DigiHub Shawinigan: le financement, un enjeu majeur

Nancy Déziel, présidente du conseil d'administration du DigiHub,... (François Gervais)

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Nancy Déziel, présidente du conseil d'administration du DigiHub, et son directeur général, Philippe Nadeau. Il reste encore 630 mètres carrés d'espaces corporatifs à aménager au deuxième étage de l'ancienne Wabasso.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le gouvernement du Québec est toujours sollicité pour donner un peu d'air au budget de fonctionnement du DigiHub Shawinigan, mais entre-temps, la direction se réjouit de l'intérêt suscité par la station du numérique, un an après le lancement de ses activités.

La présidente du conseil d'administration, Nancy Déziel, ne pouvait s'imaginer qu'en douze petits mois, 18 entreprises seraient installées en incubation ou plus récemment, dans la première phase de l'espace corporatif. En tout, 59 personnes travaillent à la station du numérique. Ces chiffres gonfleront encore un peu d'ici la fin de l'année, avec l'annonce de nouvelles entreprises.

«Le recrutement a beaucoup mieux été que je l'aurais pensé», partage Mme Déziel.

Quelques entrepreneurs en herbe s'approprient lentement l'espace de collaboration, mais il s'agit encore d'un secret bien gardé à Shawinigan. À court terme, un système de carte d'accès contrôlera les entrées au DigiHub, permettant ainsi aux personnes qui le souhaitent de prendre un après-midi pour travailler à peu de frais avec leur ordinateur personnel dans cet environnement.

«On n'est pas cloisonné», indique le directeur général, Philippe Nadeau. «On veut inciter la population, les commerçants à venir chercher des idées ici, de l'expertise sur la géolocalisation, le commerce local... C'est aux gens à s'approprier le DigiHub et on va leur donner les munitions pour ça.»

Le mouvement observé au cours de cette première année conforte la direction dans sa volonté de faire de Shawinigan le troisième pôle du numérique au Québec. La bouchée ne sera pas trop difficile à avaler en raison d'un bassin de population insuffisant, croit M. Nadeau.

«C'est l'oeuf ou la poule», image-t-il. «Les entreprises ne viennent pas parce qu'il n'y a pas de salariés et les salariés partent parce qu'il n'y a pas d'entreprises. Nous avons donc décidé de faire venir les entreprises et de créer les emplois nous-mêmes.»

Également directrice générale du Centre national en électrochimie et en technologies environnementales du Collège Shawinigan, Mme Déziel trace un parallèle avec l'évolution de ce laboratoire de recherche.

«Au CNETE, nous n'avions personne de spécialisé dans les bioprocédés industriels», raconte-t-elle. «Nous avons dû ramener des gens d'ici qui étaient déménagés. Nous avons maintenant du monde de la Chine, du Mexique, de l'Algérie, du Maroc, du reste du Canada... Ces gens sont installés dans la région.»

Le nerf de la guerre

La station du numérique prend donc forme, mais le défi de son financement reste entier.

L'aménagement des locaux a exigé un investissement de 3,16 millions $ du propriétaire, la Société de développement de Shawinigan. Il reste encore 630 mètres carrés à aménager dans l'espace corporatif.

Jusqu'ici, le principal soutien est venu du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie, une subvention de 1,2 million $ accordée en novembre 2013.

Sans tambour ni trompette, Développement économique Canada a aussi accordé une subvention maximale de 240 000 $ pour permettre l'acquisition de certains équipements. L'agence fédérale rembourse, sur présentation de factures, une partie de ces investissements. Jusqu'ici, le montant de l'aide atteint 169 500 $.

Pour le fonctionnement du Digihub, la Conférence régionale des élus de la Mauricie avait accepté de verser 225 000 $ pour trois ans avant sa dissolution. Le conseil municipal de Shawinigan a consenti 150 000 $ pour la même période, sans compter une subvention supplémentaire de 75 000 $ accordée en octobre, trois mois après que le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire eut refusé que la Ville cautionne un emprunt de 150 000 $ pour l'exploitation de la station du numérique.

Le gouvernement du Québec étudie actuellement une demande de 800 000 $ provenant du Fonds Résolu pour le DigiHub et le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins. La Ville de Shawinigan a aussi présenté une demande d'aide financière de 1,2 million $ pour le fonctionnement de la station du numérique.

Au cours de cette première année, la moyenne de revenus de location mensuels s'est élevée à 4000 $. Les projets à venir laissent croire que ce montant pourrait être quintuplé en 2016, principalement en raison de la disponibilité de l'espace corporatif, qui offrira des locaux plus vastes aux entreprises qui s'y installeront.

«Quand les trois phases seront complétées, nous aurons des revenus qui nous permettront de faire encore plus de projets», calcule la présidente. «Les frais seront couverts à ce moment, mais c'est sûr qu'au démarrage, c'est plus difficile. Au moins, on est passé à travers!»

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