Vins du Québec dans les épiceries: une victoire pour les vignobles

Les réactions des propriétaires de vignobles sont positives... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les réactions des propriétaires de vignobles sont positives quant au projet de loi adopté jeudi sur l'ouverture du marché des épiceries pour les vins québécois.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Sévère) «Les gens des épiceries sont prêts à encourager les producteurs locaux. Ça va aider l'économie régionale. On va faire des affaires à l'intérieur du Québec.»

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Dany Bergeron

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Monique Pinard

Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Le projet de loi déposé jeudi par le gouvernement du Québec qui autorise la vente des vins du Québec dans les épiceries, sans passer par la Société des alcools du Québec, réjouit les producteurs de la région, dont fait partie Serge Gélinas.

Le copropriétaire du Domaine et Vins Gélinas de Saint-Sévère est d'avis qu'une telle ouverture de marché pour les vins québécois permettrait à son entreprise d'atteindre de hauts niveaux de production.

«Il faudrait planter plus de vignes et produire plus. Donc, ça prendrait plus de travailleurs. Cette année, on a produit 35 000 bouteilles. Avec notre mise en marché et une telle loi, on pourrait doubler, même tripler notre production. D'ici cinq à sept ans, on pourrait produire 100 000 bouteilles», commente M. Gélinas, qui s'attend toutefois à ce que les grands joueurs de l'industrie fassent pression auprès du gouvernement afin de ne pas perdre leurs parts de marché dans les épiceries.

À quelques kilomètres au nord-ouest, le Vignoble Prémont réussit à produire 15 000 bouteilles de vin par année grâce à ses 12 000 vignes. Dany Bergeron est du même avis que M. Gélinas: une telle loi va inciter les vignobles à produire davantage.

«Si la loi passe, on prend de l'expansion. C'est sûr que l'entreprise va grossir. Ça prendrait plus de plantation, on a le terrain pour le faire. On a les équipements qu'il faut pour produire. Selon moi, notre production pourrait doubler d'ici cinq ans. C'est un objectif réaliste», raconte le copropriétaire de ce vignoble de Sainte-Angèle-de-Prémont.

Monique Pinard, copropriétaire du Fief de la rivière à Bécancour, voit d'un très bon oeil le dépôt de ce projet de loi. Elle souhaite maintenant que ce projet traverse toutes les étapes et devienne une loi.

«Un de nos amis est propriétaire d'une épicerie. Si jamais on peut y vendre notre vin, il va nous encourager. Ce n'est pas encore accepté comme loi qu'on a déjà une proposition», commente Mme Pinard, qui croit que la production actuelle de 3500 bouteilles par année pourrait doubler en quelques années.

Attendu depuis longtemps, le projet de loi autorisant la vente de vins québécois sur les tablettes des quelque 8000 épiceries du Québec a finalement été déposé par le ministre des Finances, Carlos Leitão, jeudi. En plus du vin, les assouplissements permettront à des produits tels que l'hydromel, le cidre et le vin de glace de se retrouver dans les supermarchés sans transiter par la Société des alcools du Québec.

Toutefois, le projet de loi 88 ne force pas la main à la société d'État afin qu'elle fasse davantage la promotion de boissons alcoolisées produites au Québec. Les produits artisanaux - dont la teneur en alcool devra être inférieure à 16% - devront au préalable être analysés par le laboratoire de la SAQ ou un établissement autorisé par la société d'État.

De plus, le projet de loi modifiant trois lois actuelles - dont celle concernant le monopole de la SAQ - permet aux microbrasseries qui détiennent un permis artisanal de pouvoir vendre leurs boissons pour emporter. 

«Pendant la saison touristique, tout le monde vit bien, mais après c'est un peu plus ardu», a souligné le président de l'Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), Frédérick Tremblay. À son avis, autoriser les petits producteurs à vendre de la bière fraîche pour emporter, par exemple dans des cruchons, devrait leur permettre de diversifier leurs sources de revenus.

Le document ne fait toutefois pas que des heureux, puisque les microdistilleries ne pourront bénéficier de nouveaux privilèges, étant donné que la plupart d'entre elles ont recours à des ingrédients provenant de l'extérieur de la province. 

«Ça c'est une autre problématique, a affirmé Nathalie Roberge, l'attachée de presse de M. Leitão. Le projet de loi a pour objectif de développer la distribution des boissons artisanales au Québec.» Aucune modification n'est également prévue, a-t-elle ajouté.

S'il ne s'est pas montré surpris par cette décision, le président de l'entreprise Pur Vodka, Nicolas Duvernois, n'a pas caché sa déception.

«Quel vin québécois fait la promotion de la province à l'international? a-t-il demandé au cours d'une entrevue téléphonique. Nous, ça fait quatre fois que l'on remporte le titre de meilleure vodka au monde. On n'a même pas été consultés.»

M. Duvernois, qui a fondé et financé son entreprise, estime que les microdistilleries ont été «totalement abandonnées» par le gouvernement Couillard. Sans aller jusqu'à aider financièrement les entreprises du secteur, Québec aurait tout simplement dû leur permettre de vendre sur les lieux de production, par exemple.

- Avec La Presse Canadienne

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