plus que des sommes importantes ont été investies dans le cadre du processus habituel d'une entreprise de cette envergure», croit la présidente.

Conséquemment, celle-ci considère que le communiqué de presse émis par le promoteur contient quelques points positifs, «ce qui laisse croire à une éventuelle reprise des travaux dans un avenir rapproché». Elle tient à souligner que le projet est mis en veilleuse et que «ce n'est pas la fin du projet».

Toutefois, Mme Béliveau dit souhaiter que cette annonce conduise les organismes socioéconomiques à une réflexion «sérieuse» sur le développement économique du territoire.

«Il a été répété à maintes reprises que les grands projets ont été porteurs d'espoir pendant de nombreuses années sur la rive sud, mais dans le contexte économique actuel, tous devraient diriger leur soutien au développement des PME, comme cela a été fait à Drummondville, il y a quelques années», poursuit-elle.

Cette dernière assure que la CCICQ restera active en assurant une vigie dans ce dossier. «Sans hésitation, la Chambre va poursuivre son soutien à la COOP Fédérée et IFFCO Canada», a-t-elle conclu.

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