IFFCO encore mis sur la glace

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Le chef de la direction d'IFFCO Canada, Claude Lafleur, a annoncé une nouvelle mise en veilleuse du projet à Bécancour.

Émilie O'Connor

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Un an après avoir pris la même décision, la Coop fédérée vient d'annoncer, au nom des actionnaires d'IFFCO Canada, que le projet d'usine d'engrais de Bécancour est mis en veilleuse jusqu'à ce que les conditions économiques soient favorables et que les cours mondiaux de l'urée remontent à nouveau.

«Comme dans beaucoup d'autres secteurs du marché des commodités, les conditions actuelles de marché ne favorisent pas la conclusion du financement requis et entravent le calendrier du début de construction. Le prix de l'urée est à son plus bas niveau en cinq ans et la prudence des investisseurs en est conséquente», expliquent les dirigeants.

Selon eux, les promoteurs et les investisseurs potentiels croient toujours à la pertinence de ce projet de classe mondiale et ils estiment que ses assises demeurent saines et que l'appui du gouvernement du Québec et des grandes institutions partenaires reste solide.

«Il en va de même de l'appui indéfectible des autorités et acteurs locaux qui sont toujours favorables à une installation de premier plan dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour», rappelle-t-on.

Les promoteurs croient que la future usine de Bécancour répond toujours et plus que jamais à un besoin majeur du marché agricole québécois et canadien dans un monde géopolitique mouvementé. La Coop fédérée et IFFCO sont convaincues des grands atouts du projet.

«Nous n'annonçons pas l'abandon du projet. C'est le cours actuel de l'urée qui ne permet pas aux promoteurs et aux investisseurs d'atteindre la rentabilité anticipée pour notre usine. Nous attendons que le creux cyclique du prix de l'urée prenne fin, nous permettant d'entrevoir une reprise du projet. D'ici là, nous continuons à faire nos devoirs et à nous préparer pour la relance», a fait savoir Claude Lafleur, chef de la direction d'IFFCO Canada.

«Rappelons que c'est l'un des plus grands projets industriels des dernières années au Québec. Des étapes importantes ont été franchies depuis la reprise en juin 2015», a-t-il renchéri.

IFFCO Canada maintiendra ses bureaux de Montréal et de Bécancour ouverts. Les contacts corporatifs habituels restent les mêmes. 

À pareille période l'an dernier, le milieu de Bécancour avait aussi vu son plus beau projet être mis sur la glace. Une décision corporative qui, déjà, repoussait au-delà de 2018 le démarrage des installations évaluées à plus de deux milliards de dollars.

On sait que les travaux de construction vont nécessiter l'embauche de 1000 à 1500 travailleurs. Une fois réalisée, l'usine fera travailler 250 personnes.

IFFCO: chronologie des événements

> Août 2012: Un décret ministériel fixant la contribution maximale d'Investissement Québec permet d'apprendre la venue du projet IFFCO à Bécancour.

> Octobre 2012: IFFCO confirme sa venue à Bécancour. L'usine de production d'urée est alors évaluée à 1,2 milliard de dollars et doit voir le jour d'ici 2017 à Bécancour. L'investissement doit générer quelque 1500 emplois durant la construction alors prévue de 2014 à 2017 et l'usine fera travailler entre 200 et 300 personnes.

> Décembre 2012: IFFCO entame les démarches en vue de l'obtention des autorisations environnementales.

> Février 2013: IFFCO décide de s'installer sur les anciens terrains de Norsk Hydro alors que le groupe indien avait plutôt une option d'achat sur les espaces situés de l'autre côté de la rue.

> Janvier 2014: Dans son rapport, le BAPE se veut favorable à sa réalisation. Au terme de son analyse, la commission d'enquête conclut que le projet répond à un besoin et que la proposition déposée par IFFCO Canada est acceptable d'un point de vue écologique, social et économique.

> Avril 2014: Le gouvernement du Québec autorise le projet. Un décret ministériel est adopté, sous la recommandation du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

> Avril 2014: Évalué à 1,6 milliard $, l'investissement d'IFFCO dans une usine d'engrais à Bécancour ne se réalisera pas si l'entreprise n'obtient pas la garantie d'approvisionnement en gaz de schiste américain sur laquelle elle comptait, et qui tarde à venir.

> Mai 2014: IFFCO Canada annonce la nomination de Claude Lafleur à titre de chef de la direction.

> Septembre 2014: Bien que le projet d'usine d'engrais à Bécancour ne soit pas encore compromis, IFFCO Canada se voit contrainte de reporter son démarrage en 2018.

> Décembre 2014: IFFCO met sur la glace son projet d'usine d'engrais à Bécancour.

> Juin 2015: IFFCO Canada réussit à obtenir une entente de principe avec une entreprise spécialisée afin d'assurer un approvisionnement stable en gaz et relance ainsi le projet de Bécancour.

> Décembre 2015: IFFCO met sur la glace à nouveau son projet d'usine d'engrais à Bécancour, maintenant évalué à 2  milliards $.

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