L'industrie forestière à la croisée des chemins

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Près de 20 000 emplois se sont envolés dans l'industrie forestière depuis une dizaine d'années.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

L'industrie forestière québécoise est à la croisée des chemins, estime une coalition d'associations, qui exhorte le gouvernement Couillard à intervenir rapidement pour préserver plus de 59 000 emplois directs.

Celle-ci a effectué une sortie mercredi en citant deux études réalisées par la firme WoodMarkets ainsi que le Groupe DDM dressant un «portrait sombre» du secteur forestier québécois.

«Près de 20 000 emplois se sont envolés depuis une dizaine d'années, a déploré le président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay, au cours d'un entretien téléphonique depuis Québec. Malgré tout, c'est encore le deuxième secteur manufacturier en importance au Québec.»

En plus du Conseil, la coalition regroupe la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

La coalition souligne que l'étude de WoodMarkets place le Québec au 12e et dernier rang en Amérique du Nord au chapitre de la performance des bénéfices avant impôt, intérêt et amortissement des entreprises. De son côté, Groupe DDM avance que les coûts d'approvisionnement en fibre ont bondi de 12 pour cent entre 2012 et 2014.

«La fibre représente 65 % des coûts d'une entreprise de sciage, a souligné M. Tremblay. C'est le sang qui coule dans nos veines.»

D'après WoodMarkets, les profits des sociétés ontariennes sont sept fois plus élevés comparativement à leurs concurrentes québécoises, ce qui est «anormal», selon la présidente-directrice générale de la FCCQ, Françoise Bertrand.

Les demandes de la coalition s'inscrivent autour de deux axes, soit un ajustement du coût de la fibre à «sa juste valeur marchande» ainsi que des engagements afin d'accélérer la transformation de l'industrie des pâtes, papiers, cartons et panneaux.

Ce n'est pas la première fois que le prix de la fibre se retrouve au coeur des revendications des industriels forestiers.

L'été dernier, le dossier avait fait l'objet d'intenses négociations entre des entreprises de la Côte-Nord - Produits forestiers Résolu, Groupe Rémabec et Boisaco - qui, incapables de s'entendre avec Québec, avaient temporairement suspendu leurs activités.

Cette décision avait été prise en raison de la piètre qualité du bois affecté par l'épidémie de tordeuse des bourgeons d'épinette, une situation qui affecte également d'autres régions.

Selon le président-directeur général du CIFQ, les ajustements entourant le prix de la fibre devraient s'étendre à la grandeur de la province tout en tenant compte des spécificités de chaque région.

«Un prix raisonnable se situerait en moyenne aux alentours de 10 $ du mètre cube, alors qu'on en paye actuellement entre 16 $ et 18 $ pour la même quantité», a-t-il déploré.

Quant à la transformation de l'industrie, la coalition aimerait voir Québec octroyer des tarifs préférentiels au secteur forestier, «le deuxième plus gros consommateur d'énergie», affirme M. Tremblay.

En échange de tarifs plus avantageux, les entreprises forestières concernées s'engageraient par exemple à investir dans la transformation de leurs installations, ce qui, croit le dirigeant du CIFQ, améliorera la compétitivité du secteur.

Conscient que ces demandes représentent des «sommes significatives», M. Tremblay estime toutefois qu'à terme, l'équation peut se faire à «coût nul» pour le Trésor québécois.

«La transformation d'un mètre cube de bois rapporte 50 $ à l'État, a-t-il souligné. Si l'on peut rendre l'industrie plus concurrentielle, le gouvernement pourra récupérer les sommes investies dès que les revenus des entreprises de l'industrie progresseront.»

Si le secteur forestier est vital au développement économique d'environ 250 municipalités, il supporte également plus de 4300 postes dans la grande région métropolitaine, ce qui, affirme la coalition, justifie une intervention gouvernementale.

M. Tremblay estime que les discussions avec le gouvernement Couillard peuvent avancer rapidement, notamment grâce à la cellule d'intervention forestière regroupant les ministère des Finances, de l'Économie et des Forêts, de la Faune et des Parcs mise sur pied en juin dernier.

«Ces gens-là sont en train de faire des travaux pour qu'on puisse avoir le même diagnostic de la maladie dont souffre l'industrie forestière», a-t-il précisé.

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