Les inégalités sociales touchent toujours les premiers quartiers

Geneviève Boivin, directrice générale ECOF-CDEC, était aux côtés... (Stéphane Lessard)

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Geneviève Boivin, directrice générale ECOF-CDEC, était aux côtés de la rédactrice du portrait socioéconomique des premiers quartier de Trois-Rivières, Malka Roy, ainsi que de Frédéric Lemay du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Quebec.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Les inégalités sociales ont un impact majeur sur la santé humaine. L'espérance de vie des personnes vivant dans un milieu défavorisé est de six ans inférieure à celle des citoyens provenant d'un milieu favorisé.

C'est pour mieux comprendre des phénomènes comme celui-ci que l'organisme ECOF-CDEC de Trois-Rivières a publié pour la troisième fois un portrait socioéconomique des premiers quartiers de la cité de Laviolette. 

Frédéric Lemay, technicien en recherche au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) Mauricie-Centre-du-Québec, a rappelé mercredi soir lors du dévoilement du portrait socioéconomique que 300 personnes de la Mauricie meurent chaque année en raison des inégalités sociales de santé. 

«Si nous abolissons les inégalités sociales de santé, nous pourrons sauver chaque année quatre fois plus de personnes que ne le font les avancées de la médecine», note M. Lemay. 

Le nouveau document d'ECOF-CDEC, accessible au www.ecof.qc.ca/index.jsp?p=69, révèle notamment que le portrait socioéconomique de Trois-Rivières n'a pas beaucoup changé depuis cinq ans. Les premiers quartiers de l'ancienne ville de Trois-Rivières, essentiellement au centre-ville et dans sa périphérie, ainsi que les plus anciens quartiers du secteur Cap-de-la-Madeleine demeurent les plus défavorisés.

«En comparant les premiers quartiers avec les autres d'un même district, on voit qu'il y a toujours des inégalités. Il y a toujours une différence entre les premiers quartiers et les autres», soutient Malka Roy, la rédactrice du troisième portrait socioéconomique des premiers quartiers de Trois-Rivières.

«Il y a certaines améliorations, mais la différence reste là. Le taux de diplomation a augmenté partout à Trois-Rivières, mais il y a encore moins de diplômés dans les premiers quartiers. Les améliorations sont moins marquées dans les premiers quartiers qu'ailleurs», ajoute Mme Roy.

Les données utilisées pour ce portrait socioéconomique de Trois-Rivières proviennent du recensement de 2011 de Statistique Canada. Les deux précédents portraits, ceux de 2006 et de 2001, étaient également basés sur ces statistiques.

Selon ECOF-CDEC, l'abandon du caractère obligatoire dans le questionnaire long du recensement de 2011 ne fait pas ombrage au nouveau portrait. Malka Roy indique que les données sont fiables et que les taux de réponses sont suffisamment importants pour que l'exercice ait la même valeur que les deux autres portraits socioéconomiques.

Ce troisième portrait collige les données sur le revenu des citoyens, sur le taux d'activité, sur la famille, sur l'immigration, sur le logement ainsi que sur la scolarité. 

On remarque en consultant le portrait socioéconomique que le revenu moyen des résidents de tous les premiers quartiers ont augmenté entre 2001 et 2011. On ne parle toutefois pas ici d'augmentations significatives. Les revenus, qui avaient souvent connu une baisse en 2006 par rapport à 2001, ont crû modestement. La progression des revenus est toutefois plus marquées lorsqu'on regarde les statistiques concernant tout Trois-Rivières.  «L'augmentation des revenus est parfois plus faible dans certains quartiers», indique Malka Roy.  

Ces données peuvent être très utiles aux décideurs politiques, mais aussi aux groupes communautaires qui pourront ainsi mieux identifier les besoins de même que les entrepreneurs qui veulent par exemple élaborer un plan d'affaires. 

Sylvie Tardif, la coordonnatrice générale de COMSEP, un organisme qui oeuvre dans les premiers quartiers de Trois-Rivières, affirme en effet que le portrait socioéconomique de Trois-Rivières permet de mieux connaître les besoins de la population. Les interventions de l'organisme peuvent être ainsi mieux adaptées. «Ce rapport est très pointu. Pour nous c'est très important, parce que ça nous permet de cibler nos interventions et de voir où sont les grosses poches de pauvreté», souligne Mme Tardif. 

«Il y a quelques années, nous ne faisions pas d'intervention dans le quartier Saint-François-d'Assise. Mais lorsque les données du portrait socioéconomique étaient plus précises, nous avons découvert qu'il y avait une partie de ce quartier où il y avait énormément de pauvreté. Nous avons donc augmenté nos interventions.»

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