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Volkswagen livre des bribes d'explication sur la genèse des moteurs truqués

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Le scandale des moteurs truqués a fait très mal à Volkswagen.

Michael Sohn, Archives AP

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Agence France-Presse

La direction de Volkswagen a livré quelques éclaircissements jeudi sur la genèse du scandale des moteurs truqués, aussi lointaine que 2005, et s'est employée à rassurer sur l'avenir du groupe, sans dissiper toutes les zones d'ombre.

Le trucage de 11 millions de moteurs diesel au moyen d'un logiciel fraudeur ne résulte «pas d'une erreur isolée mais d'un enchaînement d'erreurs qui n'a à aucun moment été brisé», a reconnu à Wolfsburg (nord) Hans Dieter Pötsch, président du conseil de surveillance.

Volkswagen avait convié la presse pour une séance de questions-réponses pour la première fois depuis l'éclatement de l'affaire en septembre.

Le nouveau patron du groupe, Matthias Müller, y a déclaré que le mastodonte automobile aux douze marques était dans une situation «pas dramatique, mais tendue» et a réitéré ses promesses de faire toute la lumière sur l'affaire d'une part, et de réorganiser le groupe en profondeur de l'autre.

La «date de naissance» du «dieselgate», qui a éclaté en septembre d'abord aux États-Unis, remonte à 2005, quand Volkswagen a lancé une vaste offensive dans le diesel pour le marché américain, a expliqué M. Pötsch.

Il est vite apparu que les impératifs de coût et de performance d'un nouveau moteur diesel étaient difficilement compatibles avec les plafonds d'émission de gaz toxiques aux États-Unis, d'où l'idée du logiciel qui faussait les résultats des tests d'émission. Sur la route, les voitures émettent beaucoup plus d'oxydes d'azote (NOx) qu'en laboratoire, et qu'autorisé.

À bon compte

D'après les premiers résultats des enquêtes en cours, qui mobilisent pas moins de 450 experts et dont les résultats détaillés seront livrés en avril 2016 devant les actionnaires, trois facteurs ont joué, a détaillé M. Pötsch: «des erreurs et manquements individuels de certains salariés», «des faiblesses dans certains processus», et «une attitude de la part de certains qui consistait à tolérer les infractions à la loi».

Mais à l'heure actuelle, «nous n'avons aucun indice d'une implication de membres du directoire ou du conseil de surveillance» dans ce scandale, a précisé M. Pötsch.

Volkswagen a pour l'instant suspendu une poignée de salariés, et son patron de 2007 à 2015, Martin Winterkorn, a rendu son tablier juste après l'éclatement du scandale, tout en affirmant n'avoir rien su. «Deux chefs partis, sept ingénieurs mis à pied, et c'est tout?», s'interrogeait jeudi l'hebdomadaire Die Zeit, trouvant que le groupe s'en sortait à bon compte.

La pression s'est inopinément relâchée pour Volkswagen sur un autre front, le groupe ayant indiqué mercredi que les soupçons de mensonges sur les émissions de CO2 de 800 000 autres voitures ne s'étaient pas vérifiés.

Questions sans réponses

Beaucoup de questions restent sans réponse, par exemple la facture finale d'un gigantesque rappel, des amendes et pénalités, dont M. Müller a reconnu qu'elle n'était pas encore prévisible, pas plus du coup que ses effets sur les comptes de la société. Volkswagen, qui réalise 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et emploie pas loin de 600 000 salariés, a réalisé entre juillet et septembre sa première perte nette en 15 ans, conséquence directe du scandale.

Les investisseurs en tout cas n'ont pas été conquis jeudi. L'action perdait 1,52% en queue de l'indice Dax à Francfort à 12 h 30 GMT. Elle a tout de même repris près de la moitié des 40 % perdus en quelques jours après l'éclatement de l'affaire.

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