Mékinac veut favoriser la culture de l'asclépiade

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La production de l'asclépiade représente un fort potentiel dans le MRC de Mékinac.

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(Saint-Tite) Devant le fort potentiel de développement de l'asclépiade, cette plante indigène qui produit une soie aux propriétés isolantes très performantes, la MRC de Mékinac lance un nouveau programme afin de stimuler sa culture.

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Le préfet de la MRC de Mékinac et maire de Sainte-Thècle, Alain Vallée, était en compagnie lors de l'annonce de l'investissement pour soutenir la production de l'asclépiade de Louis Filteau, directeur du service d'aménagement du territoire à la MRC de Mékinac, ainsi que des maires de Lac-aux-Sables, Jean-Claude Tessier, et de Saint-Tite, André Léveillé.

Gabriel Delisle

L'approvisionnement est au coeur du développement de ce tout nouveau créneau. Pour y arriver, la MRC de Mékinac met à la disposition des agriculteurs et des propriétaires de terres agricoles qui désirent les offrir en location une enveloppe de 100 000 $ pour les trois prochaines années. Globalement, ce projet de développement de l'approvisionnement représente des investissements de 500 000 $.  

L'objectif est de cultiver l'asclépiade sur une superficie de 1000 hectares dans la MRC. Les agriculteurs pourront ainsi bénéficier de l'aide d'un agronome et de Encore 3, l'entreprise qui produit la soie et qui a établi une usine de transformation à Saint-Tite et qui emploie actuellement cinq personnes, afin de démarrer la production. 

«Nous devons avoir un approvisionnement de qualité si nous voulons garder localement les emplois et l'usine», explique de son côté Louis Filteau, directeur du service d'aménagement du territoire à la MRC de Mékinac.

«Ce qui est important, c'est de donner des conseils aux agriculteurs pour démarrer la culture. Et nous devons appliquer de la chaux dans certains champs, car les terres sont acides dans Mékinac. Ça donne un coup de main à la culture sans trop de risque financier. Ça prend au moins trois ans avant que la plante soit mature.»

Rappelons que la soie de l'asclépiade a des propriétés absorbantes et isolantes, tant thermiques qu'acoustiques, très intéressantes. Sa valeur isolante «serait 33 % plus efficace que la plume d'oie, deux fois plus efficace que le polyester et près de cinq fois plus performante que le polar», selon la MRC.

«L'asclépiade, ou soyer du Québec, sera un atout important pour le développement durable de notre MRC. Il pourra se cultiver dans chacune des dix municipalités», affirme le préfet de la MRC de Mékinac et maire de Sainte-Thècle, Alain Vallée.

François Simard de l'entreprise Encore 3 indique que l'initiative de la MRC pour soutenir la production de l'asclépiade est la bienvenue. «C'est une excellente nouvelle», lance-t-il d'emblée. «Pour produire de l'asclépiade, ça prend de l'audace et un certain niveau du goût du risque», affirme-t-il. «Notre industrie a vraiment besoin de soie. On ralentit notre mise en marché pour avoir un bon volume d'approvisionnement.»

M. Simard indique que l'entreprise participe au projet en fournissant les semences qui seront payables uniquement à la livraison de la première récolte. «Les gros investissements pour la première année se sont les semences. Cela diminue le fardeau des agriculteurs et c'est une façon d'encourager la production», soutient M. Simard. 

Les semences pour dix hectares coûtent environ 2000 $ à l'entreprise. Par la suite, les plantes vivaces produiront pour une période d'environ dix ans. Actuellement, l'entreprise peut compter sur une superficie d'environ 400 hectares - pas nécessairement dans la région - d'ensemencées pour sa production. «Ces hectares ne produisent pas encore. Il faut aller au rythme de la nature et attendre que la récolte soit mûre pour avoir une bonne optimisation de rendement», note François Simard.

Même si l'asclépiade représente un potentiel très intéressant, Encore 3 doit compter sur un approvisionnement suffisant pour développer des produits. La soie de cette plante intéresse notamment les fabricants de manteaux d'hiver, en raison de ses capacités d'isolation. 

«Nous sommes en année de transition vers les grandes productions», indique M. Simard. «Nous sommes encore un projet. Nous croyons être en mode production vers la fin de l'année 2016. Mais oui, la demande de plusieurs fabricants est là. Des prototypes de manteaux avec l'asclépiade sont d'ailleurs testés.»

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