Projet de 250 M$ chez Kruger: «On a le go»

Daniel Archambault... (Sylvain Mayer)

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Daniel Archambault

Sylvain Mayer

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «On a le go pour démarrer. Les cinq lumières vertes viennent de s'allumer.» Voilà la bonne nouvelle que l'un des grands patrons de Kruger, Daniel Archambault, avait à annoncer, jeudi, aux sous-traitants de la région par rapport au projet de 250 millions de dollars prévu à l'usine de Trois-Rivières.

Même si la conversion d'une machine à papier pour produire du carton avait été confirmée en grande pompe en septembre dernier, les dispositions légales relatives au financement n'ont été conclues que jeudi. C'est donc par une heureuse coïncidence que le vice-président de direction et chef de l'Exploitation, division des Produits industriels, se soit retrouvé dès le lendemain devant une centaine de participants au déjeuner mensuel des Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

On sait que l'aide provinciale se traduit par un prêt de 84 millions de dollars pour financer les coûts de conversion de la machine, ainsi qu'une prise de participation de 106 millions de dollars, par l'entremise d'Investissement Québec, au capital d'une nouvelle entreprise regroupant toutes les activités du secteur Carton et emballages de Kruger. En vertu de cet investissement, le gouvernement du Québec est maintenant partenaire, détenant 25 % de cette nouvelle entreprise

Au cours des 17 prochains mois, la machine à papier journal no 10 sera entièrement modernisée pour y intégrer des technologies parmi les plus avancées dans le domaine de la fabrication du carton. Lors de sa mise en service en 2017, elle fabriquera annuellement 360 000 tonnes métriques de carton doublure haut de gamme 100 % recyclé. Une portion de la production sera vendue aux usines de boîtes d'Emballages Kruger situées à Montréal (arrondissement LaSalle) et à Brampton (Ontario), tandis que le reste de la production sera écoulé dans le marché.

«On a déjà des équipes de vente en place, plusieurs clients potentiels ont été rencontrés et on veut que d'ici la fin de 2016, 80 % du carnet de commandes soit rempli», a précisé M. Archambault.

Selon le haut dirigeant, la nouvelle catégorie de carton qui sera produite à Trois-Rivières connaît une forte croissance en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde puisque les fabricants d'emballages cherchent à fabriquer des produits toujours plus légers et plus performants.

L'usine de Trois-Rivières continuera à produire du papier journal sur la machine à papier numéro 10 jusqu'à deux mois avant la fin du projet de conversion. Parallèlement à cela, la production de papier journal sera maintenue sur l'autre ligne de production de Trois-Rivières, la machine à papier numéro 7. Au total, les trois établissements de la société Kruger qui fabriquent du papier journal auront une production annuelle combinée de 600 000 tonnes métriques, permettant à l'entreprise de conserver son rang parmi les plus importants producteurs de papier journal en Amérique du Nord.

Avec le présent projet, c'est près de 1,5 milliard de dollars que la famille Kruger aura investis à son usine trifluvienne, depuis son acquisition en 1973, période à laquelle les coûts de construction avaient explosé en raison des Jeux olympiques de Montréal.

«M. Kruger a un attachement spécial à la région de Trois-Rivières. Après avoir vécu toute la décroissance de 2007 à 2012, ça nous fait plaisir. C'est un marché énorme, en croissance, et on est là pour un autre 25-30 ans», s'est-il plu à affirmer, soulignant au passage la paix industrielle de 10 ans découlant de l'entente avec les employés.

Le conférencier du jour a expliqué les raisons du projet TRansformation 2017, soit le déclin du marché du papier journal et la croissance de la demande pour le carton. Or, Kruger compte plus de 50 ans d'expérience en fabrication de carton et d'emballages, avec plus de 200 clients à travers l'Amérique du Nord.

Pourquoi avoir choisi Trois-Rivières plutôt que Terre-Neuve ou les États-Unis? «C'est l'une des meilleures usines de papier journal en Amérique du Nord, la largeur de machine est idéale, l'emplacement géographique est stratégique, il y a une polyvalence logistique et l'espace est important pour une éventuelle expansion», a-t-il énuméré.

Avec une production vendable qui va passer de 365 000 à 509 000 tonnes métriques, M. Archambault est d'avis que les retombées seront tangibles sur Trois-Rivières. «J'ai été en mesure d'apprécier la transformation de la ville lorsque j'étais directeur général de Kruger-Wayagamack, avec un investissement de 500 millions de dollars», a-t-il raconté.

Outre la consolidation des 270 emplois à l'usine du boulevard Gene-H.-Kruger, le projet de 250 millions de dollars profitera, en partie, à des sous-traitants locaux, tantôt lors de la construction, tantôt pour la fourniture d'équipement et de matériel. Dès le printemps 2016, on amorcera la mise en chantier du plan de pâte, tandis qu'en mars 2017, on débutera la modernisation de la machine numéro 10.

«On est le maître d'oeuvre. On ne donne pas de gros contrats généraux», a-t-il conclu devant un auditoire intéressé par la moindre opportunité d'affaires.

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