Centrale thermique: le feu vert de la Régie contesté

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Le Regroupement des organismes environnementaux en énergie s'oppose au recours à la centrale thermique de Bécancour.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Le Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ) vient de déposer une demande de révision de la décision de la Régie de l'énergie d'autoriser Hydro-Québec à utiliser la centrale thermique de Bécancour de l'entreprise TransCanada lors des pointes hivernales jusqu'en 2036.

Le ROEÉ considère que la Régie de l'énergie a outrepassé ses pouvoirs en acceptant d'approuver, le 31 octobre dernier, l'entente Hydro-Québec-TransCanada pour cet approvisionnement, sans l'application du processus d'appel d'offres ouvert prévu à la Loi sur la Régie de l'énergie. 

«La Loi sur la Régie de l'Énergie ne donne pas à la Régie le pouvoir d'autoriser directement cette entente de gré à gré. Un nouvel approvisionnement en électricité nécessite la tenue préalable d'un appel d'offres, ce qui n'a pas été le cas», explique la coordonnatrice du ROEÉ, Laurence Leduc-Primeau.

«Dans sa volonté de trouver une utilité à cette centrale inutilisée, la Régie s'est arrogé d'un pouvoir qui n'est pas prévu dans la loi. Le ROEÉ a toujours défendu l'intégrité du régime de régulation public de l'énergie dans une perspective de développement durable. C'est pourquoi nous demandons la révision de la décision», renchérit-elle.

Rappelons que la Régie avait déjà approuvé un contrat de 20 ans avec TransCanada jusqu'en 2026, pour l'achat de l'électricité produite par la centrale de Bécancour. Hydro-Québec n'a jamais eu besoin de cette électricité, mais chaque année, des pénalités de plus de 100 millions de dollars sont versées à TransCanada malgré l'inutilisation de la centrale.

En avril 2015, Hydro-Québec a proposé un nouveau Protocole d'entente visant à modifier le type d'énergie produit par la centrale (remplaçant l'énergie de base par une puissance de pointe), pour un nouveau terme de 20 ans, jusqu'en 2036.

Le Protocole d'entente proposé par Hydro-Québec n'annule pas les pénalités de l'ordre de plusieurs dizaines de millions par année «déjà payées par les Québécois pour de l'électricité non utilisée». Jusqu'en 2026, ces pénalités continueront d'être payées.

«Et ce, c'est sans compter que nous devrons payer encore davantage, même sans que la centrale ne produise un seul mégawatt, s'il s'avérait que nous continuions à avoir des hivers plus doux que la normale et qu'Hydro-Québec n'ait pas besoin de l'électricité produite en vertu de la nouvelle entente», fait remarquer Christian Simard, de Nature Québec et membre du ROEÉ.

«Alors que s'ouvre la rencontre de Paris sur les changements climatiques, nous pensons qu'Hydro-Québec devrait miser sur l'efficacité énergétique et la gestion de la demande en puissance pour assurer les besoins énergétiques, plutôt que sur l'utilisation, pendant 20 ans, d'une centrale thermique, qui utilise des combustibles fossiles pour la production d'électricité», ajoute Alain Saladzius, de la Fondation Rivières et membre du ROEÉ.

La demande en révision sera examinée par une nouvelle formation de la Régie, qui établira le calendrier et le cadre procédural du recours dans les prochaines semaines.

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