TransCanada poursuit sa campagne de charme

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TransCanada a tenu mardi à Trois-Rivières une soirée d'information sur la sécurité entourant son projet Énergie Est.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) TransCanada poursuit sa campagne de charme auprès des municipalités et des citoyens. La caravane de l'entreprise qui pilote le projet de l'oléoduc Énergie Est était de passage mardi à Trois-Rivières. Bien sûr, quelques dizaines d'opposants ont profité de l'occasion pour dénoncer le projet et, dans une plus large mesure, l'utilisation et l'exploitation des hydrocarbures.

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Le porte-parole du Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières, Marc Brullemans.

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Cette journée d'information s'est déroulée en trois temps. En matinée, les représentants et les experts de TransCanada ont rencontré des élus, des fonctionnaires et des membres des services de sécurité incendie. Par la suite, ces mêmes experts ont répondu aux questions des journalistes avant d'accueillir des citoyens. L'objectif de cette journée d'information était, affirme l'entreprise, de répondre à toutes les questions concernant la sécurité du projet. 

Une des préoccupations de la population concerne les passages de l'oléoduc sous les rivières. Et les cours d'eau importants qui devront être franchis sont nombreux dans la région. Nous n'avons qu'à penser aux rivières Saint-Maurice, Sainte-Anne ou Batiscan. TransCanada assure comprendre et partager ces préoccupations et ces inquiétudes en cas de déversement. 

L'entreprise soutient par exemple que l'oléoduc qui traverserait la rivière Saint-Maurice serait installé selon la technique du forage directionnel horizontal, c'est-à-dire que le tuyau passerait dans un tunnel sous le lit du cours d'eau. De plus, l'épaisseur des conduites installées sous les rivières serait deux fois plus grande que celles normalement utilisées. 

«Nous creusons un trou qui passe à 20 mètres sous la rivière. Cela évite les contacts avec un bateau qui est le risque principal pour un oléoduc», explique Tim Duboyce, porte-parole du projet Énergie Est de TransCanada. 

Par ailleurs, des vannes de sectionnement seront installées des deux côtés des rivières. En cas de fuite, ces vannes seront fermées afin, soutient l'entreprise, de limiter les écoulements possibles. «Si nous devons les fermer, ça va minimiser l'impact sur l'environnement», ajoute M. Duboyce.

TransCanada a modifié les plans du tracé dans la région notamment pour déplacer sa station de pompage de Maskinongé, comme le souhaitait la municipalité. L'emplacement de la première station était trop près du périmètre urbain de la municipalité, ce qui risquait d'entraîner des problématiques de bruit.

«Il y a deux stations de pompage dans la région et celle de Maskinongé a été le sujet de plusieurs discussions avec les élus. Nous avons finalement décidé de la déplacer comme le souhaitaient les élus plus à l'est, à une distance de 1,5 km», note le porte-parole du projet.

TransCanada soutient que l'oléoduc est le moyen le plus efficace et le plus sécuritaire, notamment pour l'environnement, de transporter du pétrole de l'Ouest canadien aux raffineries du Québec et des Maritimes. «Si on ne transporte pas le pétrole par oléoduc, on devra le faire par train ou par bateau», affirme M. Duboyce.

Cet argument n'est pas contesté par Marc Brullemans, le porte-parole du Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières, le groupe à l'origine de la manifestation d'opposants qui s'est tenue en marge de la soirée d'information. M. Brullemans dénonce toutefois l'augmentation des exploitations du pétrole des sables bitumineux, une industrie qui sera certainement favorisée par l'augmentation de la capacité de raffinage engendrée par l'oléoduc Énergie Est.

«On ne peut pas exploiter tous les sables bitumineux. Sinon, c'est game over pour le climat. La société comme on la connaît ne vivra plus», affirme-t-il. «Les oléoducs qui acheminent les combustibles fossiles favorisent l'extraction. Ce n'est pas un projet anodin, c'est plus important que Keystone. Il y a déjà des infrastructures existantes, qu'on s'y penche.» 

La tracé final de l'oléoduc sera connu d'ici la fin de l'année, lorsque TransCanada déposera la dernière version du projet à l'Office national de l'énergie. Par la suite, l'organisme procédera à des audiences sur la question avant de préparer son rapport qu'elle remettra au gouvernement possiblement à la fin de l'année 2016 ou en 2017. Si Ottawa approuve le projet, TransCanada prévoit débuter sa construction à la fin de l'année 2017 ou au début de l'année 2018 pour une mise en service en 2020.  

Rappelons que le projet est estimé dans sa globalité à près de 12 milliards $, dont 4 milliards $ au Québec. La capacité de transport de ces infrastructures est de 1,1 million de barils de pétrole par jour. Si la construction entraînerait la création de 4000 emplois, son exploitation devrait en créer 500.

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