Déjà la fin pour TAG.Média

Yves-François Blanchet avait annoncé la création de son... (François Gervais)

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Yves-François Blanchet avait annoncé la création de son média web le 25 août dernier. Un peu plus de trois mois plus tard, TAG.Media cesse ses activités, faute de revenus suffisants.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Lancé en grande pompe au Digihub Shawinigan le 25 août, Les Médias numériques TAG a annoncé la fin de ses activités, mardi après-midi. Cette décision entraîne la mise à pied de six employés à temps plein et deux à temps partiel, sans compter la collaboration d'une dizaine de pigistes.

Le président de l'entreprise et éditeur du média web, Yves-François Blanchet, reconnaît que l'ambitieux projet n'est pas parvenu à séduire suffisamment les annonceurs locaux pour pousser l'expérience plus loin.

«C'était une aventure très intéressante, qui aurait dû fonctionner», commente l'ex-ministre péquiste. «Mais le manque d'enthousiasme du marché publicitaire m'a surpris. Je m'attendais à ce que Shawinigan se dise wow, on a un média à nous. Nous avions une portée exceptionnelle, nous étions appréciés, mais le marché publicitaire s'est avéré très prudent.»

M. Blanchet précise que les sites de Shawinigan et de Trois-Rivières atteignaient entre 3000 et 5000 pages par jour. Par contre, en plus d'un marché publicitaire difficile, l'arrivée de nouvelles applications mobiles du Groupe Capitales Médias (dont Le Nouvelliste fait partie) et de Transcontinental compliquait les perspectives de croissance. «En mon âme et conscience, je ne pouvais pas demander à des partenaires financiers de mettre davantage d'argent», résume-t-il. 

M. Blanchet n'a pas voulu identifier les autres actionnaires, mais selon le registraire des entreprises, La fiducie familiale Marcel Ayotte était également impliquée dans ce projet. «Ce n'est pas ma spécialité, mais je suis obligé de faire acte de modestie», confie l'homme d'affaires. «Je présume qu'on avait des ambitions trop importantes, trop vite. Il faut être capable de faire un constat et de tracer une ligne. Je prends ça avec humilité.»

Prêt du CLD

Le Centre local de développement de Shawinigan avait accordé un prêt de 35 000 $ à TAG.Média, à même le Fonds local d'investissement, en juillet. Il s'agit même de l'une des dernières décisions du conseil d'administration avant la dissolution de l'organisme.

Luc Arvisais, ex-directeur général du CLD et actuellement responsable de la division Développement économique à la Ville de Shawinigan, ne cache pas sa surprise à la suite de cette décision. Compte tenu de la brève existence de TAG.Média, ce projet avait-il été bien évalué ? «C'est court», reconnaît M. Arvisais.

«On fera le bilan qu'il faut en temps et lieu. Nous avions tout lieu de croire que les chances de succès étaient là, compte tenu de l'expérience du promoteur principal et de l'équipe avec laquelle il s'était entouré. Ça n'a pas viré comme ils le souhaitaient.»

M. Arvisais précise que ce prêt était assorti de cautions personnelles de deux actionnaires en garantie et d'une hypothèque mobilière sur les biens de l'entreprise. «Nous sommes assurés de récupérer tout ce que nous avions mis là-dedans», croit-il. 

M. Blanchet précise que ces cautions personnelles avaient été suggérées par les investisseurs, afin de protéger les deniers publics. Il ajoute que les loyers au Digihub seront personnellement honorés, rubis sur l'ongle. Après avoir occupé un local temporaire pour ses premières semaines d'activités, TAG.Média avait intégré sa nouvelle salle de presse en novembre seulement. «Ce qu'il y aura à payer comme loyer le sera par moi personnellement», insiste-t-il. «Les contribuables ne paieront pas un sou de cette aventure.»

M. Blanchet poursuivra sa collaboration avec une radio de Québec. Pour le reste, il se donne le temps de digérer cette déconvenue. «Tout le monde est convaincu qu'Internet est le nouveau modèle d'affaires, mais il n'y a pas encore de modèle d'affaires Internet en information qui soit rentable, sauf vraisemblablement le Huffington Post», réfléchit-il. «Quelqu'un qui doit payer une salle de presse ne peut pas, dans les conditions actuelles, rentabiliser son opération. J'ai certainement sous-évalué la capitalisation nécessaire.»

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