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Résolu suspend ses activités forestières en Mauricie: 180 travailleurs touchés

Le directeur général de la Coopérative forestière du... (Audrey Tremblay)

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Le directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, Claude Dupuis, a reçu la nouvelle comme un coup de masse en plein visage.

Audrey Tremblay

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(La Tuque) Les dirigeants de Produits forestiers Résolu (PFR) ont annoncé que les opérations forestières en Mauricie seront suspendues, dès vendredi, pour une période indéterminée.

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Résolu attribue cette décision aux prix du bois d'oeuvre sur les marchés, mais surtout au coût de la fibre, qui, selon son porte-parole Karl Blackburn, est trop élevé.

Archives, La Presse

Quelque 180 travailleurs en forêt, dont une quarantaine d'entrepreneurs forestiers, sont touchés pour le moment, mais le bilan pourrait rapidement être revu à la hausse. L'usine de Rivières-aux-Rats poursuivra ses activités pour écouler l'inventaire, mais les 125 employés de la scierie pourraient rapidement se retrouver au chômage si la situation ne change pas.

Les employés de l'entreprise ont appris la nouvelle un peu plus tôt cette semaine. Les raisons évoquées par l'entreprise sont les mêmes qu'au printemps dernier alors que l'entreprise avait fermé la scierie de Rivière-aux-Rats. On parle, entre autres, de l'affaissement du marché du bois d'oeuvre, mais surtout du coût de la fibre en Mauricie.

«Quand on a relancé les opérations en août dernier, le bois était à un certain niveau. Même s'il était bas, on entrevoyait une reprise et on pensait que le marché allait se replacer alors que ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, il est pire que ce qu'il était au mois d'août», explique Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales chez PFR.

«En Mauricie, malheureusement le coût de la fibre ne reflète pas la juste valeur marchande de cette fibre-là. Le coût est trop élevé, ce qui fait qu'on doit cesser nos opérations forestières», ajoute-t-il.

Pour le moment, la scierie de Rivières-aux-Rats poursuivra ses activités afin d'écouler l'inventaire déjà sur le terrain. «S'il n'y a plus d'opérations forestières et que la situation perdure, c'est clair qu'il risque d'y avoir des conséquences pour d'autres installations. [...] On parle d'un délai qui n'est quand même pas énorme», explique M. Blackburn.

Résolu dit avoir des discussions avec le gouvernement Couillard concernant le prix de la fibre en Mauricie, mais prévient qu'elle ne pourra relancer ses activités forestières si rien ne change. «Il est clair que dans la situation actuelle, le temps n'est pas un allié pour nous. Le temps est un ennemi. Tant que la situation actuelle (des opérations forestières) va perdurer, plus l'ensemble de la chaîne forestière de la région de la Mauricie va être fragilisé», soutient M. Blackburn.

La nouvelle a été reçue comme un coup de masse en plein visage à la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, même si on commençait à voir venir la malheureuse situation. «Trois semaines avant la période des Fêtes, ce n'est pas tellement joyeux de dire à nos travailleurs qu'on ne sait pas s'ils vont travailler lundi matin. On essaie de faire des plans pour relocaliser nos gens, mais ce n'est pas évident du tout», soutient Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

«On va faire du transport pour rentrer ce qu'on a en forêt et après on ne rentre plus un mètre cube dans cette usine-là (Scierie de Rivières-aux-Rats)», ajoute-t-il.

Les dirigeants qui nagent dans l'incertitude ont l'impression d'être incompris par le gouvernement. Pas plus tard que cette semaine, des sous-ministres ont visité les installations pour constater la situation. «On voulait qu'ils comprennent ce que l'on vit. On espérait vraiment une intervention du gouvernement», note M. Dupuis.

Le maire de La Tuque, qui siège sur le nouveau comité sur la forêt de l'Union des municipalités du Québec, a qualifié la situation de désolante. «Encore une fois, on voit que l'industrie forestière est fragile. C'est une industrie qui dépend beaucoup des valeurs du marché. Les droits de coupe sont plus élevés chez nous et il va falloir éventuellement que le gouvernement regarde ça très sérieusement. Ça peut mettre l'industrie forestière en péril pour une période très prolongée», a affirmé Normand Beaudoin.

La nouvelle a aussi soulevé d'autres réactions à La Tuque, notamment à la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint Maurice (CCIHSM). La Chambre est inquiète des conséquences pour l'économie du milieu à la suite de cette annonce.

Selon la Chambre, il est impératif que les entreprises forestières bénéficient de conditions d'exercices favorables pour être compétitives. La CCIHSM demande donc au gouvernement «de poser des gestes et des actions concrètes qui assureront l'avenir de nos petites entreprises et par le fait même, l'industrie forestière entière». 

«La forêt québécoise est une richesse exceptionnelle dont nous devons maximiser les retombées. Le Québec doit demeurer compétitif. On ne peut se permettre de laisser tomber ces travailleurs de la Haute-Mauricie et il faut que le gouvernement du Québec soutienne adéquatement l'industrie afin qu'elle prenne la place qu'elle mérite sur le territoire», a affirmé Mélanie Ricard, présidente de la CCIHSM.

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