Hydrocarbures: «Simulacre de consultations»

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Une citoyenne, Nicole Racine, présentant son mémoire lors de la consultation publique sur les hydrocarbures.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Même si la démarche gouvernementale concernant les évaluations environnementales stratégiques (EES) sur les hydrocarbures remonte à mai 2014, plusieurs écologistes ont reproché au gouvernement du Québec de précipiter ses consultations publiques sur le sujet.

«On veut forcer une acceptabilité sociale au plus vite avec une loi sur les hydrocarbures en 2016. Le côté urgence est inventé de toute pièce. Il y a quelqu'un quelque part qui se paie notre tête», a déploré un citoyen, Jean-Pierre Leduc, lors de la séance organisée hier soir à Bécancour devant une cinquantaine de personnes.

Par ailleurs, un autre citoyen, Yves Mailhot, s'est montré inquiet par les récentes déclarations du ministre Pierre Arcand. Citant un article du Devoir, le conférencier libéral au récent congrès de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) a parlé de lancer le Québec sur la voie de l'exploitation de pétrole et de gaz tout en s'engageant à lutter contre les changements climatiques. Il a d'ailleurs promis qu'une loi sur les hydrocarbures sera présentée au cours des prochains mois pour encadrer la filière, qui serait sur le point de lancer des projets d'exploitation.

«Nous sommes à la croisée des chemins. Le Québec est appelé à se positionner sur cette filière énergétique. Le Québec aurait avantage à tirer profit de son potentiel en hydrocarbures, tout en respectant l'environnement», a souligné le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, en rappelant que la province importe tout le gaz et le pétrole qu'elle consomme. «Je dis non à un simulacre de consultations», a lancé M. Mailhot dans son intervention auprès des représentants gouvernementaux.

Par ailleurs, celui-ci a rappelé la position de la région de Bécancour qui s'oppose à l'exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. Or, Jacques Dupont, du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, lui a indiqué que le rapport du BAPE sur cette question constituait un «intrant majeur sur les EES». «C'est difficile de penser que les politiciens en tiennent compte alors que le ministre Arcand pave la voie à l'industrie», a répliqué M. Mailhot.

Pour sa part, Nicole Racine, de Bécancour, a aussi décrié le fait que l'annonce des consultations «ne s'est pas fait haut et fort». «Qu'est-ce qui se cache derrière cette façon bâclée?», a-t-elle demandé.

Celle-ci aurait bien aimé trouver des études qui traitent des risques associés à l'appât du gain, des difficultés à cibler les coupables en cas d'accident et de l'approche visant à épuiser les éco-citoyens et à amadouer le public avec des demi-vérités. «J'ai honte de la façon d'agir de nos gouvernements», a-t-elle déclaré.

De son côté, une autre citoyenne, Danielle Rochette, s'est aussi demandé «pourquoi une telle précipitation?». «Le mépris a atteint un nouveau sommet avec

M. Arcand chez l'APGQ. C'est de l'arrogance que de courtiser les pétrolières et les gazières et de sonner l'heure de l'exploitation. Le gouvernement n'a pas compris qu'on n'en veut pas», a-t-elle soutenu avant de résumer le mémoire qu'elle avait déposé devant le BAPE sur le gaz de schiste.

Coordonnateur interrégional au Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec, Marc Brullemans, n'a guère prisé les propos du ministre Arcand selon lesquels «nous allons consommer des hydrocarbures pour au moins les 30 prochaines années».

«Pourquoi plutôt ne pas nous entretenir de la durée de la transition et d'un plan de sortie détaillé des hydrocarbures? Tout le processus de cette EES, amorcé dès l'arrivée du gouvernement Couillard, semble cousu de fil blanc et les jupons et les combines dépassent de partout», peut-on lire dans son mémoire.

Finalement, la directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Martine Pépin, a plaidé pour l'importance de l'approvisionnement en gaz naturel afin que les projets IFFCO et Stolt LNGaz puissent voir le jour à Bécancour. Elle a résumé le mémoire de sa Fédération qui, entre autres, recommande l'exploitation du gaz de schiste.

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